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Jason Hawks - [Livre III "Rising"] - 2e Partie - Aurora

le Lun 30 Oct 2017, 12:35


"Naître, vivre, se battre, perdre, survivre, souffrir, continuer, recommencer... Et mourir... Ma vie résumée en ces quelques mots avant qu'elle ne se termine de manière brutale. Je n'ai rien eu le temps d'accomplir... Une vie vide, sans intérêt. Une coquille vide, elle même fracturée par le temps.

Maintenant, il serait peut être temps de se réveiller."








"Il respire ?
A peine !
Continuez... "


La seule chose audible était le battement irrégulier d'un coeur que j'étais encore le seul à sentir. Une quantité de sang ayant malheureusement quitté mon corps de manière significative venait marquer le début d'une mort proche. M'en sortir relevait cette fois-ci du miracle, bien que j'avais habitué la communauté scientifique à cette terminologie. Comment pouvais-je m'en sortir cette fois ? C'était une bonne question. J'aurais pu voir la lumière si mon esprit n'était pas brouillé. Le genre de ressenti que personne ne connait avant d'être proche de la mort. Je faisais probablement une hallucination. Je m'imaginais entrain de quitter mon corps qui se débattait tant bien que mal pour rester en activité. Chacune de mes cellules venait bouillir de l'intérieur. Une douleur insurmontable... Estompée par la beauté de cette mort. Ce flash dans l'esprit. Etait-ce l'aurore ? Probablement pas... Le paradis ? Comme si j'étais le genre de type à y avoir droit.

"Je ne vous paye pas à le regarder crever ! Sauvez le !
Putain ! Ca saigne beaucoup trop !
Alors démerdez vous ! "


Le plus drôle dans tout ça... C'est que c'était fatalement inévitable. Je savais bien qu'un jour où l'autre, je serais confronté à une telle situation. La mort me suivait de trop près depuis bien trop longtemps, et j'étais désormais à portée de sa faux. Et pourtant, je continuais de l'esquiver comme l'homme stupide que j'étais. Pourquoi ? Comment ? Ce genre de questions restera à jamais sans réponses. Naître, vivre, se battre, perdre, survivre, souffrir, continuer, recommencer... Et mourir... Ma vie résumée en ces quelques mots avant qu'elle ne se termine de manière brutale. Je n'ai rien eu le temps d'accomplir... Une vie vide, sans intérêt. Une coquille vide, elle même fracturée par le temps. Ce genre de constat que je connaissais bien depuis bien trop longtemps, sans jamais chercher à en sortir. Je ne faisais que m'y enfoncer un peu plus, flirtant avec la mort comme un funambule flirte avec le vide. Que faire de cette chienne de vie si jamais je venais à m'en sortir ? Peut être que le résultat dans lequel je me retrouvais était le signal d'alarme m'indiquant qu'il fallait changer de cap avant de tomber du haut de la cascade. Si la rédemption m'était offerte, j'aurais été le premier à lui cracher à la gueule. Et maintenant ? Serait-ce toujours le cas ? La réponse en devenait bien moins évidente.

Quand on meurt, on revoit toute sa vie défiler devant lui. Ce n'est pas un mythe... Je revoyais Sharon... Son premier enterrement, puis son second. Je voyais Shawn, qui n'était rien d'autre qu'un fantôme perdu dans les rues d'une ville qu'il ne sauvera jamais. Je voyais Tia, qui me laissait jour après jour des messages que je n'avais même plus la force d'écouter, ne le méritant pas dû à une âme en peine. Je voyais Kaya, dont la mort était tout à fait évitable... Et je m'imaginais arriver devant son père pour des excuses, quitte à me prendre une balle dans la tête derrière. Je voyais cette idiote du FBI, dont la fragilité l'a mené tout droit à sa mort, et à la mienne. Une femme qui se prenait pour un être supérieur jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'elle n'était qu'une simple mortelle. Je voyais Jessy... Une femme qui avait définitivement des secrets bien gardés... Et je voyais Ray, en train de rire pendant que la froideur de sa lame ne traverse mon corps.

Une vie rempli de peine, de douleur, sans l'ombre d'un moment de bonheur. J'étais l'homme le plus malchanceux du monde. Suffisamment malchanceux pour réussir à survivre et continuer de lutter contre un Dieu qui ne m'aimait pas plus que moi je l'aimais. Une pourriture fini qui prenait un malin plaisir à me voir souffrir pendant que le Diable s'en délectait tout autant. La lumière que je voyais n'était qu'un leurre... Un piège...

"C'est bon...
Il va s'en sortir ?
C'est difficile à dire... Le temps nous le dira.
Combien de temps ?
Un jour... Une semaine... Un mois, une année... Qui sait ?"


J'étais vivant, bien que tout ce que je représentais était mort. Plus d'immunité, plus de travail, plus de vie, pas de famille et la douleur comme seule compagnie. Si je me réveillais, ça aurait été pour pouvoir m'achever moi même. Et je me rappelais que, finalement, il y avait beaucoup de choses qui n'étaient pas terminées... Je me suis toujours demandé pourquoi je ne me tirais pas moi même une balle dans le crâne. Peut être était-ce pour ça ? Pour avoir le temps d'accomplir au moins une chose. Peut être que c'était le moment d'en finir.

Je sentais que j'approchais de la fin de cette histoire... Mais la fin elle même n'était pas clair. Et qu'importe la résultante... Tout n'était pas encore terminé.







Chapitre I.I.:

Le son du moniteur revenait rapidement reprendre le dessus, m'écrasant les tympans. Etait-ce encore un rêve ? Difficile à dire. Le corps ne répondait à aucune stimulation et mon esprit était des plus apaisé... Pourquoi ? Si seulement je le savais. Les yeux s'ouvraient sur le monde... Du moins sur la pièce blanche dans laquelle j'étais. La lumière brûlait mes rétines comme si je fixais le Soleil. J'émergeais d'un profond sommeil dont je ne pensais pas pouvoir me réveiller un jour. Combien de temps ? Un jour ? Une semaine ? Une éternité ? J'avais l'habitude de finir dans ce genre d'état... Mais... Non... Définitivement pas celui-là. Il était bien pire. Mes membres étaient engourdis, et ma tête me donnait les seuls signes nécessaire au déplacement des yeux. Je n'avais pas la force autrement. Je regardais difficilement autour de moi, filtrant chaque rayon dont la lumière blanche me faisait penser au paradis. Je l'avais vue... Le paradis... Je l'avais touché, sentie...

Une ombre venait se placer au dessus de moi... Le contre-jour me laissait difficilement voir sa tête. Et pourtant, je pouvais deviner d'ici que cette silhouette me souriait. Qui était-ce ? Et surtout... Où est ce que j'avais atterri ? Pourquoi Toro ne m'avait pas tué déjà ? Aucune idée... Encore des questions... Toujours... A peine réveillé, je me faisais harceler par un questionnement incessant sur ma condition, mon passé et mon futur. Un mal dominant prenant mon crâne comme hochet.

"Bienvenue parmi nous Hawks. "

J'aurais bien aimé le remercier... Mais le simple mouvement de la tête me donnait l'envie de me rendormir pour une éternité.

"Il nous entend ?
Oui monsieur. Mais il sort de coma... Je ne pense pas qu'il puisse faire quoi que ce soit pour l'instant."


Une chambre suivant un modèle précis. Bon retour à Los Angeles... Et pendant que l'on essayait de me parler, moi, je me contentais de regarder les environs. Il n'y avait rien d'autre que cette pièce, un lit, un corps branché à des tonnes de machines... Quelques fleurs pour parfaire une décoration morne. Un vase à ma gauche, dont la vue périphérique me permettait d'en distinguer la silhouette floue et la couleur de la fleure à l'intérieur. Mon regard avait du mal à bouger... Je me sentais telle une statue de marbre... Je revenais se fixer là où c'était le plus simple, face à lui, fixant cet homme dans les yeux.

"Et bien Hawks... Il semblerait que vous soyez l'homme le plus chanceux du monde..."

Si se faire transpercer par une lame après avoir subit de multiples blessures dans toute ma vie était avoir de la chance, je n'aurais pas aimé voir le résultat sans. Je soupirais longuement, cherchant la moindre bouffé d'oxygène qui pouvait confirmer l'évidence même que... Oui... J'étais bel et bien vivant, et réveillé... Mais après combien de temps ?

"Une bonne semaine... On peut dire que vous avez eu le temps de rattraper votre manque de sommeil. "

Très drôle l'ami... Si seulement je savais qui t'étais, peut être que je pourrais associer ton nom à la liste des clown du coin. Il continuait probablement de déblatérer des paroles que mes oreilles n'arrivaient pas à filtrer, tandis que ma tête se détournait sur la gauche. Un vase blanc... Sur une table tout à fait charmante. La fleur à l'intérieur aurait dû me mettre la puce à l'oreille... Ce n'était pas le genre de fleur anodine qu'on donne à un blessé. Le petit mot glissé sous le vase me laissait clairement voir apparaître le morceau de phrase: "...can fall."... J'étais probablement encore bien tombé.

Chapitre I.II.:

L'électrocardiogramme venait s'agiter, et je savais pourquoi. Le rythme cardiaque s'affolait à la vue de cette fleure qui avait déjà vécu son temps et ce mot qui voulait tout dire. J'ignorais qui me l'avait déposé, mais le nom de Fitzermann était tout de suite lié. Je détournais le regard vers l'homme, utilisant mes seules force à attraper son col. J'avais une tête à faire peur et je ressemblais plus à un légume qu'au flic désabusé que j'étais avant.

"Il lui arrive quoi ?
Aucune idée ! Infirmières ! "


Je brûlais d'envie de lui poser une question. Je brûlais littéralement. Un sursaut de chaleur dû à une motivation soudaine... A moins que ce ne soit que de la fièvre tout droit sortit de nulle part, ou ses couvertures chauffantes qui transformaient ce lit en un véritable sauna. J'avais une question: "Qui est venu déposer ça ?"... Mais mes lèvres n'arrivaient qu'à émettre des grognements sans distinction. Un esprit revenant plus ou moins au clair dans un corps brouillé. Si c'était ma nouvelle condition, qu'on m'achève immédiatement. Je serrais du plus fort que je pouvais ce col, c'est à dire pas grand chose, tandis que l'homme attrapait mes mains, me suppliant de me calmer. L'armada d'infirmières qui rentrait dans la pièce ne constatait qu'avec effroi la vitesse des battements d'un coeur qui aurait dû s'arrêter une semaine plutôt. Un corps animé par le Diable dont l'aurore divine le maintenait en vie. Elles venaient m'attraper, me plaquant contre le lit à plusieurs. Je me débattais d'un instinct bestiale. Pourquoi je réagissais ainsi ? La peur, peut être... Et sûrement la nouveauté d'un réveil impossible. La quantité de médicaments et d'opérations que j'avais dû subir n'avaient sûrement pas arrangé mes facultés mentales.

Une respiration haletante, tandis que les quelques gémissements qui sortaient tout droit du fond de mes cordes vocales se transformaient en des cris d'incompréhension. Si mon coeur continuait de battre à ce rythme, il n'allait pas tarder de lâcher. Je ressentais déjà, malgré la morphine, les douleurs revenir... Un abdomen en perdition, à travers une peine que je ne comprenais pas... A cause d'une fleure et d'un mot. Finalement, le pincement à mon bras droit venait calmer l'ensemble de ce chaos intérieur, tandis que mes yeux n'étaient éblouie que par la lueur d'un soleil qui pénétrait dans la chambre par la fenêtre. Une lueur de plus en plus floue, alors que l'obscurité regagnait mon regard. Un corps déchaîné rendu inanimé, sous le regard du personnel médicale qui ne comprenait pas plus que moi la situation dont ils venaient de faire face. Le repos venait regagner mon esprit, la lumière venant s'éteindre... Une fois de plus.

Chapitre I.III.:

"On va refaire une expérience... Hawks... Vous nous entendez ? "

Evidemment que je l'entendais. Mais je n'avais pas la conviction de l'écouter.

"Hawks, hochez la tête si vous nous entendez."

Etais-je obligé de répondre ? Qu'importe, je venais hocher la tête comme le parfait patient comateux que j'étais. Je n'étais guidé que par l'instinct de survie, alors que le bout de mes doigts servaient d'indicateurs de mon état de conscience et les paupières tremblantes d'indicateurs de non-motivation à la vie.

"Pouvez-vous ouvrir les yeux ?

Difficilement, mais ça devenait possible, bien qu'elles collaient et que je n'avais pas plus envie que ça de voir des têtes étrangères m'inspecter comme un animal en cage. J'étais redevenu ce type blasé qui sortait d'un coma déjà trop long pour lui, et qui n'avait qu'une seule envie: Partir loin de cet enfer hospitalier. Les paupières revenaient lentement se redresser, alors que la chambre était teinté d'une lumière douce et chaleureuse... Etrange situation pour une chambre d'hôpital. La nuit était tombé avant même que je n'ai le temps de m'en rendre compte. Le couloir était calme... Il n'y avait plus ce nombre indécent d'agents fédéraux et d'infirmières qui me tournaient autour... Et c'était agréable. Il y avait juste cette silhouette féminine à l'entrée de la porte. Une personne qui aurait aimé rentrer mais qui s'y refusait, tandis que le médecin se contentait de m'ausculter. Il venait sourire, d'une satisfaction certaine, pendant que mon regard était portée sur cette femme à la porte. C'était comme un mirage... Un merveilleux mirage... Impossible de dire si elle me souriait ou si elle tirait la tête d'une personne qui s'imaginait m'enterrer. Mes yeux et mon esprit n'arrivaient pas à faire la distinction entre le bonheur de l'un et le malheur des autres. Je les fermais de nouveau, lâchant un profond soupir devant la constatation d'une personne que je n'aurais pas forcément espéré revoir. C'était une certitude... C'était bien Tia qui se tenait là, à l'entrée de cette chambre, le corps posé contre le cadre de la porte, les deux bras croisés. L'image avait beau être flou, mon imagination avait fait le reste. Je voyais une femme qui se retenait probablement d'émettre une émotion devant le corps quasi-inanimé que j'étais.

Je laissais les infirmières s'occuper de moi, tandis que le médecin, encore une fois, cherchait à me parler sans que je l'écoute. Ma seule pensée allait vers elle, alors que les corps s'agitaient autour de moi pour me permettre de vivre. Il parlait de plus en plus fort, tandis que mes oreilles rejetaient les sons pour ne garder que cette concentration sur elle. Les âmes m'entourant s'agitaient de plus en plus, alors que seule cette pensée prenait la place de toute mon esprit... Bien loin devant des sensations de mon corps... Et soudainement, je revenais vibrer, prenant une longue inspiration en rouvrant les yeux subitement. Un choc électrique puissant traversant l'ensemble de mon corps, alors que toutes les infirmières étaient réapparu autour de moi. Le médecin venait m'aveugler avec son outil d'auscultation.

"Il réagit... Hawks ! Hawks ! Vous nous entendez ?"

Je laissais une larme s'échapper, cherchant la respiration à travers la foule, et une vision sur la porte de la chambre... Elle c'était fermée... Et cette silhouette avait disparu.

"Je comprends pas. Il était bien réveillé, pourquoi il a... Bon sang Hawks... Vous pensiez nous lâcher aussi subitement ? Est ce que vous m'entendez ?"

J'hochais la tête naturellement, le regard plongé sur cette porte fermée... laissant disparaître ce mirage trop court dans une souffrance déjà trop longue.







Chapitre II.I.:

Les yeux ouverts brusquement dans une nuit trop sombre. Le bruit de l'électrocardiogramme comme seul compagnie, tandis que le couloir était vide. C'était perceptible d'ici. Un réveil en sueur, d'un cauchemar presque trop réel. Je venais me redresser, constant avec effroi les tremblements bien réels dont faisaient preuve chacun de mes membres. Un profond soupir, alors que la douleur lançait des signaux. La morphine venait à cours de son effet, tandis que le cathéter me pinçait le bras. Quelque chose n'allait pas... Et ce n'était pas seulement mon esprit. La porte venait s'ouvrir rapidement, tandis qu'un homme pénétrait dans la chambre arme à la main.

"Rah non...
Oh si... "


Le cadavres des deux agents fédéraux jonchaient le seuil de la porte, tandis que l'arme venait se braquer en ma direction. Un cri soudain, alors qu'un second homme venait entrer dans la pièce, venant désarmer la main de mon tueur présumé. Un coup de coude, et le corps passant par dessus l'épaule, mon sauveteur venait sauvagement se faire projeter de l'autre côté de la pièce.

"Besoin de renfort ! "

Une phrase qui faisait écho. Ils venaient tout les deux la prononcer à travers leur radio, tandis que le combat reprenait. Mon sauveteur était loin d'être aussi bien équipé que l'agresseur. Deux mercenaires cependant, le premier étant bien évidemment Davis, qui savait toujours me sauver quand il le fallait ces derniers temps. Le second, de son visage masqué, portait un ensemble paramilitaire complet. L'agresseur s'apprêtait à ramasser l'arme, jusqu'à ce que le pied de John ne dévie se main, la droite qui s'en accompagnait le faisant reculer. Les deux s'attrapaient mutuellement, venant s'étrangler l'un l'autre à travers la pièce. La tête de John venait se fracasser contre la fenêtre de la chambre, tandis qu'il dégageait les deux mains qui l'étranglait. Plusieurs hommes accouraient dans la couloir, jusqu'à ce que leurs ombres n'apparaissent proche de la porte. Les coups de feux retentissaient dans le couloir. Deux groupes de mercenaires venant désormais se faire la guerre avec une allée d'hôpital comme No Man's Land, alors que John se débattait avec son ennemi.

On entendait déjà les infirmières de gardes et les patients hurler à l'effroi, alors que les balles volaient. John venait saisir son ennemi, bloquant ses coups, paradant de manière efficace. L'agresseur venait saisir son couteau à sa botte, tandis que la lame s'élancait vers John qui bloquait le poignée, l'autre main enrouler autour du cou de l'adversaire. La lame se plantait rapidement dans la hanche de son porteur, alors que John soulevait celui-ci, venant le frapper contre la fenêtre... Elle venait céder, en plus des balles qui venaient aider à la destruction de ce morceau de verre. Davis criait, alors qu'il se débattait encore avec le mercenaire qui n'avait pas l'intention de se laisser tuer comme ça.

"Bordel ! Mais défendez cette piaule !"

Il venait jeter un coup d'oeil derrière lui, tandis que des mercenaires alignaient leur viseur vers lui. Moi, je me jetais hors du lit, cherchant à sortir des lignes de tirs. Son combat prit fin, prenant son adversaire en bouclier humain pendant que les balles venaient le transpercer de toute part, les tireurs finissant par tomber sous les tirs alliés. L'ensemble des mercenaires de John rentraient la pièce, alors que John se laissait tomber au sol, soupirant de son combat un peu trop ardu. Sheyla s'approchait de lui, lui donnant un fusil sans l'aider à se relever.

"Debout John, c'est pas fini. "

Chapitre II.II.:

Cet étage de l'hôpital devenait un champ de bataille. J'arrachais l'ensemble des fils qui me raccordait à toutes ces machines, avant de me laisser tomber au sol. Je m'aidais de cette table , faisant tomber le contenu. La fleur venait s'étaler au sol, alors que le vase se brisait en des dizaines d'éclats. Par dessus, le mot apparaissait: "Sometimes, we can fall"... L'ironie, encore une fois. Je l'attrapais, le fixant longuement, serrant ce morceau de papier dans ma main. J'étais incapable de tenir sur mes deux jambes, malgré ma détermination et les grognements dont je pouvais faire preuve. Les deux hommes s'approchaient de moi, venant me relever, me soutenant dans ma marche. Ils avaient l'air pressé... Moi aussi, à ma façon.

"Il faut qu'on se casse d'ici avant que ça ne devienne..."

Le bruit des automatiques venaient rapidement mettre court à ce débat tout en apportant l'argument irréfutable qu'il manquait. La porte se transformait peu à peu en une sorte de passoire en bois, alors que les tirs volaient à travers le couloir de l'hôpital. Le moment de rechargement nous permettait de sortir, alors que les tirs de couverture nous servaient à nous enfiler dans l'abri suivant. Je regardais derrière moi, constatant le massacre qui tournait au ralentie dans ma tête. Les quelques patients qui cherchaient à s'enfuir voyaient leur corps s'écraser au sol, leur sang propulsé sur les murs. Il y avait celui-là, qui venait poussé l'un des mercenaires en sortant de sa chambre, courant dans la direction opposé de la progression du groupe. Il y voyait une lueur d'espoir, un point de fuite miraculeux. Trois balles dans le dos venait effacer ce doux rêve, arraché par un sang froid proche de la plus grande des indifférences, alors que le marchand de mort reprenait sa position dans le groupe comme si rien ne c'était passé. Et soudainement, ce projectile qui s'approchait de nous venait me faire hurler. La seule force des lampes tactiques éclairaient désormais le couloir qui devenait le lieu d'une scène macabre.

"Grenade !
PARDON ?!"


Elle atteignait l'hauteur de la porte, explosant en faisant voler en éclat le mur d'à côté, ainsi ce qu'il restait de ce morceau de bois. Projeté en avant, il ne restait que la ligne au fond du couloir pour nous supporter en tir alliés, alors que mes porteurs me relevaient rapidement. Et soudainement, il pleuvait... Comment ? J'avais du mal à saisir toutes les subtilités d'un tel miracle dans un couloir d'hôpital... Jusqu'à ce que les sifflements dans mon oreille ne s'estompe. Je laissais peu à peu l'alarme incendie prendre le relais de mon bourrage de crâne. La main sur l'abdomen, je criais... J'avais mal, indéniablement. La tâche rouge qui venait apparaître sur ma main ne signalait rien de bon. Et finalement, on atteignait le fond du couloir, alors qu'une nouvelle escouade ennemi était à l'autre bout. Je venais rejoindre l'abri, derrière le mur. La porte de sortie était juste à côté, et Sheyla me signalait clairement qu'il fallait que je reste tête baissée. Pour une fois, je n'opposais pas de résistance, voyant le combat perdurer à travers un couloir trop long. Bientôt, plus aucuns civils ne se trouvaient dans le secteur... Du moins, aucun de vivants.

"Butez pas les civils !
C'est pas nous Sheyla... C'est eux... "


Des mercenaires tuant tout sur leur passage juste pour m'atteindre plus facilement. Voila à quoi nous avions à faire. Et malgré notre position forte de défense, les mercenaires de Sheyla venaient s'effondrer les uns après les autres.

Chapitre II.III.:

L'eau prenait le dessus sur le sol carrelé de l'hôpital. Le sang venait se mélanger au liquide, le tout formant un miroir rougeâtre au sol, à travers les cadavres s'entassant. Une piste glissante et encombrée, dans une fusillade plus que trépidante. Les tirs venaient faire voler les coins de mur en des éclats tout aussi dangereux, tandis que Sheyla comptait son nombre de balles, ne se souciant pas de sa blessure à l'avant bras nouvellement formé pendant l'assaut. A vrai dire, elle n'avait pas vraiment le temps d'y penser. De l'autre côté du mur, on y retrouvait John et quelques mercenaires qui ne servaient pas encore de décors macabre au couloir.

"Sors de ta cachette le chocolat au lait.
Je ne suis pas sûr que Toro soit bien d'accord que tu me tue mon gars.
Veux tu parier ? Je serais toi... Je me tiendrais au courant des nouvelles tendances du grand manitou. "


Le regard mutuel entre Sheyla et John devait servir à une dernière contre-attaque, tandis que les bruits de pas se faisaient nombreux dans leur zone de non-vue. Un rechargement d'arme, et un sifflement, alors qu'ensemble, ils venaient sortir de leur couverture, tirant dans l'allée dans l'espoir d'achever cette escouade de la mort. Sheyla venait rapidement se remettre à couvert, alors que l'ensemble de ses hommes tombaient au sol, abbattu par un peloton d'éxécution bien plus organisé. John venait tomber au travers, tournant son regard sur Jessy en lui tendant la main.

"Sheyla"

Elle tentait de l'attraper, avant que deux balles ne viennent lui exploser le crâne. En un fragment de secondes... Sheyla venait de perdre son mari et allié de longue date, dans une guerre qui prenait une nouvelle dimension. Et les trois chargeurs qui venaient se vider dans le corps de John renforçait l'horreur, ne lui laissant même plus l'occasion d'exprimer un sentiment au delà de sa mort.

"Oops... Boh, j'ai toujours trouvé cet union bizarre de toute façon. "

Le regard vide d'une femme recouverte d'eau, de larmes et de sang, qui savait pourtant se contrôler et dont les émotions n'ont jamais réellement eu d'impact sur ses ambitions. Et pourtant, elle restait inerte, devant le cadavre détruit mais encore chaud de son mari qui eu pour seul expression sur sa fin, la peur dans les yeux. Elle s'apprêtait à sortir seule devant un peloton d'exécution, avant que je n'attrape son bras, la retenant, venant dégoupiller la fumigène à sa ceinture que j'arrachais, le jetant sur le couloir.

"Sheyla !"

Elle venait saisir un papier dans sa poche, me le donnant en plus du premier papier que je n'avais pas lâché depuis que je l'avais ramassé dans la chambre.

"Cours et appelle Jessy. Ne fais confiance à personne Jason. Tu m'entends ? Personne !"

Je l'attrapais tant bien que mal, alors que son coup de cross venait me faire tomber au sol. Elle venait se jeter dans la fumigène, tirant sur ce qu'elle croyait être une cible. A vrai dire, personne ne savait à ce moment là sur qui elle tirait, ni même d'où elle tirait. On entendait au loin les cris de quelques mercenaires tombant au sol, alors que la rage de la femme s'abattait sur eux.

"Je doit l'admettre... Votre défense était remarquable et bien préparé à notre venu... Bref... Si t'insiste Orton..."

Un silence soudain... Je venais profiter de l'incompréhension pour m'enfiler dans la cage d'escalier, laissant Sheyla dans sa folie. Elle était perdue... Et de fait, elle était déjà morte. Je venais m'exciter dans les escaliers, jusqu'à ce qu'une puissante explosion retentisse à l'étage d'où je venais. Impossible de dire quel genre d'explosif venait de faire son effet... Mais peu de chance pour Sheyla d'y avoir survécu.

La famille Orton c'était engagé dans une guerre qui les dépassaient... Pour des raisons qui étaient trop obscurs... Même pour les deux soeurs. Elles en payaient désormais le prix... Plus cher que ce que j'avais pu payer jusqu'à maintenant.






Chapitre III.I.:

Réussir à sortir par la porte de service, peu de temps avant que la police n'arrive sur les lieux. C'était un exploit, d'autant plus que je boîtais. Et pourtant, me voila dans les rues de Los Angeles en tunique d'hôpital, à courir pour ma propre survie. Ne faire confiance à personne me semblait effectivement la marche à suivre. Où Diable était passé l'armada d'agents fédéraux ? Personne ne le sait... Un point de plus pour se dire que personne n'est à l'abri d'une corruption aussi voulu qu'obligatoire. "Il se passe quoi si..." devait probablement être la meilleure monnaie d'échange d'un vieux jouant avec son katana. L'incendie à l'étage ne laissait aucun doute sur la chance nulle d'y retrouver des survivants. Une situation presque inconcevable en plein Los Angeles. Et je n'avais pas le temps de pleurer les pertes civils que cela avait engendré. Je devais courir un marathon avec une main en moins, un pied blessé et une blessure à l'abdomen qui menaçait de s'ouvrir à chaque bouffé d'oxygène que je prenais. Telle était la situation actuelle dans laquelle je venais de me mettre. J'étais à peine revenu d'entre les morts, que j'étais déjà en train de les fuir. Trop de douleur, à en faire changer le mental d'une personne, si le mien n'était pas déjà bousillé par une montagne de cadavres et d'événements néfastes à la condition humaine. Trop de civils, d'innocents... Qui n'avaient rien demandé d'autre qu'un soin digne de la renommé de l'hôpital, et qui se voyaient rejoindre le sous sol de ce dernier pour une cause décadente et meurtrière, au delà de leur imagination.

Je venais m'effondrer au sol, à quelques rues de l'hôpital qui se voyait cerné par une multitude de voitures de police. On entendait encore d'ici l'hélicoptère qui survolait le secteur alors que les mégaphones venaient appeler au calme. Une guerre avait finalement commencé, avec deux forces armés dont la puissance de feux ne permettaient pas la discrétion et avec comme élément déclencheur une mort dont je ne voulais pas, et mes soi-disant amis non plus. Je passais ma main sur mon front, constant la sueur froide qui en coulait alors que mon corps brûlait de l'intérieur. Un léger gémissement, entrecoupé d'une respiration trop rapide. J'étais trempé d'un système anti-incendie et d'une peur qui enlaçait chacune parcelle de mon corps, tandis que mon autre main venait appuyer sur une plaie encore trop jeune pour se maintenir fermer. Douleurs insurmontables, pensées néfastes, accompagnées de pieds nues qui me faisaient un mal de chien, me rappelant l'utilité des chaussures dans notre civilisation. J'avais probablement atteint une certaine forme de limite. Un seuil de tolérance à la douleur à et la violence, qui menait irrémédiablement à la peine et à la désolation. J'en avais marre de ce genre de vie, et ça commençais sérieusement à me jouer des tours. J'ouvrais cette main qui continuait de serrer ce morceau de papier qui avait à peu prêt aussi bien survécu que moi. "Sometimes we can fall...". J'avais envie de crier à coeur joie la souffrance intérieur du moment, avant de m'arracher la langue avec les dents pour m'étouffer avec. Je venais juste regarder le verso de la feuille, contenant la rage intérieur à travers des larmes qui peinaient à couler. "I'll raise you up until I die".

Devant ces mots, l'incompréhension... Si cette personne existe, elle avait plutôt intérêt à se montrer rapidement avant que ma tête ne devienne une bouilloire. Mes oreilles me signalaient une approche hostile. Je me relevais rapidement, me dissimulant dans cette ruelle, alors que les patrouilles de police passaient outre les signalisations pour arriver sur les lieux du massacre, quand ce n'était pas chercher le patient maudit que j'étais. Pour une fois, j'osais admettre que j'aurais bien eu besoin d'aide. Mais c'est bien la solitude que je retrouvais en cette soirée funeste.

Chapitre III.II.:

J'atteignais l'arrière boutique d'un magasin de vêtements. C'était illégal, c'était une effraction, mais je n'étais plus vraiment à ça prêt. Je savais en revanche qu'une arrestation et un tour au poste se serait conclu par une mort inévitable dans la cellule de garde à vue sans que personne ne se rende compte de rien. Passer incognito était la meilleur des solutions... Il fallait bien s'y prendre.

La porte arrière était mal fermée. Ca aurait été la version officielle que j'aurais donné en cas d'arrestation. Je venais déambuler dans le magasin dont l'alarme silencieuse avait déjà probablement retentit en passant inaperçu à travers le central du poste qui devait s'illuminer comme un sapin de Noël sous les appels abondants provenant de l'hôpital. Du moins je l'espérais, ou j'espérais qu'elle ne se voit que trop tard. Je laissais mes marques de pieds se déposer sur le sol. Un mélange de sang et d'eau, laissant une longue traînée derrière moi. J'étais à deux doigts de ramper, prêt à succomber à la douleur, laissant un chemin clair et précis pour toutes personnes qui voudraient me chercher. J'attrapais là quelques vêtements, clairement inadaptés entre eux. Une veste, un t-shirt et un jean. Une tenue classique qui passait presque inaperçu mais qui manquait cruellement de style. Je venais sécher mes pieds et mes cheveux avec des habits trouvé là, à défaut de trouver une serviette. Le comportement du parfait sans abri un peu trop imbibé d'alcool. Je contemplais ce miroir dans le fond du magasin, m'approchant de lui, la seule lumière des lampadaires de la rue venaient éclairer la pièce. Mon visage venait donc se dévoiler de cette pénombre. Je ne voyais qu'un homme trempé de la tête aux pieds, d'eau et de sueur, dont les cheveux laissaient s'échapper les gouttes le long de la joue. Ou était-ce les larmes qui provenaient de mes yeux qui, pour la première fois depuis bien longtemps, arrivaient à exprimer une morosité en pleine croissance. Un être sauvage dans un monde ordinaire. Une bête perdue et triste à travers une jungle. Je réapprenais à survivre en contemplant la perdition de mon esprit. Des yeux vitreux dont je venais sécher les larmes avec la manche de ce T-shirt ridicule. Je m'en voulais... Probablement. Autant de connerie pour si peu de résultat. Encore une fois, je repassais cette forme de culpabilité dans mon crâne avant que la rage ne tente de reprendre le dessus. Il fallait juste savoir la contrôler. Je détournais les yeux en soupirant, observant les gyrophares servir de nouveau type d'éclairage. Les agents qui descendaient du véhicule en avaient après moi, tandis que leur lampe venaient s'allumer pour observer l'intérieur du magasin. Moi, j'étais déjà reparti, refermant la porte de l'arrière boutique avant de courir à travers la ruelle, esquivant de peu la patrouille, tel un fugitif.







Chapitre IV.I.:

"Los Angeles. Une zone de guerre ? "

C'était le titre du dernier article de journal présentant en détail le massacre de l'hôpital. Il résumait assez bien la situation, bien que les noms des morts n'étaient pas tous apparents, ou le floue étaient permit sur certain. Celui de John Davis y figurait bel et bien. Personne n'avait l'air de savoir pour Jessy. Elle s'en était peut être sortit par un miracle quelconque. J'étais de nouveau seul dans une jungle où tout le monde me connaissait, et où tout le monde me cherchait. Fédéraux, mafieux, mercenaires... Et sûrement même des civils lambda pour une malette de billets verts. La confiance était quelque chose qui se faisait rare désormais, tandis que chaque recoin de rue venait représenter un danger de mort imminent, et j'étais bien loin de pouvoir me défendre. Je ressemblais plus à un SDF qu'autre chose, par nécessité et par force. Je boitais, m'appuyant sur un semblant de canne subtiliser à un vieux qui ne pouvait qu'en avoir moins besoin que moi.

Voila où j'étais... Dans le Los Angeles que je craignais depuis toujours. Celui où les gens n'ont ni temps, ni argent. Celui où ils n'ont pas plus d'espoir que d'honneur, et celui où j'allais probablement mourir si je croisais le regard d'un individu me reconnaissant. Autant dire 90 pour-cent de la population au vue de ma popularité exceptionnelle. J'étais encore optimiste... J'excluais tout ceux qui me connaissaient pour mes états de services... Ca enlevait ainsi l'ensemble des organisations criminelles et gangs que j'avais pu attaquer, soit une bonne autre partie de la population, qui venait accroître le nombre de personne qui aurait pu vouloir ma peau. Un état de vulnérabilité dans une jungle mortelle. Ajoutons enfin à cela tout ceux qui finissent par vous égorger pour un regard de travers. Etais-je encore une fois mal tombé ? Etait-ce ça, ma punition divine pour avoir foutue la merde sur Terre ? J'étais encore loin de la rédemption, dont le chemin se montrait long, sinueux, dangereux, mortel, sur deux centimètres de largeur pour quatre vingt dix mètres de vide. La chute entraînerait une mort dans mon sang et mes larmes, sous une pluie torrentielle de balle et de plaintes. Une nouvelle route qui se dessinait sous mes yeux avec comme destination le pardon éternel. Ca valait presque le coup de s'y risquer. Toro avait probablement raison: "Pas de Happy End pour toi Hawks"... Je voyais effectivement cette affirmation prendre tout son sens sous la situation tragique et déplaisante qui se dressait face à moi.

J'arrivais devant la devanture de ce pub typiquement irlandais. Il me plaisait, et il fallait que je trouve un téléphone. Il n'était probablement pas pire qu'un autre endroit en ville. Je venais m'asseoir au comptoir de ce bar, regardant rapidement autour de moi. Les quelques habitués étaient là, se marraient, sans prêter attention à moi. On était dans un quartier qui risquait plus de voir un riche péter un scandale pour le prix d'une bière plutôt qu'un type lambda qui tirerait sur tout ce qui bouge pour l'oublie de deux cents sur le rendu de la monnaie. Je lisais mon journal, prêtant attention à ce qu'il y avait autour de moi... Des hommes transpirant l'alcool à trois heures de l'après midi, et un barman qui me fixait du même air qui m'aurait valu la mort dans un quartier plus malfamé. Il s'approchait de moi, ajoutant:

"Pas de clochard ici.
J'ai l'air d'un putain de clochard, bibendum ?
Je te demande pardon là ?"


Je venais tout juste d'oublier que j'avais une main avec un trou et un trou à l'abdomen... Voila le premier hors piste de ma nouvelle route...

Chapitre IV.II.:

Je déposais quelques billets sur le comptoir en soupirant.

"Désolé... Longue journée. Je vais prendre un whisky...
T'as trouvé les billets dans un caniveau ?
Je... "


Je me retenais de venir enfiler mon poing tout droit au fond de sa gorge dans l'unique but de lui arracher les cordes vocales. En réalité, il était pas bien loin de la réponse, et je n'étais pas dans une position de force. C'était ça aussi, le chemin de la rédemption. Beaucoup de concessions pour peu de résultat.

"Un whisky... "

Il venait rire, attrapant les billets avant d'attraper une bouteille. Soudainement, il changeait radicalement de ton, prenant un air tout de suite plus joviale, me donnant la sensation que le frapper aurait été finalement une idée tout à fait hors contexte.

"Allez l'ami, souris ! Tu ressemble à un mort.
Je veux bien le croire."


J'attrapais le verre en acquiescent, venant boire une gorgée, alors que mon regard se portait sur l'article de journal. Je continuais de scruter les lignes afin de trouver des noms... Il n'en ressortait rien de vraiment convaincant. Le barman, lui, tentais de faire la conversation, m'analysant dans le moindre plissement de ma peau.

"On se connaîtrait pas toi et moi ?
Peu de chance, j'suis jamais venu dans ce bar.
Ouais non... Mais je suis presque sûr de t'avoir déjà vue. "


Le retour de ma notoriété venait élancer mon coeur qui prenait une vitesse trop dangereuse. Evidemment, il fallait simplement détourner la conversation, mais mon esprit n'était plus apte à ce genre de tour de passe-passe.

"Pas moi.
Mmmh... T'as fait de la télé ?
Nan..."


Il cherchait autour de lui, tandis que les pilliers de bar détournaient leur regard vers moi. Et soudainement, c'est toute la clientèle du bar qui venaient me fixer comme si j'étais la star du dernier film à la mode. L'un d'eux venait s'écrier:

"Nom de Dieu, c'est Jason Hawks !"

Voila la situation qu'il fallait à tout prix éviter, et dans laquelle je me retrouvais. Deuxième hors piste de ma route de la rédemption: Venir dans un bar. Je grinçais les dents, espérant qu'il n'y ai pas un méchant garçon dans tout ce beau monde. Et dire, qu'à la base... J'étais juste venu chercher un annuaire et passer un coup de téléphone.

Chapitre IV.III.:

Je me contentais de boire mon verre comme si rien ne venait m'interpeller. Et pourtant, on était bien loin du passage incognito. Je réfléchissais encore comment à sortir de là sans avoir de problèmes. A priori, quelques uns dans le tas ne semblaient pas à l'aise en me voyant tandis que quelques autres rejetaient leur regard emplie de haine en ma direction. J'avais définitivement le luxe pour mal tomber. Le barman soupirait longuement, s'accoudant au comptoir, avant d'attraper le fusil à pompe sous celui-ci, le posant face à lui, main sur la cross, tandis qu'il fixait les quelques téméraires qui voulaient profiter de ma faiblesse pour me faire la peau.

"On peut jouer... Ou vous pouvez retourner vous asseoir et boire vos bières comme des bons garçons. "

Un choix qui était vite fait. Les hommes se remettaient à leur table, jetant leur venin par les yeux du coin de l'oeil à plusieurs reprises. Les piliers de bars reprenaient leur conversations... Et finalement, en quelques instants, tout redevenait comme si rien ne c'était passé.

"Sacré culot de venir dans un endroit qui peut vous coûter la mort.
On me le dit souvent...
M'ouais...
Que voulez-vous... L'ange de la mort m'aime. "


Il riait de ma vanne morbide. Il transpirait la joie de vivre et la bonne humeur sous son air autoritaire. Il gardait son fusil à portée de bras, ne laissant pas la moindre occasion aux types derrière moi de me faire la peau.

"Tu vois ces gars ? Des vrais partisans du Diable.
Vous avez l'air de bien les connaître.
Mon gars... Inutile d'être barman dans le coin si t'es pas capable de chopper des infos."


Je rejetais mon regard à l'arrière, croisant celui d'un des hommes, ne le lâchant pas des yeux.

"Ils bossent pour qui ?
Une famille irlandaise quelconque qui essaye de se faire un nom.
Un groupe traditionnel...
Ouais... Et probablement énervé.
Je ne me souviens pas avoir frapper de l'irlandais.
C'est probablement que tu l'as fait sans t'en rendre compte. "


Probablement. A vrai dire, à travers les années, bon nombres d'enquêtes finissaient avec des dommages colatéraux. Le nombre d'organisation que j'avais du foutre en rogne devait excéder la limite supportable.

"M'alors... Qu'est ce qu'un ancien flic qui est sacrément dans la merde peut bien venir foutre là ?
J'essaye de me faire discret.
Tu fuis qui ?
Tout le monde...
B'ah... Les héros sont pleins d'ennemis. "


Je manquais de m'etouffer avec mon verre à l'écoute du mot héros. J'avais du mal à voir quel genre d'héro je pouvais bien être ces derniers temps, avant que je ne lui pose la question.

"Un héro ? Moi ?
Tu as sauvé pas mal de vie.
J'en ai dégommé sûrement plus.
Nan... Ca c'est l'image que tu veux te donner. La preuve. Sans toi, ce bar n'existerait pas."


Je grimaçais, pas réellement convaincu de l'argument, terminant ce whisky avant qu'il ne vienne se remplir davantage.

"Tu ne te préoccupe pas beaucoup des avis des autres hein ?
Pas vraiment.
Tu devrais...
Pourquoi faire ?
Pour te rappeler qui tu es vraiment."


Un vrai poète philosophe qui servait du whisky gratuitement et à volonté dans un pub irlandais. Ce type devenait de plus en plus sympathique. Cela dit, si la parade à la manipulation de mon esprit reposait dans le simple supposé d'écouter les autres, c'était à la fois simple bien que ça semblait carrément stupide. Je le fixais dans les yeux, tandis qu'il me souriait amicalement. Le verre venait claquer sur le comptoir après s'être vidé en moins de deux secondes, alors que la télévision venait diffuser les dernières nouvelles du massacre de l'hôpital. Bien évidemment, mon nom n'était pas mentionné... A croire que personne ne savait que j'étais là bas lors de l'incident ou que personne ne voulait que je le sache. Le barman lui, venait soupirer, se grattant l'arrière du crâne.

"Sacrée affaire cette histoire d'explosion hein ?
Ouais...
Nom de Dieu, mais faut être dingue pour vouloir faire exploser un hosto."


Je baissais la tête devant l'ignorance de l'homme. Il fallait dévier le sujet de conversation:

"Vous auriez un téléphone et un annuaire ?"



Dernière édition par Azelat le Dim 05 Nov 2017, 19:30, édité 10 fois
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Re: Jason Hawks - [Livre III "Rising"] - 2e Partie - Aurora

le Lun 30 Oct 2017, 13:14




Chapitre V.I.:

Les deux mains dans mes poches, je m'aventurais à travers les morts, m'arrêtant devant cette pierre dont la gravure indiquait encore clairement le nom de Sharon Hawks. La tombe était entretenue... Je me demandais bien par qui. Certainement pas par moi. Je manquais de temps pour ce genre de choses. J'ai manqué déjà de temps à savoir pourquoi sa mort avait été possible, ce n'était pas pour m'occuper de cette tombe. Je venais soupirer longuement l'air frais de ce bon matin, les yeux rivés sur la couronne de fleur qui ornait la dernière demeure d'une soeur que je n'ai pas vraiment eu le temps de fréquenter. L'aurore pointait le bout de son nez, laissant un soleil se lever à travers ce champ de pierre. Je venais m'agenouiller, laissant le silence faire son discours. J'observais un instant autour de moi l'ensemble des pierres qui s'érigeaient là. Celle que je visais ne devait pas être bien loin. Je cherchais la tombe de Kaya Fitzermann, ne sachant où donner de la tête à travers l'ensemble des autres. J'avais participé à l'enterrement, mais en aucun cas je n'arrivais à me souvenir de l'emplacement. J'essayais de trouver celle de Shawn Hayes, au cas où il se serait fait tué... Mais à priori, l'absence d'une telle tombe montrait bien que le vieux tenait encore debout. En un clin d'oeil, j'avais fait le tour du cimetière, passant par les tombes d'Effy Fitzermann, de Mia Fitzermann... Damian Jones, tout le reste de la famille, avant de finalement trouver celle de Kaya. Un labyrinthe bien mené. Satisfait, et après m'être remémorer l'intégralité de ma vie, je revenais sur celle de Sharon, venant balayer de ma main les feuilles mortes qui se présentaient là.

"Ca ne manque pas d'ironie, hein ?"

Je me redressais rapidement, me retournant. Un parfait instinct de survie dont le sursaut réanimait mes blessures. Mon coeur venait sortir de ma poitrine, tandis que la seule personne qui m'effrayais n'était qu'un vieux fossoyeur qui passait par là.

"Quelle ironie ?
Elle ici... Et vous, là..."


Je voyais bien où il venait en venir, je gémissais un instant, tirant un sourire morbide alors que je reprenais la parole.

"Dieu a de l'humour.
Certainement... Vous avez bien 100 raisons de plus de finir dans l'un de ces trous qu'elle ne pouvait en avoir.
Vous avez l'air bien renseigné.
On fini par se renseigner sur la personne qui vous donne le plus de travail... Et puis... J'ai mes contacts.
Oh je vois... Et puis, que voulez vous... J'ai toujours pensé que le cimetière finirait par investir dans une pelleteuse. "


Il riait, et je riais. L'humour à travers la tristesse, tandis qu'il s'appuyait sur sa pelle, me fixant comme si il redécouvrait la vie.

"Sérieusement Hawks... Comment vous faites ?"

Je détournais le regard sur la tombe de Sharon, retirant ce sourire de mon visage, ajoutant dans un air morose:

"J'aimerais bien le savoir.
B'ah... Ca n'a plus vraiment d'importance. Ca en aura encore moins quand vous finirez six pieds sous terre. Mais j'ai bien peur d'y aller avant que je ne puisse vous y mettre. "


Il détournait son regard sur la gauche, observant la femme qui se tenait à une dizaine de mètres.

"Bien... Tout est bon donc... Vivez votre vie, mon gars. C'est le mieux que vous puissiez faire pour elle. "

Il saluait Jessy de la main, reprenant sa route. Quoi de mieux qu'un homme qui travaille ici tout les jours pour jouer les éclaireurs. Jessy était une femme prudente... Elle s'approchait, mains dans les poches, s'arrêtant face à moi en fixant la tombe un instant.

"Revenir au début pour conclure l'histoire. Belle image..."

Chapitre V.II.:

Elle changeait de regard, ses yeux se rivant un instant sur l'aurore qui touchait bientôt à sa fin. Elle soupirait, revenant observer mes yeux comme si ils lui étaient étranger.

"C'est bien la première fois que je vois quelque chose sortir de ce regard...
Quoi ?
Je ne sais pas trop... "


Le moment devenait gênant. Elle, elle avait les yeux rouge, signe distinctif d'une tristesse qui lui pesait bien plus que ma peine du moment. A vrai dire, j'étais habitué à ça... Apparemment, elle ne l'était pas.

"Tu pouvais pas m'appeler sur mon portable Hawks ?
Désolé... J'ai pas retenu le numéro.
Passer par une de mes filiales légales, c'était sacrément osé... A croire que t'as du mal à voir les enjeux. Autant se dessiner une cible dans le dos.
Elle y est déjà...
Hawks !
Je sens de l'énervement dans ta voix...
Non, sans blague ?!"


Son ton haussait petit à petit. Mais je n'avais pas trop le choix. Mon seul moyen d'entrer en contact était de passer par un numéro de l'une de ses entreprises qui lui servait de couverture légal. Un moyen peu recommandable quand tout est sur écoute. A l'entendre, je venais de commettre la plus grosse erreur de ma vie... A l'écouter, c'est elle qui avait sacrément foiré.

"Evidemment... Sheyla ne s'en est pas sorti hein ?
Comment voulais-tu qu'elle s'en sorte ?
Bonne question. "


Je partageais sa peine un instant, se rappelant que rien ne serait arrivé si j'étais mort ce jour-là dans le désert. Cette forme de culpabilité me reprenait peu à peu, elle qui n'avait jamais fait son apparition dans ma vie antérieure. Jessy venait sortir un papier de sa poche, me le tendant dans un silence oppressant.

"Qu'est ce que c'est ?
Un message intercepté de ton téléphone. L'adresse devrait te satisfaire.
C'est l'adresse de qui ?
J'ai vérifié et... Tu le découvrira bien assez tôt. Même si tu devrais déjà en avoir une idée."


Je regardais rapidement le papier, lisant l'adresse en fronçant les sourcils. Un seul nom sortait de mon esprit devant la vue de cette simple ligne manuscrite.

"Qui a envoyé le message ?
Ethan Kaulins.
Je te remercie..."


Et le silence reprenait le dessus... Ce n'était pas le moment, mais je brûlais encore d'envie de lui poser énormément de question. Je fixais la tombe un instant, hésitant à ouvrir la bouche, tandis qu'elle comprenait déjà où je voulais en venir.

"Elle n'aurait pas dû être retrouvé. Mais la taupe qui a vendu l'adresse est morte.
Qui l'a tué ?
Shawn."


Si ce n'était pas moi, c'était forcément Shawn. Une autre loi ridicule sur le sens de ma vie.

"Et Quantico ?
L'agent du FBI ? Morte... Et on n'a pas retrouvé sa fille..."


Elle soupirait un instant, se retournant brusquement avant de prendre la voie de la sortie. Je venais l'interpeller de ma voix encore fatiguée:

"Hey.
Quoi ?
C'est comme ça que tout se termine ?"

Chapitre V.III.:

Elle haussait les épaules, sans vraiment d'arguments. Elle ne se retournait pas, se contentant de me fixer du coin de l'oeil.

"Tu préfère que je te tue ? J'ai huit snipers de couverture en place qui peuvent s'en charger...
Il y a beaucoup de choses qui manquent à la conclusion de cette histoire.
Comme quoi ?
Comme par exemple... Qui était le type qui a payé tout mes soins et qui m'a rendu visite à l'hôpital ? Qui est ce qui m'a laissé une fleur dans un vase et un mot ? Pourquoi Sharon bossait avec toi et le FBI ? Et bon sang, pourquoi t'acharner à me sauver à en sacrifier ta soeur et ton beau frère ?
La première question... Ca ne te regarde pas... La seconde, tu le découvrira toi même... Et la troisième... Disons que le FBI a profité de la curiosité de ta soeur... Pour la dernière, je dirais que t'étais un contrat qui valait deux fois ce que j'ai dans mon portefeuille.
Tu n'avais pas anticipé de telles pertes hein ?
Je n'avais surtout pas anticipé le fait que ce soit de Toro qu'il fallait te protéger..."


Ca faisais cher le morceau de viande dans un état de légume. Elle n'apportait pas vraiment de réponse, mais au moins, je savais que je ma mort valait suffisamment cher pour que ma survie vaille le double. J'étais devenu une valeur... Un objet... Qu'on jetait sur le dur marché des contrats d'assassinats.

"Une dernière question... Je vaux combien ?"

Elle venait ricaner, laissant la lueur dans ses yeux reprendre le dessus et le sourire se dessiner sur son visage.

"Crois moi Hawks... Tu ne vaux pas encore assez par rapport à tout ce que t'as fais.
C'est cool à entendre... J'imagine."


Elle laissait le silence répondre à sa place, reprenant la route de sa sortie. Et avant que son image ne disparaisse dans le contre-jour, elle venait ajouter d'un air sage:

"Le papier que tu as dans la main... Si c'est ce que je pense... C'est le meilleur cadeau qu'on puisse te faire. Pour la mémoire de tout ceux qui t'ont supporté dans tes emmerdes... Je te conseil de le prendre.
Un bien sage conseil dans une bien drôle de situation.
C'est à dire ?
Un cadeau de plusieurs organisations criminelles à l'ancien flic qui a ou qui aurait pu pourrir la vie de chacune d'entre elles. Le bien et le mal qui s'unifient, hein ?
Il n'y a pas de bien et de mal Jason... Il y a juste... Un texte qui crée cette sorte de limite... Et les gens qui décident de quelle côté de cette limite ils se trouvent. T'en es la preuve vivante après tout... Combien de fois tu as fait du mal pour faire le bien ?"


Elle n'avait pas tort, je lui admettais bien ça. J'haussais les épaules, fixant la tombe de Sharon, laissant l'ombre de Jessy disparaître. Un dernier hommage, une dernière larme... Et je repartais à mon tour vers l'extérieur de l'enceinte. J'arrêtais le premier taxi venu, venant monter à l'arrière. Il était temps de mettre un terme à cette histoire, alors que le soleil commençait son apogée dans le ciel.







Chapitre VI.I.:

Le taxi venait me déposer sur Richman. On changeait clairement de décors, une fois atteint les hauteurs de Los Angeles. L'air redevenait respirable, et le soleil parvenait à déchirer les nuages qui venaient se dresser là, sous l'amas de dioxyde de carbone accumulé par la ville qui ne dort jamais. Je détournais le regard sur cette ville, passant ma main dans ma barbe. Une barbe en mauvais état dont je n'avais pas vraiment eu le temps de m'occuper ces derniers jours. Les cheveux n'étaient pas plus entretenu, mais toujours plus présentable qu'ils ne l'étaient à une époque. Je fixais cette ville dont la population grouillait dans les rues et leurs voitures, voyant le destin de chacun dans sa continuité, jusqu'à ce qu'une balle vienne en stopper un sur trois dans leur élan. Telle était la dure vie de Los Angeles. Mais après tout, ça ne me concernait plus vraiment... Je n'avais plus le corps et l'esprit à aller pourchasser du criminel, et ma quête de la rédemption voyait des objectifs nouveaux se présenter à moi.

En ces hauteurs, le son des klaxon étaient moindre... Les villas s'accumulaient les unes sur les autres à un espace de 400 mètres chacune. On était bien loin des blocs d'appartements miteux des fonds de la ville et des maisons s'entassant les unes sur les autres. Je venais marcher tranquillement, les deux mains dans les poches... J'étais dans le quartier le plus calme, mais qui ne m'était pas le moins hostile. Là où il y a de l'argent, il y a de la magouille, et bon nombre de ces propriétés appartenaient à des hommes et des femmes que j'avais pu contrarier à un moment de ma carrière. Je les revoyais tous, me dévisageant pendant une soirée de la haute sphère où je ne me plaisais qu'à leur rappeler pourquoi ils étaient riche et pourquoi j'allais les rendre pauvre. Ca me faisait doucement sourire... Et je continuais ma marche, regardant avec envie ces enfants qui se complaisaient dans leur montagne de billets comme bac à sable. Le ballon de l'un d'entre eux venait s'envoler dans les airs, tandis que le gosse me dévisageait, alors que je traçais ma route tranquillement, cherchant à passer à travers le chemin des riches et des privilégiés.

Richman voyait sa limite atteinte. De l'autre côté de la colline, des montagnes et des pleines immenses à pertes de vue, dont les propriétés qui s'érigeaient là n'avaient rien à envier à tout les quartiers riches de la ville. J'étais à la bordure de Los Angeles, contemplant au loin la maison que je cherchais à rejoindre... A pieds... Je réfléchissais un instant, me disant que j'aurais pu demander au taxi de m'emmener jusque là bas, mais j'avais du mal à imaginer la situation si je l'avais fait. Et je me suis souvenu ensuite que l'argent que je n'avais plus ne me permettait pas un trajet aussi long... Au moins, ça me permettait de réfléchir et de contempler un soupçon de vie. La journée commençait calmement alors que les arroseurs automatiques venaient s'enclencher pour leur parade de la fin de matinée. Les deux mains dans les poches, je continuais ma progression lente, les boitements me faisant perdre de vue les bienfaits de la randonnée. Et je continuais de marcher l'heure suivante, le Soleil surplombant le Monde, sa lueur claire prenant le dessus sur la vallée.

Chapitre VI.II.:

Le propriétaire avait de l'argent, et il ne s'en cachait pas. Un véritable palace à la frontière de la ville, dont la cour donnait vue sur une bâtisse qui en ferait pâlir le meilleur des architectes. Evidemment, des hommes de gardes à tout les recoins, alors que les berlines étaient gentiment garé devant l'entrée. Ca faisait une bien grande maison pour un seul homme. Je venais rattraper le papier qui s'enfuyait dans ma poche, constant que l'adresse à laquelle je me trouvais était bien la bonne, avant d'approcher du portail. Il n'y a pas à dire, je faisais clairement contraste entre l'épave aux habits dépravés que j'étais, face à ces hommes dont l'allure était parfaite jusqu'au noeud de la cravate. Des styles à l'anglaise clairement bien défini, alors que les hommes braquaient en toute impunité leur arme en ma direction. Je n'étais pas le bienvenue en ces lieux, ou alors ils n'étaient pas au courant de ma venue. A vrai dire, moi même je ne savais pas ce que j'étais venu faire ici dans mon état. L'accomplissement de deux ans de recherche remis en question par quelques blessures potentiellement mortelles mais qui ne m'avaient valu qu'une douleur supplémentaire à la longue liste que je subissais.

"Demi tour le clochard.
Non, je viens voir papy.
Je te demande pardon ?"


Les deux hommes se regardaient sans vraiment savoir quoi en penser. J'étais dans le même état d'esprit, ça équilibrait la balance.

"Fitzermann...
Ca va pas être possible...
Joker...
Quoi ?
Jason Hawks ?"


Et le temps venait s'arrêter en une fraction de seconde, alors que je fermais les yeux en espérant qu'une balle ne se colle pas entre. Je levais doucement les mains en grimaçant, attendant le moment fatidique qui me conduirait à faire demi tour jusqu'au bas fond de la ville... Au sens littéral du terme. Finalement, mon bras venait être saisie, les hommes me faisant entrer dans la cour, m'accompagnant jusqu'à l'entrée sans qu'un signe d'hostilité ne soit apparent. Tout les gardes me voyaient approcher, telle une parade de mode. J'avais l'air d'être sacrément connue dans le coin, et il y avait de quoi. Je venais rendre visite au père dont la fille était morte pour une raison stupide et par ma faute. J'aurais mérité de me prendre le chargeur de chacun des automatiques présent... Il n'en fut rien.

Je finissais par me retrouver devant l'entrée de la maison, dont la musique à l'ambiance Jazz se défilait, laissant la chaleureuse ambiance d'un hall d'entrée trop grand m'englober complètement. La bâtisse était aussi belle de l'intérieur que de l'extérieur, et l'homme qui se présentait face à moi était à la hauteur de cette prestance.

Chapitre VI.III.:

"Finalement... Vous devriez investir dans une carte et un trèfle à quatre feuilles."

Il tenait dans sa main un verre dont le contenu alcoolisé devait représenter à lui seul mon salaire annuel, s'amusant de ma situation. Il représentait l'archétype parfait de l'anglais qui en avait plein les poches à ne plus savoir quoi faire de ce qui en tombait. L'autre main enfouit dans l'une d'elle, il descendait son escalier, buvant une gorgée, me lançant un regard froid et calculateur. Il réfléchissait sûrement aux motivations qui pouvaient me pousser à finalement me montrer ici, et surtout dans mon état. J'étais inoffensif. Je devais présenter une menace bien moindre de celle qu'on aurait pu lui conter.

"Bonjour."

Non mais sérieusement... Je n'avais rien trouvé de mieux que de commencer cette conversation comme si j'étais venu me présenter aux beau-parents un dimanche midi... Il se contentait d'en sourire, voyant sa grandeur écraser mon égo.

"Enchanté Monsieur Hawks."

Il gardait ce même sourire, tendant sa main libre, alors qu'il continuait de me fixer dans les yeux, ses lèvres se déposant sur son verre. Il venait lubrifier son oesophage du précieux liquide qui se trouvait dans le verre, alors que je venais serrer sa main avec la plus grande des méfiances. Je n'étais pas encore mort, ça devait probablement être un exploit. Je ne comprenais pas vraiment si c'était un ennemi, ou un ami, ou tout autre chose. Je me contentais de suivre le mouvement en espérant ne pas me faire découper pour le repas du soir.

"De même... J'imagine.
Retirez moi cet air suspicieux, à croire que je vous fais peur.
Ca se pourrait.
Je croyais qu'il n'y avait rien qui pouvait vous effrayer.
Les histoires qu'on raconte sur moi... Et bien... Ce ne sont que des histoires.
Je vois..."


Le silence revenait planer dans le hall d'entrée, dont seule la musique continuait de résonner à travers la pièce. Il haussait les épaules, faisant demi-tour, repartant en direction de son salon sans même m'y inviter. Une sorte de tension palpable un peu trop incompréhensive... Il fallait finalement que je prenne la parole. C'était sûrement le moment ou jamais d'accomplir l'objectif de toute cette histoire.

"Ecoutez monsieur...
Fitzermann... Mark Fitzermann.
Ouais... Je suis désolé pour la mort de votre fille.
Et ?
Et quoi ?
C'est un peu léger non ?"


Je n'étais pas vraiment doué pour ce genre de choses... Et là, je me sentais bien embarrassé devant une telle réponse, tandis qu'il détournait les talons, reprenant son air froid, alors que le sourire avait disparu de ses lèvres. Je grimaçais, voyant ma situation devenir de plus en plus instable et imprévisible.

"Oui j'imagine que... Ouais... Un peu léger...
Si vous voulez faire des excuses à quelqu'un monsieur Hawks... Il serait peut être préférable de les faire à la bonne personne.
Je vous demande pardon ?"


Il me pointait du doigt... A moins qu'il pointait ce qu'il y avait derrière moi. Je venais me retourner rapidement, constatant cette femme accoudée contre le mur, qui venait tout juste de sortir de la pièce derrière elle. Le même air que le vieux, dont les bras croisés marquaient clairement un renfermement... La personne qui voulait me voir sans avoir à y mettre une quelconque forme d'intimité.

"Honnêtement Hawks... J'avais presque perdu espoir. Aurais tu fini par comprendre ?"

Les yeux grands ouverts, je revoyais un fantôme... Celui qui m'avait conduit à venir jusqu'ici à travers deux années de galères pour m'excuser de sa mort qui n'en était finalement pas une... Elle se dressait face à moi... Kaya Fitzermann se dressait face à moi.

"Sometimes we can fall... I'll raise you up again..."



Dernière édition par Azelat le Jeu 09 Nov 2017, 21:33, édité 1 fois
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Re: Jason Hawks - [Livre III "Rising"] - 2e Partie - Aurora

le Mer 01 Nov 2017, 15:59
Weee Chapitre 1 ! \o/
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Re: Jason Hawks - [Livre III "Rising"] - 2e Partie - Aurora

le Jeu 02 Nov 2017, 20:56
Oh ! Chapitre II.
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Re: Jason Hawks - [Livre III "Rising"] - 2e Partie - Aurora

le Dim 05 Nov 2017, 20:17
Chapitre 3 et 4.
2 Chapitres restants.
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Re: Jason Hawks - [Livre III "Rising"] - 2e Partie - Aurora

le Jeu 09 Nov 2017, 21:34
Chapitre V et VI.
End.
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