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Prénom_Nom: Ethan_Kaulins
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Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Sam 16 Sep 2017, 16:52






"Elle me regardait là, dans cette dernière lueur d'espoir que je venais teindre de noir en ne la quittant pas des yeux. Un acte irresponsable, un vide béant. Qui pouvais-je être comme monstre pour la voir souffrir sans détourner la vue. J'avais l'impression d'entendre un violon déchirer ses cordes sur un final crescendo en duet symphonique. Elle me détesterai surement jusqu'à la fin de sa vie, comme tous ceux qui étaient encore en vie."











C H A P I T R E 9



Images:
Dans ce calme morbide, la pièce principale ne laissait que peu de lueurs traverser les planches accrochées à la hâte aux fenêtres de la bâtisse. La poussière s'y était installée depuis des années auparavant, et les draps blancs avaient jauni avec le temps. Mes clés venaient rompre ce silence en heurtant la commode de l'entrée alors que Cal décida d'avancer la première, plus insouciante qu'un enfant qui apprend à marcher. Le plancher pouvait céder à tout instant et je priai intérieurement de ne pas me casser un autre membre inutilement. En face de nous se trouvait un nombre conséquent de documents dont la valeur judiciaire allait de - pas intéressant - ennemie publique numéro un. C'était une mine d'informations que la petite au Lys s'était amusée à regrouper. Mon boulot aurait pu être nettement plus facile.

Qu'est-ce que c'est toutes ces photos?

J'avais envie de la gifler avec un élan de meurtre. Une gamine capable de porter et charger un .44 Magnum n'était pas en mesure de voir ce que cette séries d'images accrochées à un mur pouvaient raconter. J'étais moi-même stupéfait de voir qu'une enfant qui avait à cette époque dix-huit ans, avait réussir à réfléchir sur tout ce qui c'était produit durant les trente dernières années. Kaya n'était pas conne. Elle aurait pu devenir quelqu'un de dangereux et je n'aurai pu rien y faire, si elle n'avait pas pris une balle de sniper dans les rotules.

Hein Ethan, c'est quoi ces photos?
- La folie.
- Hein?


Mes yeux ne se retiraient pas des liens qui se croisaient entre chaque visage, entre chaque article de journal, entre chaque recensement juridique. J'étais ébloui dans une masse de merde. Si les hommes cherchent des réponses aux questions de la vie, je voulais me crever les yeux aujourd'hui pour oublier ce que je venais de voir. Cal, putain d'innocente observait chaque portrait, un index sur les lèvres, dubitative à me rendre idiot, elle ne comprenait rien. Naturellement. Allez bourrer le crâne d'une fillette d'histoires sordides aux images terrifiantes: Massacre de Marina Bay, Peintre de Downtown, Les Irlandais de Market, Les Londoniens de Pershing Hwy, La guérilla de Collinas, Les Espagnols de Corona, Les cuves du Vinyl, Le phare de Los Angeles... Tant de groupes aux litres de sang déversés pour des causes égoïstes. Tant de morts et de couvertures.

On était devant l'histoire du crime pour rechercher le père d'une orpheline calibrée. Et je voulais tout oublier.


Vieillard:
Mon corps me faisait comprendre qu'il était temps pour moi de mettre à profit mon cerveau une nouvelle fois. Sobre, j'arriverai certainement à mieux réfléchir le cul poser sur le sofa du salon. Je remuais la poussière qui commençait à dater, m'étouffant dedans, disparaissant dans ces contes d'une décennie. Ma mémoire faisait le tri des informations que j'avais déjà dans un coin de mon crâne tandis que j'assimilais tous les petits détails qui m'avaient échappé. La gamine continuait de me regarder dubitative comme jamais. Quelques secondes de trop et j'aurai pu me perdre dans l'innocence de son regard. Mais le sang et les larmes avaient marqué ce mur et ces photos. Même la police ne devait pas forcément être au courant.

Tu fais quoi Ethan?
- Je cherche ton père.
- Assis comme ça?
- Ne me parle pas.


Elle laissait un soupir vexé s'entendre. Elle repartait en trainant de moitié le talon de ses chaussures en montant les escaliers tandis que j'essayais de comprendre ce qu'un Caldwell avait à faire dans une histoire de parenté. Alors que mes doigts se joignaient entre eux et que mon cerveau entrait dans sa phase d'ébullition, j'avais de nouveau envie d'envoyer Cal auprès de Kaya rapidement.

Ethan??
- Quoi!
- Tu... Tu peux monter?


C'était bien plus qu'une simple garderie. C'était une mise à l'épreuve constante de mes nerfs déjà bien à vifs. Je songeais réellement à la prendre et la jeter du haut de l'étage, la tête la première pour le fond, les jambes en moins pour la forme. Le canapé expira de soulagement lorsque mes pieds me soutenaient une nouvelle fois. J'avais l'impression que mes épaules allaient se détacher de mon corps. Chaque planche de l'escalier était un danger à gravir. Elles pouvaient céder à n'importe quel instant en me laissant atterrir dans une cave, dix mètres plus bas.
Je prenais le couloir qui dévoilait trois portes et une seule ouverte.

Ecoutes fillette, je suis pas là pour te garder donc tu pouvais me d-...

Ma main avait saisi d'un geste trop connu l'arme qui se situait dans mon holster. Mes pupilles s'étaient suffisamment contractées pour que je sente mes yeux s'épuiser de l'effort. Cal était là, de dos, les mains en évidence. Alors que derrière-elle se dévoilait un vieillard à la moustache blanche qui contractait avec le teint halé qu'il portait. Dans une comparaison simple, la puissance de feu qui nous différenciait était simple: il était armé d'un SPAS 12, visiblement chargé et posé sur ses genoux alors que je n'avais qu'un Glock 17 en guise d'argument.

Ca faisait une éternité que je n'avais pas reçu de visiteurs.

Il toussait si bien que c'en faisait presque parti de sa phrase. Il était plus proche de la fin que l'ont pu être beaucoup de vieux et pourtant, il arrivait à maintenir sur son arthrose une arme d'une dizaine de kilos.

Vieillard, on n'est pas là pour te voler. On se pose juste une nuit ici et demain on disparait. Donc si tu pou-...
- Ton nom le jeune.
- Tire pas sur la fille hein papy...
- Donne moi ton nom.
- Kaulins... Ethan Kaulins.
- Et elle?
- Elle s'appelle Cal.


Il nous dévisageait du fond de sa myopie en alternant ses yeux sur chacun d'entre nous. Il soupira sur sa chaise à bascule puis se redressa tant bien que mal face à nous. Malgré son âge ses cheveux tenaient toujours sur son crâne, dévoilant même une mèche qui signalait qu'ils tenaient encore bien sur sa tête. Le fusil pendait le long de ses jambes, il ne semblait pas menacé par une arme de poing braqué face à lui.

Rital:
Vous foutez quoi dans la maison de ma femme?

A cet instant précis, le temps se figeait. J'observait attentivement le mort vivant, et essayait de comprendre le lien qu'il y avait avec Fitzermann. J'explosais de rire intérieurement. Kaya avait des gouts particuliers mais de là à se trouver un homme à l'article de la mort, c'était quelque chose que je n'arrivais pas à concevoir. C'était surréaliste.

J'attends une réponse.

Il relevait son arme face au visage de Cal décidément dans la merde. Et le plus important dans cette situation, c'est qu'il semblait le plus sérieux du monde. Elle devait particulièrement l'aimer pour se mettre avec un homme qui aurait pu être deux fois son père.

Deux fois son père.

C'est là où l'on voit à quel point l'homme est fort dans sa survie.

C... Co...
- Une réponse gamin.


Si dans toute ma vie j'ai appris que les sociopathes sont fort dans l'adaptation au sein de la société, là où j'avais été le plus surpris était lorsque j'avais appris que certains d'entre-eux pouvaient même entretenir des relations dignes des familles les plus soudées et clichées du monde. Et on m'avait toujours parlé de ce trio Toro-Fitzermann-Caldwell, mais rarement du duo qui avait anéanti le leader rital implanté sur Marina et qui était néfaste au développement des Londoniens.

Cologa. Parent de Mia, cadette de la famille après Lorenzo. Grand parent de Kaya.

Si tous étaient maintenant six pieds sous terre à ne faire qu'un avec les racines à en pourrir les chênes d'Oak Spring, lui était encore particulièrement vivant pour l'occasion et plutôt menaçant.

On cherche son père et je savais que beaucoup d'infos étaient encore ici.
- Hein? Vous parlez du mur du salon?
- Ouais c'est ça, entre toutes les personnes il doit y avoir le père de la petite.


Il venait ricaner alors en continuant quand même de nous braquer du bout du canon. Encore une fois sa toux se mêlait bien à sa manière dont il avait de se foutre de nous. Et comme un bon toutou, je ne rétorquais pas. Si j'avais appris que Fitzermann père de Kaya était dangereux, je savais que Cologua, mari, associé, rival et veuf d'Elizabeth "Effy" Fitzermann était encore plus dangereux que tout le groupe Londonien sur la gueule.

Ecoute attentivement petit. Quittez cette maison, prenez vot' caisse et tirez-vous d'ici sans même oser regarder dans le rétroviseur.
- Mais...
- Je sais de quoi vous êtes capables vous les Kaulins. Jamais j'aiderai un rejeton indigne.


Il relevait de nouveau son arme dans notre direction en souriant comme un rital heureux de pouvoir plomber des immigrés. Alors que je soupirais, Cal baissa les bras et pris les devant pour rejoindre la porte d'entrée alors qu'on se constatait encore dans le blanc des yeux. Mon éthique me forçait à respecter les morts et les endeuillés.

Je suis désolé pour Kaya, mes condoléances monsieur Cologa...
- C'était une fille bien. Dites ça à son père.
- Mark...
- Vous avez le don de vous mettre les hommes dangereux sur le dos vous les Kaulins.
- C'est une longue histoire.
- Tirez-vous avant que je l'abrège.






C H A P I T R E 10



Plein:
Le moteur grondait sur les kilomètres qu'on avalait, je devais m'arrêter rapidement pour faire un plein histoire de ne pas se dire perdus en plein milieux de la forêt. Alors que je faisait un crochet dans une station paumée, en plein milieux d'Oak Spring, je venais interrompre mon action sur la poignée de la pompe pour y décrocher mon téléphone qui n'arrêtait pas de sonner depuis dix minutes.

Ethan.
- J'écoute.


Evidemment, ça ne manquait pas. Tia encore plus froide qu'un mort venait prendre de mes nouvelles. C'était bien la dernière chose que je voulais faire dans ce genre de situations. Dire comment j'allais, dire que j'étais une fois de plus dans la merde, et surtout, dire que je ne savais pas où pouvait bien se trouver Jason pour satisfaire ses peines de coeur.

Le LAPD à ouvert une enquête de multiples homicides impliquant un règlement de compte. Toi et Jason... Vous êtes... Vous êtes tous les deux dedans, surtout après l'explosion de ton appartement...

Mon crâne commençait de nouveau à me faire mal. Si je n'étais pas suffisamment occupé pour ne pas reprendre l'uniforme en ce moment, il fallait que ceux qui l'avaient m'en veuillent indirectement. Le karma est une belle pute qui vend son corps aux mieux placés.Je me frottais les yeux nerveusement sous le regard de Cal qui entendait mon soupir au travers de la fenêtre du seven-eleven. Ce n'était pas comme si ma vie, mon travail, et une gamine était en danger, il fallait aussi que mon équipe retourne sa veste bien comme il faut.

T'as l'air d'en savoir plus que moi.
- Aux dernières nouvelles, c'est une boucherie à la dernière rave des Rednecks.


J'observais les alentours en continuant de vider mon portefeuille dans l'essence. Mes yeux se perdaient sur les grands pins qui nous entourait alors qu'il me fallait une indication de là où je me trouvais. Deux cent mètres plus loin, le saint panneau me permettait de me repérer, j'étais encore heureux d'avoir des yeux en parfaite forme à contrario de mon corps. Je reprenais la conversation, nonchalant par habitude.

Et?
- Quoi et?
- Si tu m'en parle c'est que tu veux que j'aille voir.
- C'est ça. Le Sheriff est pas encore au courant pour toi et Jason.
- Si il l'apprend avant que j'arrive?
- Tu t'en sortira.


Elle me raccrochait au nez. Une gamine qui avait tout pour se faire bouffer dans la rue avait fini par me donner des ordres simples et s'était permis de finir la conversation alors que je replongeais mon smartphone dans ma veste. Dans mon champ de vision était tendu un sandwich à valeur marchande trop faible, mais ça me suffisait. Cal était une fois de plus dans l'innocence de son regard, un parfait contraste entre ce qu'elle était et ce qu'elle montrait.

Manger et conduire en même temps était quelque chose d'insatisfaisant.

Do not cross:
La zone était bouclée par ces banderoles jaune fluo. Personne dans les environs et simplement le bruit du vent déplacé par l'onde sonore des portières de ma voiture. Comme l'inspecteur que j'étais, je m'allumais une cigarette en face de la démarcation. L'endroit était délabré et l'odeur de mort se mêlait bien à la fondation pourrissante de la boite clandestine. Cal m'observait comme une découverte nouvelle. Sous mon alcool et ma gueule négligée, se trouvait un inspecteur de police de toute évidence pas totalement rangé dans le casier. Un simple geste me fit passer sous le bandeau de délimitation et je pénétrais maintenant hors de ma juridiction, si il m'en restait une. Entre le chaque marquage, j'observais les restes de poudre, de traces de pas et de sang, qui de toute évidence, démontrait bien qu'une personne s'en est sortie.

Arrivée dans l'enceinte, le spectacle était tout autre. Tout ressemblait au cliché de la fusillade. Des corps un peu partout, des armes qui n'étaient pas réellement légales, une odeur de sang séché et celle de ma clope qui laissait tomber le trop plein de cendres sur le crâne d'un cadavre, ou du moins ce qu'il en restait. Je me tournais en direction de Cal en grimaçant. Si la gamine portait un flingue et avait tout d'une tueuse, je venais de comprendre que son regard innocent n'était pas une facette de sa personnalité. Ses tripes venaient de lâcher un sandwich durement payé une heure auparavant dans un coin de la salle. Elle se tordait les boyaux de sa main gauche et un deuxième relent s'entassait sur le premier.

Cal.
- Quoi!
- Tu n'as jamais vu de morts?


Elle tournait la tête en ma direction, quelques larmes de l'effort en trop sur sa joue. Je l'aurai prise en pitié, si j'en avais. Ses sourcils froncés et ses yeux brillants elle venait faire un "non" assez simple de la tête. J'en perdais les mots.

Dis moi... T'as déjà tué quelqu'un?
- Non!
- Hmm... Et ton arme alors?


Elle s'arrêtait nette. Elle constatait son .44 Magnum à la ceinture avant de soupirer, m'avouant qu'elle s'en était jamais servi. Chose que je ne comprenais pas. Pourquoi avoir une arme chargée si ce n'était pas pour s'en servir. J'osais espérer qu'elle savait au moins comment retirer la sécurité et armer le chien, mais je trouvais inutile l'occasion de lui poser la question.

Ma main droite frottait le haut de mon crâne. Je réfléchissais à l'origine des coups de feux, le pourquoi de cette fusillade et comment ça s'était terminé. En constatant les escaliers, je devinais qu'un bureau se trouvait au bout de ce dernier. Quelques éclaboussures de sang sur le mur, qui provenaient certainement d'une épaule ou du haut d'un bras. Cal m'attendait sagement à l'entrée du club clandestin tandis que je me mêlais un peu plus aux morts et au sang. Il n'y avait pas de cadavre supplémentaire dans ce bureau, seulement un trop grand nombre de rangers. Quelques gouttes de sang surplombaient le bureau et j'avais compris que ça ne s'était pas achevé ici.

Les agents étaient arrivés au paroxysme de la situation, laissant le ou les tueurs sur leur faim. D'où les traces de sang à la sortie. Je plongeais mes mains dans le fond de ma veste, extirpant mon téléphone, composant de nouveau un numéro trop bien connu de mon répertoire.

Blueberrys Quarter:
Alors?
- Tu sais qu'il manque des morts quand même?
- Je m'en doutais.
- D'ailleurs pourquoi tu voulais que j'aille voir?
- Ca te fait pas un tilt dans ta tête?
- Je devrais?
- Le bureau du Sheriff est arrivé à temps, ils ont embarqué Jason.


Evidemment, j'étais à la traine depuis quelques temps au niveau des informations qui circulaient sur la toile. Je raccrochais en la remerciant de la nouvelle puis je venais consulter mon smartphone en guise de journal. Los Angeles était animé comme un feux d'artifice oriental en fin d'année. "Attentat sur Pershing Square! Le commandant du LAPD disparu!", "Vendetta orchestrée par le chef du LAPD! Oak Spring en sang!". Je n'aurai pas été surpris d'un "que fait la police" placé entre les deux gros titres. Mon appartement était vilain à voir et j'observais la gamine aux vomis d'une manière accusatrice. Elle souriait alors, non pas mécontente d'être sorti de la masse de cadavre du club clandestin. Je venais ranger mon portable en soupirant comme accablé par la vie, me grattant le fond de la barbe avant de réfléchir un peu plus à ces coïncidences. Cal ne m'avait pas attendu pour remonter dans la voiture, mettant ma clé usb en marche. Mes enceintes pleuraient sur la fonction "super bass" et je pleurais pour l'intégrité de la carrosserie qui vibrait à chaque percussions.

De nouveau en train d'avaler les kilomètres, je songeait à Jason et son massacre. Pourquoi s'attaquer à des rednecks qui revendent de la coupée dans les bas quartiers de Blueberry. Je prenais la direction de cette bourgade en espérant trouver quelqu'un qui serait en mesure de m'indiquer le chemin pour comprendre. Cal a son habitude se laissait bercer en voiture en constatant le désert derrière les séries de pins. Je ne voulais pas y penser, encore moins au hangar qui se trouvait en plein milieux. C'était comme accepter soit-même de se planter un couteau dans la gorge. Je m'arrêtais près du carré de Blueberry. Lieu phare pour la vente de cocaïne et le viol d'adolescentes encore plus proche de la primaire que du collège. J'étais dévisagé, mais ils me connaissaient bien par ici; avant d'être flic, j'étais l'homme à tout faire.

T'as plus rien à faire ici Kaulins!
- Je sais, je sais!


C'était évident d'ailleurs. A part pour embarquer quelques uns de ces types qui se trouvaient désormais collés un peu plus les uns sur les autres, je n'avais aucune raison de venir dans un lieu que j'avais rejeté. Néanmoins ils savaient que je n'étais pas armé, tout comme le fait qu'ils ne pouvaient rien faire à mon encontre. Ils regardèrent la gamine assise en tailleurs sur la place passager de la Shelby. Quelques vannes inutiles, des ricanements étouffés dans une toux grasse, et leur journée s'en voyait meilleure.

Tu cherches quoi ici? C'est pas ton genre de retoucher à la blanche.
- Disons que j'ai quelques questions.
- Quoi, tu nous soupçonnes d'un truc?
- Vous avez entendu parler de la dernière rave hein?
- Le bain de sang... J'ai perdu mon cousin là bas...
- J'suis désolé pour toi... Mais t'aurais eu des échos sur ce qu'il s'est passé?
- Un bain de sang je t'ai dit...
- La raison pour laquelle ça s'est produit?


Il soupirait avec ses petits copains. Il devait clairement éviter de parler et à part à cause de Shannon, le nombre de grandes têtes ici n'était pas grand. Je ne voulais pas insister plus que nécessaire et ils l'avaient bien compris. Dans ces cas là, je me surprenais moi aussi de ne pas avoir encore été tiré dessus, ou m'être battu pour défendre ma position. Mais il faut croire que l'humain connait ses limites. Je n'étais pas capable de plus actuellement, et je ne voulais pas me tuer dans une crise existentielle. Je remarquais alors qu'il désignait un journal posé sur un banc quelques seconde auparavant. Il se grattait l'arrière du crâne en soupirant alors avant de repartir dans les blocs d'où il venait. Sans plus un mot, je m'était retrouvé alors seul dans un lieu qui n'était pas pour moi. Les mains dans les poches, je rejoignais le banc, ramassant le journal sans le constater. Je relevais les yeux une dernière fois en direction des habitations, personne ne me regardait. Un simple pickup sans réelle couleur s'était arrêté quelques mètres plus loin. Une femme en sortait et ce n'était pas Shannon. Je comprenais lentement le lien de la fusillade. Mes yeux rejoignaient l'écriteau sur le journal, un message simple et concis: "C'est les anglais."

Il n'y avait pas beaucoup d'anglais qui venaient jusqu'ici. Je remettait le contact de ma berline en soupirant un peu plus. Les Fitzermann étaient liés à la fusillade.




C H A P I T R E 11



Interlude:
Donc Fitzermann serait lié au bain de sang?
- J'en sais rien... A vrai dire j'ai un détail qui me reste dans le coin depuis ce midi...
- Détail qui est?
- Ils ont embarqué Jason directement depuis le club tu m'as dit.
- Ouais.
- Sauf que c'est apparemment la faute aux Anglais l'histoire.
- Hmm.
- J'ai juste l'impression que Jas-...


Une vilaine habitude que voilà de me raccrocher au nez sans que j'ai l'occasion de finir ma phrase. Mais elle venait clairement de comprendre où je voulais en venir. Je consommais ma cigarette au même rythme que mes réflexions qui s'enchainaient. Et ça me faisait clairement chier.

Qu'est-ce qu'il se passe?
- Hmm?
- Bah je sais pas. Tu tire une tête c'est chaud...


Elle était sortie avec la moitié de mon sandwich que j'avais laissé pour l'occasion. Vomir lui avait donné faim et c'était tant mieux. On était désormais à quelques vingtaines de kilomètres du club et de Bluberry. Perdus entre les oiseaux et les fougères bercées par le vent. Ce n'était pas le top pour réfléchir, mais au moins on profitait de la nature.

Alors?
- Un problème en second plan rien de plus.


Si encore il pouvait rester en second plan, ça m'éviterai bien des emmerdes. Malheureusement je ne pouvais pas m'empêcher de penser que Jason s'était embarqué dans une histoire de laquelle il ne se remettrait pas. Il me restait huit pour cent de batterie sur mon téléphone et le réseau était à mourir la gueule ouverte ici. J'avais pourtant un nouvel appel à passer et j'aurai été bien arrangé d'avoir une réponse plutôt que les trois bips qui signifiaient bien que les satellites m'avaient perdu. Je voulais avoir les réponses que j'attendais, ça me permettrai au moins de me concentrer sur ce que je voulais faire passer en premier. Retrouver un père inconnu ou éviter que le dernier élément qui garantissait la vie épanouie d'une japonaise finisse troué de toutes part.

Je levais le bras au ciel, tenant mon téléphone, et dévisagé par la gamine qui engloutissait mes économies dans le creux de sa bouche. Je recomposait le numéro, espérant qu'un satellite s'égare, me retrouve et disperse ma position sur les réseaux.

Kaulins... Je me demandais justement quand vous comptiez m'appeler...
- Heureux de l'apprendre le vieux...
- Comment vous en sortez-vous avec Cal?
- C'est la joie, je lui fait découvrir les plaisir de la vie.
- Hmm... Que me vaut cet appel?
- Vous avez perdu des hommes récemment?


Le silence était inquiétant. Malgré le fait que je ne l'avais pas en face de moi, j'avais toujours peur qu'une balle me retrouve simplement parce que je venais de poser la mauvaise question au mauvais moment. Inconsciemment, je baissais la tête en me rassurant qu'elle ne passerai qu'au dessus de mon crâne.

Donc?
- En effet.
- Je présume que vous avez déjà le nom du tueur...
- Des...
- Ah... Et vous me confirmeriez ça?
- Confirmer quoi Kaulins, vous jouez sur des insinuations. Vous le savez au fond de vous même n'est-ce pas. Que mon indulgence ne concerne que la famille Kaulins.
- En effet...
- Sa cause est perdue. Il souhaite protéger une femme qui n'a rien d'une menace, et verse le sang en espérant ne pas oublier ma fille.
- Vous savez que Kaya en est quand même un précurseur.
- Hélas, tu te trompes Ethan. Elle n'avait rien de sa mère en ce sens. Elle n'avait rien non plus d'Elizabeth. Est-ce que tu comprends?
- Comprendre quoi?
- Un simple nom peut être une force, comme une faiblesse. L'histoire ne s'efface pas. Les hommes sont fragiles.
- Je viens de comprendre où vous vouliez en venir...
- Elle était innocente Ethan. Il l'a tué, comme il souhaite nous atteindre dorénavant afin de se rassurer qu'il n'a pas commis d'erreur.
- Sometimes we can fall...
- Elizabeth l'avait bien compris malgré son rôle.


Et il me raccrochait au nez comme toutes mes conversations précédentes. J'observais de nouveau Cal qui semblait avoir écouté quelques morceaux de la discussion. Et je comprenais enfin ma situation au même titre qu'Hawks. A contrario, après avoir perdu Noa, je m'étais juré de la venger, ce qui me mena à Kaya. Puis ensuite, de la protéger ce qui ajoutait alors un autre but à celui que j'avais à la base. Mia décédée, il me restait néanmoins Kaya, mais lorsqu'elle en eut fini avec sa propre existence, je me retrouve alors à chercher le père d'une fillette.

C'était la phrase fétiche des Fitzermann pour aborder quelqu'un qu'elles considéraient comme fragile; "qu'est-ce qu'il se passerai si...". Savoir ce à quoi les hommes pensent si ils échouent. Savoir ce qu'ils deviendront lorsqu'ils n'ont plus rien. Une expérience sociale à grande échelle, totalement opposées à ces vidéos qui trainaient sur le net. J'étais encore en vie parce que mes objectifs se renouvelaient. Et Jason court à sa perte car son objectif est un simple mensonge né de son propre esprit.

Soupirs:
J'observais de loin le carré de Blueberry sur lequel nous étions revenu. Cal, cette fois-ci était sorti de la voiture, trainant des pieds en longeant les murs des appartements. Tandis que j'espérais qu'on vienne de nouveau me rencontrer, il n'en était rien. J'attendais désespérément qu'un camé sorte de son trou pour encore me dire que je n'avais rien n'a faire ici. Je plongeais mes deux mains dans les poches de ma veste en me laissant lourdement m'installer sur le banc du coin. Un soupir s'échappait de ma bouche alors que j'enfonçait mon menton dans le col de ce bomber que je portais depuis bien trop longtemps déjà. La gamine me rejoignait en observant d'un oeil attentif chaque détail que laissait voir ce lieu prisé des personnes en manque de leur dose quotidienne. Une nouvelle fois, j'observais le cadran de ma montre qui m'indiquait seulement la minute qui s'était écoulé.

Tu penses qu'ils ont peur de nous?

Elle ricannait à sa propre connerie à laquelle je ne voulais pas répondre. Parfois le silence est la meilleure des réponses. Mais elle semblait être sérieuse dans sa démarche, insistant du regard jusqu'à ce que je m'emporte, que je cède ou bien que je change de banc. Quelques coups de coude bien placés dans le creux du biceps, m'irritant un peu plus le mental avant que je n'ouvre la bouche pour lui faire comprendre sa situation.

Tout le monde a peur d'Ethan.

Cal se tournait au même rythme que moi sur la provenance du timbre de voix qui m'était familier. J'aurai pu espérer être endormi et rêver qu'une femme vienne me chercher et pourtant mes yeux étaient bien trop ouverts. Elle approchait d'une manière nonchalante. Un jean délavé, un haut blanc à moitié couvert d'un par-dessus noir, la mode à San Francisco lui réussissait bien avec ses longs cheveux bruns attachés en queue de cheval qui pendait sur le côté de son visage, à cause du vent.

Enfin... Tout le monde s'en méfie. N'est-ce pas Ethan?

Je ne rétorquais pas, haussant des épaules en mettant la faute sur le karma. Cal n'était pas rassurée, se redressant alors en constatant Tia qui se tenait désormais à quelques mètres de nous. Elles se regardaient toutes les deux en espérant venir à bout de l'autre, comme un vulgaire duel des yeux. Qui clignera la première, ou bien qui enverra le premier coup. Mais cette japonaise savait pourquoi j'étais accompagné d'une fillette.

Tu vis le syndrôme du père?
- J'ai jamais été satisfait des chieuses qui me servaient de compagnie.
- C'est pourquoi tu te met une ado sous le bras. Leurs crises te manquent tant que ça?
- C'est souvent celles qui savent le mieux rester à leur place une fois qu'elles ont compris qui était le patron.
- Haaa... Je comprends mieux.


Sa dernière phrase m'hérissait le poil crânien. J'en avais ressenti trop de dédain, encore plus d'accusations, et le message subliminal de "violeur pédophile" était en face de mon subconscient. Je ne rétorquais pas, observant alors quelques instants Cal de bas en haut. Elle était bien taillée pour son âge et sa silhouette de sportive ne faisait qu'accentuer le fait que oui, si j'étais quelqu'un de dérangé, je l'aurai sûrement traumatisé dans un autre sens du terme. Mais ce n'était pas le cas, et je vivais bien mieux ainsi.

Pourquoi tout le monde à peur de Kaulins?
- Parce qu'il n'est pas digne de confiance, il n'est pas loyal, et de tous les hommes sur cette terre, c'est le pire.
- Hein?
- Froid, calculateur, maniaque, antipathique, narcissique et avec une bonne dose de criminel dans l'âme.


Je soupirais de nouveau, moi assis sur mon banc, qui n'avait rien demandé à personne, alors que son profil intime venait d'être mis à découvert. Je venais de passer du stade "accompagnateur-sauveur" à "dégout", dans les yeux de Cal, qui effectivement, ressentait du dégoût pour ma personne. Et alors que j'ouvrais une nouvelle fois la bouche pour me justifier, on venait m'interrompre avec certainement une douille de 7.62mm. Elle m'aurait touché, j'aurai pu crier. Néanmoins, c'était la gamine qui s'écroulait face à moi. Les deux paumes de ses mains contre la plaie qui se trouvait au niveau du ventre. A ce stade, et étant donné que je ne savais pas encore où se trouvait le tireur, j'éstimais à quatre minutes la survie de Cal, impuissante, et criant désormais à la douleur.


Tia...
- Hmm?
- Qu'est-ce que ça signifie.






C H A P I T R E 12




Elégie:
Tia...
- Hmm?
- Est-ce que tu as la moindre idée de ce que tu fais là?


Je n'avais toujours pas bougé de ce putain de banc. Les yeux fermés, la respiration contrôlée. Je cherchais juste à revoir l'impact de la balle dans le corps de Cal, la direction de la giclée de sang, ressentir de nouveau le vent à l'instant précis où elle a commencé à se vider de ses six litres. Tia quant à elle, se tenait droite et ferme à quelques mètres de moi. Elle m'observait comme une étrangère et Cal essayait de rassembler ses boyaux dans son sang et ses larmes.

Je peux pas te laisser aller plus loin Ethan.

Je venais de rouvrir mes yeux que j'avais senti se contractés. Ils n'étaient plus vairons à ce moment là. Je le voyais à la surprise de Tia qui se contentait de maintenir le regard en ma direction. Mes mains me poussaient hors du banc lorsqu'elle me fit signe de rester assis avec comme argument une nouvelle balle qui heurta à deux millimètres mon épaule, terminant sa route sur le banc. Chose que j'avais bien compris. Je croisais alors les bras, en soupirant un peu plus. Le chant de la mort s'entendait au loin. Une belle élégie dont je n'étais pas l'auteur, ou du moins, je n'en étais pas l'instigateur.

On... On m'a confirmé que Jason était l'auteur de la boucherie dans le club clandestin... Et... Et je suis sûre qu'il y a un lien avec toi.
- Je n'ai tué personne.
- NE ME MENS PAS!!


Sa voix avait traversé chaque paroi du carré de Blueberry, et nous étions désormais observé par les résidents comme ces visiteurs d'un zoo trop populaire qui prennent leur pied de voir des animaux qu'ils n'ont jamais vu de leur vie, derrière trente mètres de barbelés. Je relevais mon visage en l'observant de nouveau. Ses larmes étaient réelles tout comme l'intention de m'arrêter là, la légalité mise à part. Décidément, cette élégie était bien trop forte dans mes oreilles et pour la première fois, je ne voulais pas bouger.

Ne me mens pas...
- Je n'ai tué personne.
- Ethan merde...
- Tout du moins... J'en avais pas l'intention.
- Hein?


Je me glissais hors du banc, décroisant mes bras en dévoilant mon Glock 17 chargé face à Tia, le canon braqué entre ses deux yeux. Elle se recula d'un pas, et j'espérais que le tireur embusqué avait moins de réflexes que moi.

Tu sais que si je reçois la balle, le choc va contracter mes muscles, appuyant indirectement sur la gâchette alors que je suis certain de ne pas te louper grande... J'espère que ton tireur est intelligent car comme je te l'ai dit, je n'ai pas l'intention de tuer qui que ce soit.
- Il l'est! Il l'est!
- Bien... Fait lui un signe de baisser son arme.


Elle s'exécuta, lui faisant un signe de ses mains levées afin de lui demander de ne plus me braquer. Il se trouvait sur le flanc d'une colline, certainement à cinq cent mètres. Je me retrouvais une nouvelle fois à braquer l'une des personnes qui m'étaient proche. Mon karma se masturbait allègrement en me voyant agir à contrecoeur pour la plus grande majorité de mes actions ses dix dernières années.

Qui est le tireur?
- Tu es recherché Ethan!
- QUI EST LE TIREUR!!
- Un collègue de San Francisco! Arrête d'agiter ton arme comme ça!
- Fais le descendre.
- Hein?
- Dernière fois que je me répète.
- D'accord! D'accord!
- Il va prendre Cal avec lui, il l'emmène à un hôpital.
- Le plus proche est à une dizai-...
- Donne moi une excuse Tia...


Mon canon venait d'embrasser le front de Tia tandis qu'elle ne bougeait pas, sauf pour faire signe à son collègue de venir. Elle me fixait dans les yeux alors que je ne différais pas mon regard, lui faisant comprendre qu'au moindre faux pas, elle finissait une balle dans le crâne.

Pitié... Laisse toi attraper...
- Ferme la.
- Ils savent qui tu es, ils savent tout de toi...
- Tia.
- Pourquoi...


Je savais que le retour en arrière n'était plus possible. A observer la marre de sang qui s'était étalé à terre, j'espérais juste qu'il soit encore temps pour Cal de s'en sortir. Tia n'avait toujours pas bougé. Elle attendait que je prenne une décision. Et lors d'un dernier soupir, je revoyais la résistance du corps humain en faisant heurter la crosse chargée de mon arme contre l'arrière de son crâne.


Tia Shinobu:
La jeune femme ouvrait difficilement les yeux. Dans ce trop plein de lumière, elle y voyait flou. Une forte douleur l'accompagnait à l'arrière de sa tête, comme un lendemain de fête sans cette dernière. Et tandis qu'elle reprenait ses esprits en comprenant que les liens qui la maintenait contre le poteau principal ne se détacheraient pas, elle venait m'observer avec un mélange amer de haine et de pitié. Je venais me redresser difficilement de la chaise, je n'avais pas le temps pour les formalités bien qu'elle les connaissait déjà. Je l'avais juste aidé à s'en sortir six ans plus tôt. Et alors que sa position venaient réveiller des mauvais souvenirs en elle, elle se débattait un peu plus dans l'espoir de s'en sortir. L'être humain, pour sa survie est capable de devenir la bête qui l'effraie. Mes pas remuaient lentement la poussière que gardait ce lieu plein de souvenirs. J'aurai pu être capable d'y laisser une larme par nostalgie, mais je n'avais vraiment pas le temps pour ces formalités.

Je m'accroupissais en face de Tia qui continuait de se débattre alors que je n'avais pas encore entamé les festivités. Si je m'étais senti trahi lorsque son acolyte à ouvert le feu à mon encontre, ou sur Cal, je l'étais encore plus en ayant compris que cet acte n'était pas pour le bénéfice des services de police. Cette gamine. Elle qui rêvait de faire quelque chose de ses dix doigts. Quelque chose de bien pour le monde, et ne pas servir ses propres intérêts, venait de profondément me décevoir. J'avais accordé ma confiance pure et simple à quelqu'un qui s'était joué de tout ça. Pour ces propres putains d'intérêts. Et cette réflexion s'accompagnait d'un heurt entre mes phalanges et sa mâchoire. Il était trop tôt pour en finir avec elle, et je voulais qu'elle comprenne ce dans quoi elle s'était embarquée lorsqu'elle eut décidé de me trahir.

Elle relevait la tête, faiblement. Elle pleurait le reste de ses larmes en ma direction et je la regardait encore et encore sans délaisser la moindre partie de ma haine.

Pitié... Pitié... Pitié Ethan...

Je coupais court à ses complaintes. Une nouvelle fois, je laissait mon corps parler. Un nouveau coup qui se logeait dans le plexus solaire. Je lui coupais certainement la respiration pour une petite minute à laquelle je prenais profit pour me rassoir face à elle. Elle me regardait là, dans cette dernière lueur d'espoir que je venais teindre de noir en ne la quittant pas des yeux. Un acte irresponsable, un vide béant. Qui pouvais-je être comme monstre pour la voir souffrir sans détourner la vue. J'avais l'impression d'entendre un violon déchirer ses cordes sur un final crescendo en duet symphonique. Elle me détesterai surement jusqu'à la fin de sa vie, comme tous ceux qui étaient encore en vie. Mais je n'avais pas envie de la tuer. Je voulais juste avoir la réponse à mon unique question.


Qui t'a embauché.
- P... Pitié... Pitié...


Ca ne servait certainement pas à grand chose de continuer dans la situation dans laquelle elle se trouvait. Et pourtant. Elle n'y répondait toujours pas à cette question. Six ans auparavant. Six ans qu'elle n'avait pas revit cette situation. Six ans de longs changements qui ramènent irrémédiablement à son stade. Et moi, dans ce lieu où Kaya s'était séparée des liens de sa mère, je venais d'en créer d'autres avec ce même poteau où elle y était attachée. Si elle m'observait, elle devait tout autant me détester pour ce que je faisais. Et si Jason l'apprenait, il voudrait lui aussi me faire la peau.

Je me retrouvais comme à mon habitude, seul. Avec l'écho des pleurs comme berceuse et une haine nouvelle en amie.




Dernière édition par Δ2 le Lun 25 Sep 2017, 15:58, édité 9 fois
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Sam 16 Sep 2017, 16:52


C H A P I T R E 13



Troubles:
Je m'extirpais en dehors du hangar les mains dans le fond de mes poches. La cigarette sur laquelle je tirais perdait bien trop vite sa cendre. Une expiration du trop plein de nicotine qui s'achevait par une longue inspiration. Je savais désormais que j'étais en danger pour m'être vu braqué par le collègue de celle qui aurait donné sa vie pour Jason ou moi. Néanmoins mon égoïsme persistant avait valu un dilème de première catégorie pour Tia. Choisir qui d'entre lui ou moi devait mourir pour la mémoire de Kaya. Et alors que je comprenais que son choix s'était porté sur moi, je clignais des yeux en apperçevant à l'autre bout du désert ces bons vieux SUV lancés à la poursuite de ma mort. Il faisait une chaleur à crever de déshydratation si ce n'était pas les balles qui seraient les premières à me coucher. Je tournais ma tête en constatant les sangles qui restaient de mon interrogatoire. Je l'avais laissé filé en apprenant que Cal était toujours en vie, et bien évidemment, dans le sens opposé où ses "employeurs" arrivaient. J'entendais au plus profond de mon être un cri de peur. Mon âme tremblait en constatant que derrière ses trois véhicules, il y en avait six autres. Et ma chance n'avait pas fait tomber les dés du bon côté. J'avais évalué un total de trente personnes déplacées juste pour me faire la peau.

Je pense que même la reine était dans l'un de ses 4x4, pour me desservir le rôle de chevalier, et me laisser faire un suicide en bon et due forme sous le regard du prince Harry. Putains d'anglais. Putain de vie. Je retirais lentement la sécurité de mes holster, dévoilant dans chaque main deux desert eagles biens chargés. Un premier tir arrivait en ma direction, j'y répondais d'une simple balle tirée au hasard en direction d'un conducteur. Manque de pot, à un kilomètre il m'était difficile de faire mouche. Je refermais les yeux lentement, j'évacuais mon trop plein de stress en controlant ma respiration. Je repensais à trop de choses pour m'éviter de croire à ma mort future. Puis je les rouvrais. J'avais déjà bien entammé les festivités. A l'abris derrière un pilier du Hangar, je me serrais pour éviter les balles. Ils étaient bien arrivés à pleine allure et je m'étais réfugié entre les tôles car c'était mon endroit. Je le connaissais mieux que n'importe qui.

Allons Kaulins! Tu comptes vraiment t'en sortir?!
- J'ai toujours été bon pour négocier avec la mort!


Ce n'était plus de son âge ou du miens, mais quand la mort ne veut plus de vous, il faut respecter son choix. Les heurts des douilles continuaient en ma direction, leurs M4 étaient infatiguables. Sur ma droite, je tendait mon bras, logeant une balle entre les deux yeux d'un gars au trop plein de zèle. De l'autre côté une grenade roulait à mes pieds. Je l'esquivais en roulant derrière une rambarde semi-enterrée. D'autres échanges de tirs, d'autres morts avant que je ne vide mes derniers chargeurs. Je soupirais en observant le pilier central au trois-quarts défoncés. Les armes des cadavres frais étaient trop loin.

Au le sais pourtant que tu n'as pas de chance de t'en tirer!

Il aurait peut être fallu penser à cette option avant. Je soupirais derrière mon abris alors que les tirs se rarifiaient. Je sortais mon portable de ma veste avant de le placer en miroir sur le sol. J'avais fait du bon boulot. Il n'en restait que cinq debout, en plus de "la tête pensante". Et si un jour on m'avait dit que je devais affronter un fléau comme lui, j'aurai peut être préféré mourir bien avant. Un nouveau soupir s'échappait nerveusement alors que je décidais de lever mes mains en dehors de ma couverture. Mauvaise idée qui me traversait la paume de la droite. Maintenant trouée, je venais de lâcher un cri de douleur nerveuse.

Pas de happy end pour toi!

Et je venais de réaliser une chose dans cette phrase. Jason et moi nous étions trompé sur certains points importants. Voire même sur l'origine de cette traque. Le père Fitzermann avait fait son deuil convenablement, ce n'était pas l'élément déclencheur. Si on voulait savoir à quoi ressemblait un Fitzermann masculin, nous avions la réponse. Un homme qui savait quand s'arrêter, surtout quand il fallait protéger Cal et l'aider à retrouver son père. Derrière moi ne se trouvait pas un des Fitzermann. Mais un homme au dessus. Je venais reprendre mes esprits en tirant mon cran d'arrêt, que je dirigeais alors sur un sac de sable à ma droite. D'un simple geste il finissait éventré alors que je jetais le sac dans un dernier effort. Quelques secondes de répits qui me menaient face au poteau central que j'enfonçais de mon épaule. Le choc me l'avait déboité, et ma lancé s'était conclue par un fracas simple. A moitié défoncé, il avait cédé sous le choc qu'accompagnait l'adrénaline. Je me tournais sur le ventre, protégeant ma tête. Les fracas s'intensifiaient lourdement alors que le monde s'écroulait tout autour de moi, j'entendais seulement la comptine de Noa. C'était une douce berceuse qui amenait de la paix dans ma tête. Un choc, un second qui accentuait l'impact sur mon dos. Quelques secondes qui parraissaient une belle minute. Ma côte se brisait doucement, amenant les morceaux entre les parties de mes muscles. Je ne pouvais plus expirer suite à la douleur. Et avaler de l'air me perforerait certainement le poumon. Tandis que je m'y tentais, la dernière tôle embrassa mon crâne, enfonçant mon nez un peu plus contre le bitûme.

Je rouvrais les yeux lentement, réalisant qu'on me sortait des décombres. Quelqu'un était là pour m'éviter de mourir oublié. C'était une chaude lumière d'été qui parcourait mon visage alors que mon corps rougissait sous le sang. Je n'entendais plus rien, le choc avait provoqué des acouphènes. On me tirait un peu plus en dehors du sable écarlate. Puis on me laissait un peu plus loin, revenant face à moi qui ne pouvait pas bouger. Ma joie se métamorphosait en peine. Je créais le contact avec mon sauveur qui serait certainement mon dernier. Un rire nerveux et douloureux, c'est la seule réponse que j'ai pu lui donner avant de soupirer.


Quelle émouvante façon de mourir. Là où tout à commencé pour toi. J'en pleurerai presque.
- Ray...
- Rien de personnel hein, mais à cause de toi ni Effy, ni Mia, ni Kaya n'ont survécu.
- T... Tu as tué Effy.
- Oh? Elle s'est suicidée pour aller au bout de ses convictions. Tout le monde est mort au bout de ses convictions. Sauf toi, et le Chef du LAPD.
- Ha...


Je fermais les yeux de nouveaux. La première balle se logeait dans mon sternum, si ce n'était pas le coeur. Mon sang revenait jusqu'à ma bouche en guise de réaction troublée par l'organisme. C'est bizarre devait penser mon coeur, il y a un trou au mauvais endroit.

Au final. En protégeant Cal, tu ternis leur nom. En protégeant Hawks, tu signe ta fin.

C'était certainement ce que j'avais cru entendre alors que la nouvelle détonation abrégeait mes tympans.

Lyons:
La jeune fille se tenait là, face aux innombrables décombres qui désignaient ce que semblait être le Hangar. Au dessus de ces dernières, un homme, droit expirant sa bataille vers le soleil avant que ne se dévoile le corps de son ennemi. Elle restait là sans rien faire, à bout de souffle entre deux reprises d'air. Elle avait couru à la limite que lui avait accordé son corps blessé trois heures auparavant. Les collègues du vainqueur continuaient de scruter la zone en cherchant des survivants de leur équipe. Ils étaient arrivés une trentaine et n'allaient sembler repartir qu'au nombre de quatre. Cal venait s'accroupir derrière l'un des 4x4 teintés de noir, sa main gauche en appui sur la carrosserie avant de pencher son corps un peu plus en direction des hommes. Elle n'avait pas encore été repérée et c'était à son avantage. L'afro encore debout venait se tourner en direction des véhicules, laissant un ordre sortir de sa bouche en direction de ceux qu'il avait employé.

Vous me retrouvez la gamine.
- Laquelle? La bridée ou l'autr-...
- Lyons.
- Hein? Attends ça veu-...
- T'as une seconde pour fermer ta gueule.


Ils se retournaient maintenant tous en direction des véhicules, comme voulant repartir en ville. Ils laissaient le bordel causé comme il était. De toute manière les charognards ne se faisaient pas prier et observaient déjà d'un œil redoutable le massacre qu'ils laissaient derrière eux. Cal en avait profité pour se rapprocher un peu plus des tôles qui garnissaient le sol. Cognant par la même occasion contre l'arme d'un des corps présents. Les mercenaires venaient se tourner en direction du bruit.

Eh bah putain! Tout vient à moi!

Il arma le canon dans la direction de Cal qui ne se contentait que de courir. Quelques rafales lui frolaient le corps alors qu'elle se fit glisser sous les débris, commençant à naviguer entre eux afin de changer de position.

Petite! T'imagine même pas l'importance que tu as à être morte! Ils veulent tous la paix mais franchement, y'aurait plus de petit grain de folie! Plus de tension ou de non-dits! Faire la paix entre les deux familles... Quand je les aurai bouffé, au moins elles seront pas mortes en vain!

Elle ne rétorquait pas, se contentant de se faufiler de manière à se rapprocher d'Ethan et de confirmer sa situation. La quantité de sang qu'il laissait sur le sol était bien plus importante qu'elle ne l'imaginait. En voulant s'extraire, elle constata sur sa droite une rangers qui s'approchait un peu trop d'elle, restant à sa place. Elle chercha à tâtons quelque chose qui aurait pu servir pour sa survie, ne se satisfaisant que d'un morceau de métal. Un éclat qui avait suivit les détonations des grenades. Elle laissait l'homme s'avancer, se glissant en dehors des décombres. Elle soupira, avant de lui sauter à la gorge, la déchirant avec ce simple morceau. Par réflexe, il tira avant de s'écrouler avec elle à terre. Une simple roulade sur le côté en ayant ramassé la M4, elle se redressa rapidement avant de tirer une série qui termina sa course sur un autre des hommes. Cal cria en laissant l'arme s'échapper de ses mains, le recul était bien trop fort pour les épaules d'une gamine de seize ans, et elle venait de le comprendre en constatant qu'elle était démise.

A peine remise de ses douleurs, elle chercha du regard l'afro qui était venu à bout d'Ethan, le constatant alors sur sa droite, lancé de tout son poids l'épaule en avant avant de l'écraser par terre. Elle se débattait tant bien que mal mais le vieux avait de l'énergie en trop. Son collègue venait de le rejoindre en armant le canon au niveau de sa tête alors qu'elle continuait d'implorer une force du désespoir pour s'en tirer. Elle constata l'index de l'homme caresser la gâchette avant qu'une simple détonation ne retentisse. Le noir total. Et la peur au ventre. C'était les derniers instants de sa vie en proie au sang et aux larmes. La lumière revenait jusqu'à son cerveau. Elle était éblouie par le soleil qui contrastait avec la couleur de Ray qui continuait de la maintenir en tournant la tête, armé d'une main ferme en direction des débris. Elle tourna son regard en direction de l'arme pointée. Au bout se trouvait une femme qui y répondait par la même gestuelle en leur direction.

Laissez la partir.
- Shinobu, Shinobu... Shinobu...
- J'ai choisi Ethan. Pas elle.
- Allons... Elle fait partie d'Ethan.
- Elle n'en est pas moins une fillette.
- Non, non, non... Elle devrait pas être en vie.
- Pourquoi ça?


Il ne se redressait pas, se contentant de braquer la brunette d'une arme tenue fermement au même titre que Cal. Il soupirait alors que celle qu'il appelait Shinobu était tremblante, encore discernable par de nombreuses marques sur le visage et les bras. Elle avait reçu un nombre considérable de coups qui n'étaient pas retenus et ça se voyait. Il rouvrait ses yeux clairs en direction de la femme avant de reprendre.

Nous avions décidé de rayer sa mère des dangers potentiels, mais maintenant qu'elle vient de l'apprendre, elle l'est devenue.

Cal venait de s'arrêter de se débattre. Ses yeux s'ouvraient un peu plus dans un mélange de surprise et de haine naissante. Elle se contentait de fixer celui qui se trouvait sur elle sans ajouter un mot, malgré les larmes qui s'écoulaient le long de ses joues. Il se redressait alors, lourdement. Son âge et son expérience débordaient de son corps. Il était dangereux sur tous les points et ça pouvait se sentir sur des kilomètres à la ronde. Puis il annonça son dernier argument.

La gamine fait partie de la famille Lyons. Celle qui actuellement est la plus puissante de tout Londres. Si vous faites le lien, peut être que tu comprendra pourquoi Jason court à sa perte. Car le papa de la petite et le papa de Kaya sont en bons termes, surtout quand Kaya a annoncé à Caldwell qu'elle risquait de mourir après avoir discuté avec Hawks.

Kaulins:
Ils se retrouvaient dans un triangle simple. Personne n'osait faire le premier geste par peur d'un mauvais choix. Le tapis était sur la table et les cartes étaient jouées. Le premier qui agirait s'en sortirait surement vainqueur. Dans leur tête à tête morbide, où l'odeur du sang et de la poudre se mêlait, il n'y avait plus un son, ni même celui du vent. La chaleur imprégnait l'endroit, accentué par le reflet du soleil sur les flaques écarlates. Tia restait droite face à Ray qui avait lâché la petite. Le collègue de l'afro s'était effondré après une détonation en direction de sa boite crânienne.

Dans moins de dix minutes, le Sheriff sera là.
- Et alors! Dix minutes c'est suffisant pour effacer les preuves.
- Pas si je tire la première.


Néanmoins, à plus de trois cent kilomètres de sa juridiction, elle ne pourrait pas faire grand chose. Elle mettait en danger sa vie et sa carrière pour celui qu'elle portait en son cœur et ça n'irait certainement pas en s'arrangeant. L'impasse était immense et il n'y avait aucun moyen de la contourner.

Ethan!

La gamine perdait toute vigilance en se ruant vers le corps qui soulevait les débris sur lui. Il se redressait lourdement, lentement et difficilement. Comme un cadavre qui venait de renaître. La tête en avant, il lâchait un relent de sang dans l'effort. Si il n'était pas mort, l'article lui devait d'en être proche. Ray et Tia tournaient eux aussi leur tête en sa direction. Puis après quelques secondes, il armait sa main droite en direction de Ray qui soupirait indéniablement face à celui qui ne voulait pas encore mourir. Tia perdait elle aussi le sens de ses réflexes face au spectacle. Elle se retrouvait démunie, coupable et certainement attristée de constater son erreur.

Une chance d'avoir gardé ce flingue...

De sa posture, Ray remarqua qu'il ne l'avait pas touché en plein cœur. Au contraire même, la balle s'était arrêté dans le chargeur vide d'une arme qui semblait être un .44 Magnum rangé dans un holster à sa poitrine. Si ça ne lui avait pas troué le muscle, ça lui avait certainement cassé une ou deux côtes à l'impact. Il avança d'un pas difficile. Cal de son innocence venait servir de béquille, oubliant les quelques minutes auparavant pour se focaliser sur l'aide qu'elle pouvait apporter. Dans la même seconde, Ray venait enfoncer son flingue entre sa ceinture et son treillis. Il observa Tia quelques instants qui semblait encore en introspection et soupira de nouveau. Au loin, dans ce désert perdu, on pouvait entendre les sirènes du département tonner. Il pencha sa tête de nouveau en direction d'Ethan avant de laisser apparaître un sourire sinistre sur son visage.

Tu sais que je ne m'arrête pas là Kaulins...

Ethan et Cal venaient s'arrêter de marcher pour constater l'afro aux dreads en face. Il soupira à l'instar de Ray avant d'affirmer d'un signe de tête en guise de réponse. Parler était difficile en crachant du sang. Et comme deux hommes dont le respect était spécial, ils se saluèrent d'un autre signe de tête avant que Ray ne décide de rejoindre un des SUV qui restait encore sur les lieux. Les deux jeunes femmes observaient la scène se dérouler sans rien ajouter de plus, comme si ce n'était qu'un jeu pour eux. Elles ne comprenaient pas les motivations de ces deux monstres à se tenir tête, et pourtant, dans ce questionnement, elles y voyaient un simple respect de leurs codes. Ils n'étaient pas des assassins ou de simples tueurs en série; ils avaient et ont une histoire. Pour elles, il était difficile de savoir quelle était celle de Ray, mais celles d'Ethan l'empêchaient encore une fois de rendre l'âme. Comme un monstre qui n'a pas le droit au repos, ou un martyr à la salvation. Il était condamné à ajouter d'autres blessures à son édifice déjà bien amoché. Le SUV continuait sa route en prenant soin d'éviter de croiser les bleus alors que ces derniers arrivaient sur les lieux. Dans leur empressement, ils s'arrêtaient en constatant le résultat de leur intervention. Les petits nouveaux se ruaient derrière les décombres avant d'en découvrir leur secret, s'écartant alors vingt mètres plus loin pour recracher leur déjeuner. Ils venaient de découvrir ce qu'était la définition de carnage et malgré ça, ils continueront d'appliquer leur devoir au service de la ville.

Depuis un 4x4, le sheriff du coin descendait lentement, replaçant son chapeau alors sur le haut de son crâne dégarni. Il s'approchait lentement de Tia, les mains dans les poches et d'une démarche nonchalante. Il la remercia simplement de les avoir prévenu avant de détourner son regard sur Ethan qui était encore soutenu par les épaules frêles de Cal.

Ma foi... Ça m'étonnait d'en voir un sans avoir l'autre après.

Ethan n'ajoutait rien à sa remarque, avançant lentement avec la petite sous son épaule. Ils passèrent à côté du Sheriff sans ajouter un mot alors que les cadets s'activaient dans tous les sens pour baliser la zone et faire leur rapport, ils ne connaissaient rien de tout ça, et venaient désormais braquer Ethan de leur tasers et armes de service.

Vous me faites quoi là...
- Ne bougez plus!
- J'avais bien deviné...


Il se retournait alors en observant un des cadets qui le pointait de son arme. Il ne tremblait pas, un vrai petit soldat aux grandes illusions. Il avait de l'avenir devait-il certainement penser.

Vous êtes témoin et suspect dans cette affaire!
- Et alors...
- Et alors quoi... Nous devons vou-...


Il se fit interrompre par son supérieur d'un ordre simple, encore une fois, Ethan s'en sortait comme si la conséquence de ses actes était remise à plus tard. Comme si tout lui tomberai sur le coin de la gueule lorsqu'il sera temps.

Laissez-le.
- Mais chef-...
- L'assistant-chef du LAPD ne serait pas un criminel hein...


Il avançait de nouveau sans rétorquer. Focalisé sur la douleur et le silence pour ne pas faire d'efforts inutiles. Il souriait néanmoins face à cette remarque. Et alors qu'ils rejoignaient l'un des SUV restant sur place, Tia restait là, sans rien faire, ni dire quoi que ce soit. Elle réalisait qui était réellement son mentor, celui dont elle avait échangé la vie avec son coup de cœur. Elle réalisait alors qu'elle n'avait aucune chance de revenir en arrière. Aucune de renouer des liens face à quelqu'un qui n'en a jamais eu.

C'est un monstre...
- Pardon ma p'tite?
- C'est un monstre...
- Kaulins hein... Il n'a jamais eu d'humanité à ce qu'il parait...


Et ils laissaient ce monstre en question repartir sans rien faire, s'occupant de leurs propres affaires sous un soleil de plomb dans un désert écarlate.





C H A P I T R E 14
"L'humain est bon par nature."



Innocence:
Dans cette pièce blanche ne s'y trouvait pas d'encombrement. Une télévision cathodique datant des années quatre-vingt dix, une armoire dans laquelle s'y trouvait des affaires de la veille. Un lit simple qui était accompagné d'une table de nuit en bois laqué et sur laquelle on y trouvait une lampe de chevet. La pièce d'à côté ne se séparait que d'une porte et son composait d'une simple douche en face de toilettes et d'un lavabo. C'est dans ce calme bercé par une mélodie que s'y trouvait Cal. Comme une comptine chantée aux enfants pour les border, les plongeant dans de jolis rêves. Assise sur cette chaise des plus conventionnelles, elle répondait avec cette mélodie dans la tête aux officiers de police. Un peu ailleurs et pas franchement présente, elle ne détournait pas du regard face aux nombreuses blessures qui parcouraient le corps de l'homme qu'elle accompagnait. Derrière elle, cette femme brune au regard froid, bras croisés, se noyant dans les réponses de la fillette. Elle ne comprenait pas son implication dans cette histoire. Et alors que les bleus parcouraient son corps, elle salua les officiers qui repartaient aussi vide de réponses que lors de leur arrivée. Le silence s'installa de nouveau. Comme un hommage à ceux qui n'arrivaient pas à mourir.

Il s'était effondré avant d'avoir rejoint le 4x4, une anémie qu'avait répondu l'urgentiste avant de surenchérir par le fait qu'il pouvait ouvrir les yeux dans dix minutes, ou ne plus les ouvrir du tout, ça dépendait que de lui. Quand l'homme est désespéré pour sa survie, il devient la bête qui l'effraie. C'était un contraste à s'en rendre aveugle. Elle qui souhaitait vivre comme n'importe qui de son âge et lui qui souhaitait mourir le plus tôt possible. Un soupir rompit le silence dans la pièce, alors que Cal se retourna vers la brunette aux yeux verts qui prit appui sur le mur d'en face. Elles ne se connaissaient pas, et l'innocence de la petite donnait la nausée à Tia qui se contentait de l'observer. La petite avait du courage, elle engagea la conversation froidement.

Vous êtes celle qui a vendu la vie d'Ethan pour son chéri?

Cela ressemblait à une question qui mélangeait une accusation cinglante. Elle savait qu'elle n'avait plus rien à faire ici et pourtant, indéniablement, elle se sentait comme étant la seule à encore pouvoir veiller sur lui. Un mensonge profond qui remontait lentement dans le creux de son esprit, accentuant sa nausée. La japonaise ne la contredisait pas, affirmant même honteusement de la tête en direction de celle qui l'accusait.

Qu'est-ce que vous foutez encore ici alors...
- Je... Je veille sur lui...
- Ha. Depuis quand?
- On va dire que j'essaie d'éviter que ça dég-...
- Je m'en fou.
- Hein?
- J'en ai rien à faire. Vous devriez pas être là. Mais avec celui que vous avez réellement protégé. Ca sert à quoi d'avoir un petit copain si c'est pour trainer avec celui que vous avez vendu?
- Je ne l'ai pas vendu.
- Dans les faits c'est ce qui est! Je m'en fou de savoir qui est coupable ou non!
- Ecoute petite...
- Cal!
- Ecoute Cal... Je connais Ethan, je savais qu'il allait s'en sortir. Je le connais comme si c'était-...
- C'est personne pour vous!


Tia s'arrêta alors en constatant la petite fille aux cheveux d'or dont une larme venait épouser les formes de sa joue dans sa descente. Elle s'était redressée de sa chaise, se tenant droite comme un enfant qui protègerai un parent, le courage compris dans l'acte. Malgré tous les arguments qu'elle aurait pu préparer, elle n'avait pas envisagé un lien comme celui-ci. Et si Ethan était éveillé, il aurait été possible qu'il soit lui aussi bouche bée à sa réaction. Néanmoins ce spectacle ne concernait que Tia qui n'ajouta aucun argument à cela.

Maintenant tirez-vous... Vous n'avez rien à faire ici.

Elle n'ajoutait rien, soupirant face à une vérité innocente et logique. Actionnant alors la poignée, elle disparaissait derrière la porte de la chambre d'hôpital s'accoudant alors sur la rambarde d'en face, donnant sur les deux étages qui la séparait du sol. Ses mains serraient fortement la barre alors que sa tête se baissait lentement sous ses cheveux qui surplombaient son visage. Sa mâchoire se serrait et elle laissait aller le surplus d'émotion traversée ces dernières vingt-quatre heures.

Cal venait se rassoir lentement sur sa chaise, s'approchant un peu plus du blessé endormi. Sa main gauche venait caresser son front marqué par l'expérience, diverses cicatrices se dessinaient dessus. Elle soupira de nouveau, s'allongeant alors de moitié en assise sur les draps.

Un simple numéro venait d'être composé sur le smartphone. Entre deux inspirations saccadées, elle le portait à l'oreille, tombant sur ce même répondeur à la voix masculine. Elle devait de nouveau laisser un message, et Tia ne se sentait pas bien. Pour une fois elle aurait aimé qu'on lui réponde, qu'on lui demande ce qui n'allait pas et ce qui était possible de faire pour aider. Mais remonter le temps n'était pas possible.

Jason... C'est Tia... J'ai... J'ai merdé sur toute la ligne. Je sais plus trop ce que je dois faire en fait. Ethan m'en veut certainement à mort, tu fais justice de ton côté, et j'viens de mettre ma carrière en jeu pour des conneries... Je sais pas quoi faire... Je sais plus quoi faire là...
- Excusez moi madame...
- Hmm?
- La chambre de monsieur Kaulins est libre?


Elle se fit interrompre par une infirmière tout ce qu'il y a de plus banale pour savoir si la chambre était libre, elle raccrochait alors en s'arrêtant sur son monologue habituel. Elle confirmait d'un signe de tête que les soins pouvaient être faits sans problèmes. Avec le cas de Hawks, la sécurité avait été renforcée depuis, lorsqu'un agent du LAPD devait être hospitalisé.

Ouais... Sa fille est avec lui mais y'a pas de soucis.
- Ha c'est sa fille! Mais je... Je croyais que...


Elle pris une voix discrète, un simple chuchotement pour parler d'un tabou concernant l'homme au plus grand nombre de visites dans cet hôpital. Une commère sans nuls doutes qui venait satisfaire sa soif de curiosités.

Je croyais que sa fille était morte.

Et c'est le cas, pensa-t-elle. C'était pour faciliter les choses une nouvelle fois, et elle s'était trompée. A part remuer le couteau dans la plaie un peu plus par maladresse, elle préférait désormais se taire. Coupant net la conversation, elle salua l'infirmière d'un signe de tête avant de regagner les escaliers vers la sortie. En voulant bien faire, elle se retrouvait désormais face à tant de mal causé que le remord n'en était que plus grand. Ses mains se plongeaient dans le fond de ses poches, à la recherche du bonheur sans réelle satisfaction. Elle n'y trouvait pas de confort.

L'humain est bon de nature, Tia en faisait parti. Mais aucun de ses derniers actes n'avaient apporté du bon dans sa vie, ou dans celle de ses proches. Elle se voulait coupable dans son innocence. Et face à celle de Cal, elle en avait perdu les arguments.


Monstre endormi:
Vous le connaissiez depuis longtemps Ethan?

Elle allumait sa cigarette fière d'entretenir un cancer dont elle n'avait pas conscience. Elle rouvrait les yeux lentement en soupirant le trop plein de fumée par un nez fin comme à l'habitude de celles qui côtoient ce bon vieux Kaulins. Elle n'avait pas l'air bien intéressant alors que personne dans cet hôpital ou dans cette ville ne connaissait son nom. Bien plus âgée que celle aux traits asiatiques, ou même qu'Ethan et certainement plus dangereuse lorsqu'elle s'énervait, mais elle n'en était pas moins venue d'elle même. Elle s'avançait lentement en assise sur le rebord du toit de l'hôpital avant de poser ses mains en arrière, braquant son regard sur Cal qui attendait comme une réponse. Elle soupira un peu plus, et après une nouvelle latte sur sa gitane, elle répondit.

J'ai eu l'occasion de travailler avec lui par le passé... Il était encore qu'un gamin à cette époque.

Aux yeux de Cal, ça semblait être une vieille amourette de l'enfance qu'il avait probablement oublié comme beaucoup de choses qui ne lui revienne que quand il le prend en pleine face. Néanmoins, de toutes les personnes qu'elle avait pu croisé, connaissant Ethan, c'était celle qui semblait le plus en savoir sans pour autant avancer un avis précoce. Elle laissait bercer ses cheveux d'argent au même titres que ceux de Cal sur un léger vent printanier.

Quel genre de travail il faisait avant d'être dans la police?

Elle s'arrêtait quelques instants, hésitant certainement sur la réponse qu'elle devait donner aux yeux d'une gamine blondinette et curieuse comme pas deux. Elle soupira, et ces mimiques ressemblaient étrangement à celles d'Ethan, tout comme son allure. Et alors qu'elle finissait en jetant son mégot dans les buissons six étages plus bas, elle se redressait lentement en se tournant vers la fillette. Elle releva les yeux en constatant que Tia se trouvait aussi ici, en retrait comme coupable mais concernée.

Ethan... Ethan était un peu discret, pas franchement vif comme gamin... Il avait quinze ans d'écart avec son grand frère, Todd. Et il vivait dans son ombre... C'était un peu "l'échec de la famille"...

Elle s'arrêtait comme emprise d'une nostalgie. Elle ménageait ses mots et ça se voyait clairement dans sa gestuelle. Elle semblait rigide et braquée par ses justifications. Son image alité lui revenait de nouveau, l'état dans lequel il se trouvait aujourd'hui était difficile à supporter pour toutes mais il semblait qu'elle en était affectée bien plus que prévu. Et alors qu'elle plongeait ses mains dans les poches de sa veste longue, elle continua.

L'Angleterre est dure avec les enfants difficiles. Ils sont égarés facilement, ils trouvent des pairs qui finissent mal. Et dans le lot se trouvait Elizabeth, la petite amie de Todd.

Elles se noyaient toutes deux dans les paroles de la vieille femme qui n'avait pas donné de nom ou d'identité. Elle était juste là pour raconter la vie de celui qui n'en disait jamais rien. C'était bien une chose que Tia connaissait de lui. Qu'il ne dise jamais rien sur son passé. Il faut un événement spécial comme la mort de Kaya pour qu'il s'ouvre enfin un minimum. Et pourtant, elle semblait ne pas connaître cette partie là, bien qu'il s'en soit déjà moqué dans une ironie fière. Comme si il se félicitait lui-même d'être là où il se trouvait aujourd'hui.

Il a fini par être enrôlé en "homme à tout faire" par le père d'Elizabeth. Après avoir été signalé comme disparu aux yeux de Londres et de l'Angleterre, quand bien même Interpol à été mobilisé suite aux diverses disparitions d'enfants et meurtres, ils ne l'ont pas retrouvé.

Tia se retrouvait stupéfaite par la déclaration de la femme sans nom, les yeux ouverts sans pouvoir dire un seul mot. Elle remarqua que Cal ne comprenait pas l'intégralité de la biographie sur certains points, elle continuait, captivée, d'apprendre à connaître cet homme. L'ancienne hésitait alors à continuer plus loin, remarquant la surprise qui se lisait à des kilomètres sur le visage de Tia. Elle lui demandait de continuer, de ne pas s'arrêter, peu importe le résultat.

Il à passé deux ans dans une cave du manoir familial à s'entrainer, et à profiter du soleil dans un jardin grillagé une fois par semaine... Après ça, il serait mobilisé pour rejoindre Elizabeth à Los Angeles.

C'était une vantardise de dire que Tia connaissait Ethan. Une tonne de questions se bousculaient dans sa tête. Comment après ça avait-il pu rejoindre le LAPD, quel est le lien avec Kaya, pourquoi l'afro aux dreads voulait sa peau, pourquoi se retrouver à la charge d'une gamine, et pourquoi n'en a-t-il pas parlé avant?

Uune question à la fois ma grande...
- Alors... Qui est réellement Ethan?
- Un esprit de vengeance sur les Irlandais...
- Et cette histoire avec Ray!
- Il s'est couvert lorsqu'ils sont tombés, il les a lâché et s'est reconverti dans la police... Ca n'a pas plu.
- Il est allé dedans pour les aider?!
- Oui.
- Pourquoi il y est toujours alors?
- Il a appris a vivre et à aimer... Jusqu'à ce qu'on le lui retire.
- POURQUOI?!
- Elizabeth, ou Mia...
- Le rapport avec Ethan?!
- C'était le meilleur pour détruire toute menace...
- Et maintenant alors?!
- Jason est... Ou sera... Indéniablement la dernière victime de l'esprit Per Sempre.
- Mais y'a plus Effy ou Mia... Ou encore Kaya! Comment s'est possible?!
- Ethan est toujours en vie... Tant qu'il sera proche avec quelqu'un ils le lui retireront... Jusqu'à ce qu'il revienne... Et qu'il accepte son sort...


C'est alors qu'elles s'arrêtaient de s'envoyer la balle chacune leur tour. Tia se rappelait doucement les propos qu'elle avait tenu contre lui la veille et réalisait à quel point c'était vrai. Elle comprenait aujourd'hui qu'il avait été le premier à être le sujet de cette entreprise morbide et que lorsqu'il eu le temps d'apprendre de nouveau à vivre, on le lui retirait ses objectif lentement, comme l'on arracherait les pattes d'une araignée jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus fuir. Dans le peu de courage qui lui restait, elle venait poser sa dernière question.

Comment vous savez tout ça...
- J'ai... J'ai été celle qui l'a formé...


Elle venait de perdre ses nerfs avant de décroiser les bras, claquant la porte du toit derrière elle sans ajouter un mot. Elle laissait Cal prendre le relais qui se contentait juste de regarder la femme comme un enfant ébloui par le soleil qui se trouvait derrière elle. Elles ne disaient rien, laissant le silence faire son deuil. Puis de nouveau une interruption digne d'une coïncidence trop bien organisée.

Lindsey, on y va.
- J'arrive Mark.


Un homme âgé, bien habillé avec ses cheveux bien coiffés sur un visage carré et harmonieux dont l'habit était exorbitant. La femme embrassait son enfant qui vivait encore dans l'ignorance, le laissant aux mains d'un monstre endormi qui ne se réveillerait peut être jamais. Mais elle avait confiance. Elle repartait lentement en rejoignant le père dont le deuil fut long. Laissant le dernier témoin en proie à son destin.

Rêve blanc:
Alors c'est comme ça que tu as décidé de finir ta vie?

Dans cet espace blanc ne se trouvait aucun détail concret. Du blanc à perte de vue et des formes au teint grisâtre qui ne laissait rien distinguer. Des âmes dont s'échappaient des complaintes où il était impossible d'en comprendre les mots. Il y avait des réminiscences d'images plus claires, comme de vagues souvenirs qui s'échappaient d'un rêve où j'étais le seul à me trouver. Elle se tenait en face de moi, impure à la perfection. Avançant lentement, elle se démarquait de ce trop plein de lumière qui m'explosait la rétine sans que je puisse cligner des yeux. Je ne bougeais pas, laissant mes souvenirs faire leur travail. Mon cerveau remettait en ordre les derniers événements, comme si il n'avait pas encore digéré les événements la semaine passée. Je la connaissait certainement, mais il était encore dur pour moi de faire le tri. L'histoire dans ma tête n'était qu'un bordel monstre dans lequel on aurait laissé chaque événement manuscrit, et où l'on aurait tout balancé par terre, en disant à mon cerveau de refaire le tri. Ce n'était pas facile et ma vie défilait doucement devant moi à chaque paragraphe que je déchiffrais.

Après que tu te soit donné tant de mal, tu comptes tout abandonner?

Et dans sa phrase elle en avait profité pour faire une synthèse courte sur ma vie qu'elle tenait en main. L'agitant doucement comme une fierté que j'aurai d'être heureux de travailler rapidement. Sur ce point elle me ressemblait beaucoup. Mais je n'arrivais plus à remettre un nom sur ce visage aux cheveux bruns. Son sourire était parfait, espiègle et heureux sous un regard plus froid que mon corps. Je ne pouvais pas bouger alors qu'elle continuait ses cent pas autour de moi, agitant la synthèse de ma vie de sa main droite. Elle sentait les fleurs d'été et caressait mon visage de l'autre main d'une douceur incomparable. Je me sentais bien, je pouvais me laisser aller dans sa berceuse, rien ne pouvait me faire peur à cet instant précis.

Tu comptes l'abandonner alors que tu avais fait une promesse?

Je tournais mon visage lentement sans qu'il me soit possible de bouger quoi que ce soit d'autre. Au loin de cet espace sans fin, je distinguais une fillette aux cheveux courts et blonds. Elle se tenait debout à côté de quelqu'un dont je n'arrivais pas à voir le visage. Accoudée sur ce lit qui ressemblait clairement à ceux que j'avais l'habitude de voir aux hôpitaux. Elle ne semblait pas pleurer, bien que son inquiétude se soit ressentie dans tout mon corps. Elle lui racontait une histoire idiote où elle seule rigolait à cette dernière, comme une fille qui n'avait pas d'autre ami à qui raconter ses blagues. Elle espérait qu'on rigole avec elle, mais elle se laissait observer sous le regard d'une autre femme un peu plus loin.

Tu comptes les laisser à leur mort comme tu m'as laissé à la mienne?

Puis je me concentrais de nouveau sur le visage de celle qui me parlait, penchée vers moi. Ses yeux verts perçaient le fond de ma rétine sans que je puisse ajouter quoi que ce soit. Elle me tendait de sa main droite le nombre conséquent de papiers qu'elle avait ramassé avant que je ne les consultes. Mon cerveau avait fait un joli travail de récupération. Et au fond de moi je ressentais comme une vague nécessité à devoir me rappeler d'elles et de ma vie. Mais j'en avais marre de me battre, je me sentais bien ici.

J'en ai marre de tout ça...

Je l'avais dit abattu, comme si tout le fardeau du monde pesait sur mes épaules alors que j'assumais ne pas vouloir retomber. J'avais perdu bien trop de choses à contrario de ce que j'avais réussi à construire. Ma vie toute entière ne se résumait qu'à courir et tirer plus vite qu'on aurait pu me tirer dessus. Et je m'affalais sur ce blanc immaculé comme vidé de toute envie de pouvoir me relever. Et alors que je constatais mes pieds nu, elle s'accroupissait à côté de moi, s’asseyant comme si rien n'était important ici bas. Le blanc laissait place au vert clair, dessinant alors l'amont d'une colline sous un chêne intact. Au loin on distinguait une ville, si loin que je n'arrivais pas à estimer une distance. Nous étions bien sous cet arbre, allongés. Elle se calait doucement sur mon torse, je pouvais sentir son odeur se répandre, sa bienveillance m'enlacer et son amour me libérer lentement.

Tu as assez donné Ethan...

C'est vrai. Je n'avais qu'à relâcher la pression pour de bon et rester ici à jamais. Je ne savais même plus pour quoi je me battais ou pour qui je le faisait. Et alors que je croyais avoir tout oublié d'elle, je me retrouvais à lui caresser les cheveux d'une main douce. D'une main qui n'était pas marqué par la vie ou par la mort. J'étais calme, serein. J’appréciais vraiment ce chêne, et l'odeur de celle qui me tenait compagnie. Je n'avais qu'à rester là, et penser un peu plus égoïstement.

Tu penses que j'arriverai à être heureux un jour...
- Malgré tout ce que tu as fait Ethan... Je n'arrêterai pas de t'aimer malgré ce que tu as fait...
- Tu ne réponds pas à ma question...
- Dois tu réellement avoir besoin d'une raison pour être heureux?
- J'en sais rien...
- Elle nous regarde toujours hein...
- Ouais...
- Ton dernier boulot?
- Je crois bien...


Elle n'ajoutait rien, laissant le silence régner un peu plus sous ce chêne. Elle souriait d'être ici, et je n'arrivais pas à faire de même alors que plus bas, cette même gamine ne détachait pas son regard de nous deux. Elle m'attendait patiemment comme si je devais de nouveau partir avec elle. Je sentais les lèvres de celle à ma gauche se déposer sur ma joue, doucement, comme un baiser que l'on donne en attendant les retrouvailles. Plus tendre que n'importe quoi dans le monde, et plus doux que tout ce qui pouvait importer ici bas. Elle me caressait une mèche du haut de ma tête avant de conclure sous ce rêve blanc.

Je t'attendrai Ethan...
- Je te rejoindrai.
- Ne te presse pas.




Dans cette pièce blanche où rien n'était de trop, un homme venait lentement de rouvrir les yeux. Sous cette lumière qui l'aveuglait, une fillette ne se faisait pas attendre pour lui sauter à la gorge en criant de joie. Il ne grimaçait pas, se laissant secouer alors qu'il venait juste de sortir d'un long rêve. Il se remettait lentement de ce dernier, ne quittant pas celle qui les observait plus loin, impassible, les bras croisés. Et alors qu'il pensait que rien n'avait changé, elle lui sourit doucement, elle aussi heureuse de savoir que leur cauchemar venait de prendre fin.





C H A P I T R E F I N A L
"Fin des causes"



Quantico:
Vous n'avez plus le droit de vous malmener comme vous le faites... Vous comprenez?

Je clignais des yeux sans réellement répondre à sa question. J'étais en globalité d'accord avec ce que pouvait me dire la petite pointe de Quantico même si je ne donnais jamais une réponse solennelle. Elle semblait contente que j'aille dans son sens avec sa petite cravate qui dépassait d'un col trop bien remonté. On m'avait montré les séquelles que me laissaient mes côtes fêlées et l'anémie qui avait suivit. Je ne pouvais clairement plus serrer ma main gauche ni même sentir en grande partie l'intégralité de mon bras. Je pouvais néanmoins le bouger, mais malgré ça, mes mouvements étaient discontinus. Comme des tendons trop bien resserrés ou alors sur le point de lâcher.

Vous m'en faites voir de toutes les couleurs avec Hawks... Comment vous pouvez vous retrouver dans des situations pareilles?

Et je ne savais plus quand exactement ça avait commencé. Depuis que j'avais perdu Noa ou alors depuis que j'avais sauvé Kaya la première fois, mais encore, il était possible que ce soit depuis ma naissance. Au mauvais endroit au mauvais moment. C'était un peu ma marque de fabrique qui ne se faisait pas prier pour sévir. Et dans ces reproches qui démontraient un certain remerciement de la faire sortir de son bureau, je n'y prêtais pas attention. Je restais focalisé sur Cal et sa frange de travers. J'aurai aimé le lui dire de la remettre en place, mais je n'arrivais pas à articuler, encore engourdi par un trop plein de morphine injectée. Apparemment la douleur serait insupportable tant et si bien que quelques morceaux de mes côtes se baladaient dans mon organisme sans causer de séquelles hormis la douleur.

Kaulins... Vous devriez arrêter vos histoires de vendettas. Ca ne rime à rien...
- Ethan n'y est pour rien!


Cal avait prit la parole pour me défendre face à une femme qui sous ce doux timbre de voix était quelqu'un de relativement digne de confiance. Elle s'était jetée de son mur sur lequel elle était adossée pour le lui dire une nouvelle fois en face, et heureusement que la première fois elle l'avait déjà compris.

Je sais ce qu'il s'est passé avec l'histoire Toro petite...
- Cal!
- Oui Cal. Je sais ce qu'il s'est passé je ne l'accuse pas.
- Alors qu'est-ce que vous faites ici si c'est pour l'engueuler?
- Je te demande pardon?
- Bah vous l'engueulez non?
- Ah... Haha...


Elle venait rire sans aucun scrupules, tout en se moquant d'elle qui pensait remettre une nouvelle fois une adulte à sa place. La déception se lisait sur son visage comme l'on comprend un livre ouvert aux premiers paragraphes. Elle avait clairement une idée derrière la tête et elle ne se faisait pas prier pour que l'on lui demande. Mais je n'arrivais pas à lancer un seul mot hors de ma trachée et Cal était encore trop idiote dans sa jeunesse pour comprendre le sens caché. La bureaucrate tournait de nouveau son regard sur moi, avant de reprendre.

Vous allez cligner des yeux une fois pour me dire oui, deux fois pour me dire non. Compris?

Je clignais une seule fois mes yeux en remarquant qu'elle avait approché son visage du miens drastiquement entre cette demie-seconde qui venait de me bloquer ma vision. C'était une belle femme, si ses épaules étaient un peu moins carrés et que sa féminité se voyait un peu plus. On devinait clairement qu'elle devait passer la plupart de son temps, sa langue entre des lèvres, surmontée deux drapeaux multicolores.

Avez-vous un lien avec Hawks dans cette histoire...
- ...
- Non. Très bien. Une autre question donc... Ma dernière: avez-vous des réponses pour Hawks dans cette même histoire?


Je restais sur la défensive en fermant juste les yeux sans les rouvrir. Elle pouvait entendre un soupir s'échapper de ma cloison nasale. C'était assez anodin de comprendre que Jason avait enclenché le monde berzerk pour se farcir la moitié des bas-fonds de la ville juste pour le plaisir. Elle était forte et connaissait à peu près ma vie en cinq lignes. Je la sentais perdre patience avant qu'elle ne se redresse du lit sur lequel je me trouvais. J'avais réussi à comprendre son petit jeu avec facilité. Cligner une fois aurait affirmé ma situation. Cligner deux fois ou plus, lui aurait permis de passer à une autre question car j'aurais certainement un peu plus insisté. Alors que simplement fermer les yeux et ne pas les rouvrir lui incitait clairement à faire de même avec ses questions à la con. Elle reprenait la direction de la sortie avant de conclure sur une phrase tranchante.

Vous devriez prendre des vacances Ethan.

Quand une bureaucrate vous annonce ça l'air de rien, avec son petit insigne du FBI sur la poitrine, ça ne laisse pas indifférent. J'en avais encore pour une semaine dans ce lit de mort, et il me serais enfin possible de partir d'ici et de finir ce babysitting avant de disparaître avec cette vie qui valait des tonnes de poudre et des marres de sang.


Libre:
Ah mais j'oubliais... Un Kaulins ne prend pas de vacances... Il disparaît hein?

J'aurai pu lui faire manger ses dents, lui rappeler que si elle était de sortie en ce moment c'était grâce à nous et pas seulement pour ses compétences à empiéter sur le terrain des bleus. Mais je n'avais rien fait, je n'avais rien dit et seulement affirmé ses propos. C'était devenu une marque représentative de ma vie. Je ne restais pas en dehors des caméras pour rien. Ma vie me valait de devoir rester dans l'ombre de ceux qui me cherchaient, de ceux qui pensaient me trouver facilement. Je n'étais clairement pas celui qui devait rester devant les halos des projecteurs. Je n'y causerai plus de mal que de bien. Et tandis que je repensais à la dernière phrase de cette charmante femme du FBI, Cal venait déposer une assiette devant moi. A seize ans, elle savait quand même se débrouiller. Pour une gamine qui savait comment planquer des pains de C4 sous un bar, elle connaissait aussi les rudiments de la bonne cuisine.

Tiens, c'est pas grand chose mais ça devrait être assez bon pour toi.
- Merci...


Elle s'asseyait en face de moi avec toute la bonté du monde sur son sourire. Il y aurait pu avoir du cyanure ou un quelconque produit mortel dedans, je l'aurai certainement avalé juste pour le minois d'une fillette qui s'épanouissait autrement qu'en tuant et détruisant. Là où l'on était logés, ce n'était pas le top confort. Ce n'était même pas "mon appartement" ou encore "ma chambre" mais c'était suffisant pour patienter de trouver un nouvel endroit où je pourrais convenablement me terrer sur un canapé qui me servirait de lit. La ruelle était à l'abandon et pas très loin de Pershing Square. C'était un lieu où les camés et les bons addicts se retrouvaient pour un trait dans les narines histoire de faire passer la journée plus vite. Tous les flics connaissaient l'endroit, mais aucun n'y vivait simplement parce que c'était trop dangereux pour eux. D'une seule main, j'entamais la nourriture préparée par la fillette, appréciant l'instant qui me semblait être nouveau. Partager mon repas avec une fille qui aurait très bien pu être la mienne, sans réellement penser à autre chose que de rester confortablement installé et ne rien faire de ses journées. Avoir une "vie normale" pour quelqu'un comme moi était purement inconcevable. Tôt ou tard je me ramasserai une nouvelle fois jusqu'à ce que quelqu'un décide de mourir de nouveau pour ma petite existence.

C'est pas bon?
- Ah... Si, si. C'est bien.
- Ah. Tant mieux...


Puis le blanc s'installait de nouveau dans le salon. Je n'étais pas doué pour engager une conversation. Les seules fois où j'avais réussi à sortir plus de dix mots consécutifs, c'était lorsque j'interrogeais les passants, les criminels, ou encore les victimes. Puis je constatais Cal qui mangeait sans retenue, sans garde, vulnérable à n'importe qui et n'importe quoi. Je me soulageais en me disant qu'elle ne serait bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Mais dans ce cas précis "bientôt" était tellement vague que je pouvais mourir de vieillesse avant qu'on ne retrouve son père. C'était quelque chose à laquelle il fallait s'attendre. Surtout pour que Vince me demande de le retrouver alors qu'il aurait bien pu le faire lui-même. Si il ne l'avait pas identifié, c'était certainement parce que même lui n'en avait pas les moyens.

Tu sais Cal...
- Hmm?
- Ca risque d'être très long avant qu'on ne retrouve ton père.
- Je me doute.
- Et comme tu es encore en âge pour apprendre ou grandir comme n'importe qui... Je me suis dit que ce serait pas mal pour toi de "vivre normalement".
- Hein?
- Bah tu sais. Aller à l'école, avoir des amis, grandir et découvrir la vie.
- Hmm.
- Non?
- Je sais pas... Je connais pas tout ça. J'ai toujours eue des cours particuliers.


A quoi je jouais? Je n'en sais rien, ces mots étaient sortis tout seul de ma bouche, convaincus de faire de l'effet et l'idée en elle-même n'était pas mauvaise. Dans les choix de sa vie, ils se séparaient en deux: devenir comme n'importe qui, ou emprunter un chemin dangereux. Est-ce que j'aurais fait la même pour Théa, avoir l'envie d'être ce père qui prenait soin de son enfant? Je n'en sais rien, et je ne sais pas trop si c'était mes séquelles qui s'amusaient avec mes pensées ou si j'étais encore dans cette optique de lui faire retrouver son père autrement. Quand on devient quelqu'un d'influençable par ses études, les informations viennent tout aussi simplement que si vous dégommiez la majeure partie de l'état en quête d'une seule réponse.

Pourquoi pas! Ca pourrait être marrant!

C'était sa réponse, et elle me regardait clairement dans les yeux. J'aurai pu sentir qu'elle me remerciait de l'aider dans sa vie, si je n'avais détourné le regard vers l'extérieur. Quantico nous observait toujours d'en bas, heureuse de savoir que les choses se déroulaient dans son sens. Elle avait clairement des idées dans sa boite crânienne et je ne voulais pas les connaître. Je soupirais de nouveau, avalant ce morceau de viande saignant. Je m'engageais dans un terrain que je ne connaissais pas. En sortant de ma zone de confort, je constatais clairement que ce siècle était en bois.




Dernière édition par Δ2 le Jeu 19 Oct 2017, 15:29, édité 10 fois
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Lun 18 Sep 2017, 17:59



E P I L O G U E
"Début des conséquences"



EPILOGUE-I:
Je revenais comme à mon habitude dans cette allée sombre. Rien ni personne ne la fréquentait à cette heure-ci, et j'en profitais pour finir une canette volée la demie-heure auparavant. Je marchais à mon allure tandis que les voitures de la ville délimitaient cette allée en passant devant sans ralentir. Je ne me sentais pas mal, je ne me sentais ni bien. J'étais juste là, à déambuler en traînant mes pieds. Les marchepieds étaient de moitiés décomposés. Une seule porte donnait à l'appartement qui était orné de décorations simples. Digne des vieilles personnes aux goûts contestables. Je m'arrêtais alors en finissant cette canette de soda, alors que j'observais sur ma droite un chat de gouttière, fouillant dans les sacs poubelles jetés la veille. Je m'accroupissais alors, en constatant le félin. Mes doigts se tendaient naturellement vers lui avant qu'il ne prenne la fuite sans que je ne puisse rien faire. Je laissais échapper mon bonheur sous un soupir long avant de me redresser. J'enjambais les marches, rejoignant la porte de l'unique appartement qui en découlait. Je l'ouvrais tout aussi discrètement que ma journée. A l'intérieur, ils discutaient de tout et de rien. Ils profitaient de leurs moments de rire pour boire une nouvelle gorgée d'alcool alors que je longeais le couloir pour rejoindre ma chambre. J'y déposais mes affaires avant de m'affaler sur le canapé qui n'était pas déplié. En regardant d'un peu plus près, je m'y accommodais tranquillement à ce confort bas de gamme. Je ramenais mes cheveux en arrière en constatant mes mains marquées brandies vers le plafond. Puis je soupirais de nouveau en fermant les yeux. Deux semaines s'étaient écoulées depuis la sortie de l’hôpital et je n'étais pas franchement en forme. Je ne savais pas où nous irions, ni même ce qu'il adviendra de cette vie de gamine. Mais dans ce flots de questions, j'avais confiance, si la loi de Murphy était une belle pute, alors il valait mieux en payer ses services.

Je me relevais hors de ce qui me servait de lit avant de rejoindre les personnes dans le salon. Naturellement, ils s'arrêtaient en me constatant, moi et ma mine défaite. Ils ne savaient pas quoi dire et la vielle femme tout à droite évitait de croiser mon regard, comme craintive.

Alors Cal, ta journée?

Tout ce qui ressemblait à l'obscurité qui s'était abattue cette journée au sein de cet appartement miteux venait de disparaître. J'observais Ethan qui, assis sur sa chaise et son whisky en main, me souriait naturellement. Mon cerveau venait de se mettre en pause. Alors que je m'étais embrouillée avec des gamins de mon âge, battue sous motif de renvois à la prochaine altercation, et volé une supérette pour une valeur de douze dollars, ma honte s'accumulait sur mon visage et par prétexte de mon adolescence difficile, je m'écroulais là. Je ne retenais pas mes larmes, et je ne voulais pas recevoir de sermons. J'étais juste perdue.

Rah Ethan tu l'as faite chialer!
- Mais quoi! J'ai juste posé une question!


C'était un trio que je ne connaissais pas qui me constatait alors avec peine. J'étais habituée à connaitre par les diverses photos celui qu'Ethan vivait ces dernières années, mais pas celui qu'il vivait actuellement. Et bizarrement, il souriait alors qu'il n'en avait pas l'habitude. Mark et Lindsey étaient de bonne fréquentation malgré leur âge. Je ne voulais plus que ça s'arrête. Cette vie tranquille sous le couvert du FBI et Ethan en tant que tuteur me convenait. Après trois semaines, j'en oubliais son objectif qui était le miens. Et je ne voulais plus y penser. Il avait bien mérité du repos, et j'étais là pour lui. Rien qu'eux et moi, c'était suffisant pour vivre normalement.

EPILOGUE-II:
Sil te plaît, dis-moi... Si je ne peux jamais avoir le bonheur dans la vraie vie, je ne peux pas au moins rêver à ce sujet?

Elle me regardait avec ses yeux verts brillants de larme. Et je ne savais pas quoi répondre à cette question. Je m'étais égaré depuis bien longtemps de ce qui me motivait à prendre soin d'elle, et je constatais de mes sens qu'elle ne voulait pas que je finisse ça une bonne fois pour toutes. Si au moins je n'étais pas capable de la rendre heureuse, je me devais de répondre à ses questions. Et alors que je lui caressais le haut de la tête de ma main atrophiée, je lui assurais:

Atoi de voir à quel type de bonheur tu aspire...




Dernière édition par Δ2 le Jeu 19 Oct 2017, 15:31, édité 1 fois
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Mer 20 Sep 2017, 17:21
Chapitre 10 entier, début du chapitre 11; les choses deviennent intéressantes.
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Jeu 21 Sep 2017, 22:51
"Et Jason court à sa perte car son objectif est un simple mensonge né de son propre esprit."

L'homme qui a tout compris. C'est boooo. *_*
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Lun 25 Sep 2017, 16:00
Fin du chapitre 11, chapitre 12 ajouté.

Elégie = L'élégie (en grec ancien ἐλεγεία / elegeía, signifiant « chant de mort »)
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Mar 10 Oct 2017, 12:31
Chapitre 13 entier!
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Mar 10 Oct 2017, 20:45
Partie 1 chapitre 14.
Ah et j'avais oublié qu'il reste qu'un chapitre avant la fin.
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Lun 16 Oct 2017, 12:29
Chapitre 14 enfin fini.
Le chapitre 15 sera le final.
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Mar 17 Oct 2017, 23:08
CHapitre final enclenché.
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Jeu 19 Oct 2017, 10:34
J'ai même pas posté mes chapitres que t'ai déjà exactement dans la continuité du bordel...
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Jeu 19 Oct 2017, 15:45
Messieurs-dames, c'est avec plaisir que j'annonce la fin de ce récit qui m'aura en effet coûté des heures de rédaction.

PARTIE I (Ethan Kaulins)
Ethan - The last of us (Prémices)
Ethan - Lourde gueule de bois à la Kaulins

PARTIE II (Kaya Fitzermann)
Kaya - Un nom de famille à ne pas évoquer
Kaya - Firsts sign of trouble
Kaya - Retour au point F(itzermann)
Kaya - What kind of grave am i made for

PARTIE III - FINAL (Ethan Kaulins x Mia Fitzermann x North Shannon)
Ethan - Digne d'un final
Mia - Cause à effet
North - Fatalités superficielles
Ethan - Need for free
Ethan - Fin des causes (Final)

Et vous me direz, quel intérêt de poursuivre un background sous un autre personnage (partie 2 sous Kaya), et simplement parce que c'était nécessaire pour l'évolution d'Ethan, et ça permet aussi de voir autre chose que son seul point de vue.

• A peu près +1M de lettres.
• Environ 300.000 mots.
• Approximativement 20 litres de sang versés dans ce "récit 3".
• Quelques 30 morts.
• Une seule survivante.
• 13 ennemis communs.
• Divers OST de jeux-vidéos, films et musiques. (3h54 d'écoute) (et mes préférés)

Voilà.



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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

le Jeu 19 Oct 2017, 15:55
Faible.
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Re: Ethan Kaulins - Fin des causes [Partie 3]

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