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Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Ven 16 Juin 2017, 22:01



"Un Aigle sans ailes tombe lourdement en se rendant compte que son principal atout vient de s'envoler."










J'avançais au travers cette allée couverte de sang, trouvant finalement ce putain de chemin à travers les morts. Les poings écorchés, saignants et écarlates, ma main droite venait encore fermement tenir ce 44 Magnum que j'appréciais tant. La main gauche posée sur mon abdomen... La blessure n'était pas belle, et pourtant... Je continuais d'avancer, boitant de surcroît, le regard autant emplie de peine que remplie de rage. Ils avaient fini par me pousser à bout... Ils ont tenté de m'arracher la seule chose qui faisait que la chute était moins douloureuse. Espèce de bâtard de merde qui a cru pouvoir résister à Jason Hawks... Et quand j'enfonçais la porte de ce bureau, trois balles venaient se loger dans trois torse différent, avant que mon arme ne vienne s'élancer en plein dans le visage de l'homme qui se dressait face à moi. Au moins, elle lui laissera une belle marque à l'oeil si je venais à échouer.

Je venais m'élancer sur lui, lui assénant plusieurs coups à l'estomac. La fatigue et la douleur étaient là. Je m'en moquais. Je continuais de frapper, criant autant de rage que de peine. Des gestes vifs, efficaces, avant l'uppercut, puis la gauche. Il s'effondrait au sol, tandis que je reprenais mon souffle derrière mes dents serrés, et ma mâchoire prête à éclater tellement que je forçais dessus. Il se relevait, se contentant de remettre sa veste de costume à sa place, desserrant légèrement sa cravate, sous le regard froid et le sourire diabolique que je lui dressais. Moi... Je me contentais au contraire de m'effondrer, m'appuyant sur le mur pour ne pas toucher le sol. Je lui faisais signe d'approcher, tandis qu'il sortait un cran d'arrêt, s'élançant vers moi. Un pas sur le côté, puis un coup de genou à l'abdomen. Sa lame venait taillader mon bras, me faisant souffrir davantage. Il s'élançait encore une fois. Un nouveau pas sur le côté, puis mes deux bras relevés en défense venaient finalement bloquer le sien. L'avant bloqué, mon poing gauche venait rapidement frapper plusieurs fois sur le coude détendue, lui faisant lâcher prise, sous des cris de douleurs lorsque son bras n'était plus rien d'autre qu'un morceau de viande dont l'os avait cédé. Je l'attrapais par la gorge, l'assénant de coup de poing au visage, avant de le balancer par dessus son bureau. La force employée ne faisait qu'aggraver ma blessure, et finalement... Je tombais au sol, atterrissant sur mes deux mains, le souffle en peine et la respiration incontrôlable. Mes blessures saignaient davantage alors que je me contentais de rire. J'avais fini par retrouver le sourire... Mais ce n'était décidément pas le bon.

Mes oreilles commençaient à siffler. Signe évident que mon corps se foutait en état d'alerte. Signe que je préférais ignorer, revenant me relever alors que ce bon vieux buveur de thé venait m'asséner un coup de pied au visage. Je retombais en arrière, en boule, les bras en défense, tandis qu'il continuait de me frapper au sol. Je voyais finalement la fin arriver. Est ce que je venais de perdre, alors que ma vision venait se brouiller ? Les douleurs étaient insupportable... Mais je continuais de me battre. Je ne voyais plus rien... Jusqu'à ce que je relève la tête... Elle était là. Elle me suppliait de succomber... Me disant que j'avais assez souffert. Que mon heure était venu... Connerie.

Mes esprits revenaient. Je lui bloquais la jambe, frappant lourdement son entre-jambe avant de me relever. On aurait pu entendre les sirènes, si les basses de ce nightclub clandestin ne continuait pas d'émettre à un niveau de décibels peu acceptable pour un cerveau comme le mien. Il venait se relever difficilement, tandis que mon pied venait le propulser à travers la baie vitrée, le faisant tomber quelques mètres plus bas au milieu de la piste déjà vide, si ce n'est remplie de quelques cadavres que j'avais laissé traîner. Du haut de son bureau, je le voyais s'agiter, cherchant une fuite, rampant comme l'animal prêt à se faire égorger. Et mon visage n'en était que plus froid à chaque instant que l'image me venait en tête. Finalement, je me laissais tomber, rejoignant la piste, marchant vers lui. Il se remettait sur le dos, me suppliant de l'épargner.

"T'es flic bordel."

Il aurait pu trouver un meilleur argument. Il a évidemment sortit le plus logique. Mais je n'étais pas là pour un simple contrôle de stupéfiants, où une licence impayée... Non... J'étais juste là par vengeance. Je regardais de l'autre côté de la piste... Elle était encore là... Ne disant rien et se contentant d'observer mes faits et gestes. Une hallucination trop réelle, que je venais effacer de ma mémoire d'un simple coup de rage. Et naturellement, lorsque je venais regarder de nouveau ma prochaine victime... ma réponse fut:

"T'as raison... Je devrais m'arrêter moi même."

Une pointe d'humour dans ce monde de brut... Ce n'était pas trop demandé...







Chapitre I.I.:

Je me remettais face à ce minable, attrapant le canon de son arme avant de la plaquer contre mon front, le visage digne d'un Fitzermann.

"Fais moi le plaisir de pas de louper."

Il s'était figé. Finalement, lui qui était en position de force, ne comprenait plus trop ce qu'il se passait et ce qu'il devait faire, tandis qu'une larme coulait sur ma joue, crispée par mon sourire froid.

"Je ne peux pas l'faire pour toi gamin. Appuie ou t'es mort."

Ca ne semblait pas vraiment le réveiller. J'avais autant envie de vivre que de mourir. Un pied dans la tombe, après m'être égaré sur ce chemin au travers les morts. Ca faisait trop longtemps que j'étais devenue une épave incapable de prendre des décisions sur le long terme. J'avais jeté Tia, tué indirectement Fitzermann. Je n'avais pas pu sauver Sharon, et je n'avais certainement pas pu me résoudre à pourquoi elle était morte... Je repoussais tout les autres, et les responsabilités avec. Ca me donnait l'impression de vivre sans les limites de la mort. Et finalement, je n'étais que le parfait connard qui ne connaissait désormais qu'une longue dépression, à passer les jours à boire, chopper des criminels, penser à toute cette merde, et recommencer le lendemain. Vivre au jour le jour, jouant les sociopathes au point de finir par le devenir si les choses ne changeaient pas. La balle que ce type aurait pu changer la donne. Au moins, en mourant à ce moment là, j'aurais été mort en héro d'après la ville. Un bon lot de compensation hypocrite que je ne méritais pas vraiment. Et pendant que je revoyais ma vie défiler dans cet intense silence, je voyais sa main trembler, tandis que son index avait du mal à trouver la force de presser cette foutue gâchette.

Il fallait prendre une décision... Il n'arrivait pas à la prendre. Ce mec n'était pas un criminel. Juste un gosse apeuré. Le syndrome du caniche, aboyer beaucoup pour agir peu. Et devant une telle fatalité, il fallait que je prenne la décision à sa place. Je relâchais le canon, le décollant de mon front, avant de re-boire une gorgée de whisky. Du moins... C'était le but de la feinte, lorsque ma main gauche venait écarter l'arme de ma tête, et la bouteille de whisky frappant l'arcade du type.

"Loupé... J'suis pas content."

Je revenais m'approcher de lui, tentant de lui donner un coup de pied à l'abdomen, tandis qu'il bloquait ma jambe. Je ne m'y attendais pas vraiment. Un coup sec à la cuisse, avant de s'aider de mon T-shirt pour se relever, me donnant une droite au visage, avant de retomber au sol, et moi avec. Un léger regard croisé, avant de fixer mon 44... Il était plus prêt que moi de l'arme. A portée de main presque...

Chapitre I.II.:

"Merde."

Je me relevais rapidement, rejoignant le couloir, tandis qu'une balle venait me frôler, s'écrasant dans le mur, et une autre me frappant directement dans l'épaule. Inévitablement, mon équilibre venait en prendre un coup, avant que je ne m'écrase au sol derrière le mur, rampant jusqu'à ma chambre, en tentant de me relever avec mon autre main. Il me suivait de prêt. Un peu trop prêt à mon goût lorsqu'une nouvelle balle venait me érafler ma jambe. Je me jetais directement dans la chambre, retombant sur la mauvaise épaule. Il venait crier à travers la maison, appelant ses camarades de jeu. Je savais que la nuit n'allait pas être une partie de plaisir lorsque l'électricité de la maison venait sauter. C'était une mauvaise idée de l'avoir laissé en vie. D'un côté je m'en voulais... Mais comment complètement s'en vouloir d'avoir laissé la vie à un mec qui ne dépassait pas les 25 ans ? Je venais ramper jusqu'au lit, tandis qu'il s'approchait. Ma main plongé sous le lit, j'attrapais rapidement le fusil à pompe caché là. La pompe faisait rapidement comprendre au gars que je n'étais pas vraiment prêt à me faire flinguer. Malheureusement, il n'a pas capté que je visais déjà la porte quand il s'est montré, avant de finir 50 centimètres plus loin en arrière, éventré d'une cartouche qui ne l'avait pas loupé.

Je me relevais, m'approchant de lui, ne voyant pas où je mettais les pieds. J'allumais la lampe tactique du fusil, constatant qu'évidemment... Son ventre ressemblait plus à une bête déjà battue à l'abattoir qu'à celui d'un être humain en plein marathon. Son regard emplie de haine dégageait une certaine tristesse... Sûrement celle de ne pas m'avoir flingué. Je ramassais mon 44 Magnum qui était juste au bout de ses doigts, le coinçant à ma ceinture.

"T'aurais pu avoir une belle vie de criminel ailleurs... Et il a fallu que tu revienne pour me flinguer.
- Pas seulement moi... Tu mourra... Pour tout ce que tu as détruit...
- Fitzermann était même pas votre chef, qu'est ce que tu me raconte ?
- Fitzermann... Est un symbole... "


Quand on croit à quelque chose, on est prêt à faire l'impossible pour ça. Lui, il avait choisis de croire que Fitzermann était la reine incontesté du crime, et voulait la glorifier. Un fanatique sans plus d'esprit que ça... Etonnant, pour quelqu'un qui admire les Fitzermann. Il est mort pour une femme qu'il n'a jamais connu et qui ne l'a jamais connu. Il l'avait érigée au niveau de légende urbaine, comme si elle n'avait jamais existé vraiment mais que son esprit était là. Je me demandais bien combien de types comme ça il existait... Et surtout quelle genre de connerie une telle idéologie pouvait bien cacher. Je n'étais pas dupe, personne n'est aussi fan de quelqu'un comme ça. Une façade pour quelque chose de plus vaste... Je restais cependant sans réponse... Cela dit, elle n'allait pas tarder à m'exploser à la gueule. Littéralement.

Chapitre I.III.:

"Eloignez vous !"

J'entendais ça à l'extérieur de la maison, au niveau de la porte. Le genre de phrase qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille lorsque la magnifique entrée de mon havre de paix venait se transformer en porte des enfers, avec un chouette feu d'artifice. Je ressortais de derrière mon mur, observant les dégâts qui, je m'en doutais alors, n'allait certainement pas être remboursé par l'assurance. Soudainement, les lampes à l'entrée se tournaient vers ma direction lorsque mon fusil venait transformer le premier crâne venu en une bouillie ramassable à la cuillère. Le mur était assez épais pour que les balles reste bien de l'autre côté, malgré que l'une d'elle finissait sa course au niveau de mon abdomen... Et cette blessure n'était pas vraiment prévue au programme. Je venait grincer des dents, voyant que la mort venait de faire un pas de plus vers moi. Et pendant que je tentais d'oublier la douleur abominable que me faisait à la fois mon abdomen et mon épaule, les rigolos derrière continuait de tirer dans le mur, comme si il allait s'effondrer à force de tirer dessus.

Fusil mitrailleur... Des armes de pointes pour des criminels de ce niveau. Il semblait bien que mes conseils en criminalité avait porté leur fruit. Des tenues tactiques... Pas assez lourde pour retenir de la chevrotine, mais assez efficace pour une progression rapide. Une espèce d'unité d'assaut sans protection réelle et sans cervelle. Ils venaient par les deux côtés du couloir. Le premier se prenait ma crosse de mon fusil, tandis que le second bouffait le plomb après que je me sois retourné. Je venais immédiatement me réfugier de nouveau dans la chambre. Les balles fusaient à travers la porte, tandis qu'une lueur s'approchait dangereusement de ma fenêtre, venant la briser... S'éclater au sol... Et devenir une plus grosse lueur. Ces putains d'enfoirés transformaient désormais toute la maison en enfer... Quoi de mieux que des cocktails molotovs. J'éteignais la lampe de mon fusil, passant rapidement ma main sur ma blessure. Je ne voyais pas vraiment ce que ça donnait, mais je le sentais... C'était déjà de trop. L'un des gars m'attendait juste derrière la porte, tandis que j'étais presque plié en deux de douleurs... Tout ces antalgiques... A me demander pourquoi je les prenais si c'était pour souffrir davantage à chaque nouvelle blessure. La maison venait s'allumer comme un sapin de Noël sous les flammes un peu trop proches de moi. Je n'allais pas tarder d'étouffer ou de brûler dans cet chambre tandis que j'entendais les autres fenêtres s'éclater, sûrement pour les mêmes raisons. Je revenais viser la porte, entendant la respiration du gars juste derrière. Dans le doute j'ai tiré à travers la porte. Et finalement, le pauvre type venait s'effondrer au sol, hurlant de douleur. Les flammes venaient s'étaler dans la chambre, sur les rideaux, les meubles et les murs. J'ouvrais rapidement la porte, me dévoilant sur le couloir, abattant le premier type visible dans le viseur. Un deuxième me canardait depuis l'entrée. Je relâchais le fusil, attrapant le 44 Magnum. Je n'avais qu'une chance. Je me loupais, et la balle qui s'en suivrait me coucherait au sol en attendant que les flammes m'emportent. Je réussissais, et je gagnais quelques instants de survie supplémentaire. Un grand instant de silence au milieu des flammes, du sang et des balles. Je sortais une dernière fois de derrière du mur, tirant les balles qui restaient dans le barillet courant à travers le couloir, finissant encore une fois derrière un mur. Un léger coup d'oeil sur l'entrée... Il était mal en point, tandis qu'un dernier type se présentait. L'arme qu'il tenait était un peu différente des autres... Mauvais plan... Je traversais le couloir à pleine vitesse lorsque une roquette venait traverser la maison, explosant à l'entrée du couloir, m'emportant dans son souffle. Au moins... Je n'avais plus besoin d'appeler une équipe de démolition.







Chapitre II.I:

La maison en feu... Une entrée gardé par un lance roquette... La soirée était génial. J'étais vivant... Dans une maison qui s'effondrait. L'explosion avait fini d'étaler les flammes déjà présentes. La mort avait fait de nouveau un pas de plus vers moi. Le sifflement dans mes oreilles m'empêchaient d'entendre les sirènes qui se faisaient de plus en plus bruyante. Je relevais la tête, l'arme au bout des doigts. Assez de force pour la sentir, pas assez pour la retenir. Le sang coulait lentement, de la tête jusqu'au bout des doigts, l'abdomen en mal et les jambes engourdies. J'observais finalement face à moi cette bouteille de whisky qui s'était vidée. Elle était à portée de main. Je l'attrapais, riant de la situation, toussant, avant de boire la dernière gorgée qui s'était contenue... J'étais bloqué par les débris qui m'étaient tombé dessus, les flammes n'étaient pas loin, et l'oxygène venait se consumer, ne laissant qu'une fumée noire opaque à travers les crépitements de ces grandes lueurs orangées qui dansaient autour de moi. Les assaillants étaient partit, laissant place aux secours... Laissant leurs morts ici, et croyant que j'étais dans le même état. Il était difficile d'admettre que j'étais toujours vivant, bien que je n'étais pas loin de me faire ramasser par la grande faucheuse... Les sifflements se faisaient de plus en plus assourdissants, et pourtant je m'entendais respirer cette foutue fumée. Et je ne sais pas si c'est elle ou juste mon cerveau manquant cruellement d'oxygène, mais tout devenait plus noir que ce que ça ne l'était déjà. Je tentais de me débattre contre les débris, incapable d'exercer une force suffisante. Ma respiration prenait un rythme incontrôlable. J'abandonnais... Il n'y avait pas vraiment de surprise. Soit les secours faisaient bien leur travail, soit je mourrais dans les dix minutes qui suivaient. Je fermais les yeux, soupirant, grimaçant. Désormais, la douleur était la seule chose qui me tenait éveillé, avec cette voix...

Je ne sais pas d'où elle venait. Mais je l'entendais m'appeler... Je reconnaissais cette voix... La voix de Tia. Voix d'ange entre les entrailles de l'enfer, elle venait apparaître derrière les robes rouges qui se mouvaient sur les murs. Ma respiration était redevenue calme... Une sorte de tranquillité qui conclurait sur la fatalité.

"Tu as fait ce que tu devais faire... Laisse toi aller. "

Mon esprit venait disjoncter, et mes yeux pleurer... Je voyais Tia... Une hallucination un peu trop réelle, qui consumait mes dernières force à faire tourner mon esprit comme une toupie. La maison continuait de s'effondrer, les flammes progressaient... Et je pleurais dans un rire nerveux, entre deux quintes de toux et un crachat de sang... Regardant Tia qui se contentait de me sourire, me demandant de mourir. Le tout dans un sentiment de ralentie. C'était ça ma conclusion ? Mourir étouffé si les flammes ne me brûlaient pas avant ? Après tout ce temps... Toutes ces conneries... Je devais mourir dans ma maison attaquée par une équipe d'anglais un peu trop téméraire, avant d'avoir le temps de fixer les problèmes ? C'était logique... Et ridicule... A la hauteur de mon existence.

"Abandonne Jason... "

Comment refuser ça ?... Mon esprit venait me lâcher. Après tout, j'avais autant envie de vivre que de mourir, et ça devait bien faire longtemps que j'attendais ce genre de moment. J'en avais finalement l'occasion... Alors je refermais les yeux, dans l'espoir secret de ne plus les rouvrir.

Chapitre II.II.:

Le bip d'un moniteur, le cri d'hommes s'excitant autour de moi. Le bruit assourdissant d'une sirène. La douleur incontestable d'une blessure un peu trop mauvaise. Mes yeux finissaient finalement par se rouvrir. Et ça ressemblait à tout sauf au paradis. Ma respiration reprenait un rythme effréné, tandis que le moniteur s'emballait.

"Il est vivant !
- Commandant Hawks... Calmez vous, nous sommes bientôt à l'hôpital. "


Revenu d'entre les morts. Elle avait disparue... Et mes larmes avaient séché, laissant la suie coller à ma peau. J'avais sentie que mon coeur c'était arrêté pendant un instant. J'étais presque arrivé aux portes du royaume des morts qu'un lasso m'avait irrémédiablement ramené à la surface. L'ambulance venait freiner sèchement. Vision trouble, douleur atroce... Je franchissais la porte des urgences, entourés d'une bande de tarés qui n'avaient qu'un but: Me sauver la vie. Et comme d'habitude, je détestais toujours cet endroit. La lumière des néons me brûlaient les yeux déjà injecté de sang et le vacarme alentours faisaient vibrer mes tympans.

Je revoyais les mêmes infirmières depuis presque vingt ans. Les échos du passé faisaient surface à chaque fois que je passait ces portes... Me rappelant chaque coup que j'ai pris plus jeunes. Certains finissait avec un supplément de l'infirmière, et d'autres finissait avec le fameux: "Casse toi pauvre type". Ce soir là, c'était plutôt: "Oh mon Dieu, un commandant du LAPD c'est fait tiré dessus.". Ce n'était plus des blessures de combat, mais bien des blessures d'une fusillade un peu trop chaude et d'explosifs. Ca m'arrivait, de temps en temps. J'entendais à peine ce qu'ils murmuraient tous... A moins que c'étaient des cris... Impossible à dire. Mes blessures me faisaient perdre autant la tête que le sang. Deux mauvaises balles à en juger les dires du chirurgien. J'étais dans le bloc opératoire... Là, pour le coup, ça faisait un moment que je n'y étais pas retourné... Leur putain de grosse lampe venait m'éblouir, moi qui avait déjà du mal à contrôler mes sens... Et rapidement... La tranquillité. Plus de bip bip... Plus de paroles de médecins qui s'acharnaient autour de moi. L'agitement venait se dissiper tandis que je respirais dans ce masque. Agréablement surpris... J'étais là, allongé sur la table d'opération, et je m'endormais de la manière la plus paisible au monde. Etonnant. J'étais mort... Je revenais vivre un cauchemar en pleine apogée, et d'un coup d'anesthésiant, je me retrouvais dans un doux rêve. Enfin, disons que le cauchemar était assez supportable pour devenir un rêve. A vrai dire, ça faisait longtemps que je ne rêvais plus, et que je me contentais de supporter les nuits les unes après les autres jusqu'à la rupture.

Ce sommeil plus paisible semblait durer éternellement jusqu'à ce qu'il devienne trop court. Un nouveau murmure... et le bruit du moniteur me réveillant encore. J'étais étendue là, dans un lit d'hôpital, branché comme un comateux en phase terminal. J'avais du mal à sentir quoi que ce soit avec le taux de morphine dans les veines. L'avantage de tout ça, c'est que je ne souffrais plus physiquement, et j'étais assez shooté pour ne plus penser. Je rouvrais les yeux difficilement, grommelant, en regardant autour de moi. Et soudainement, je pleurais... Allez savoir pourquoi. Etait-ce l'effet des médicaments, ou juste un retour trop brutal à la réalité ? J'avais peut être plus envie de vivre que ce que je croyais. La seule chose que j'ai retenue de cet apocalypse... C'est l'hallucination que j'ai eu. Tia était là... Seulement dans mes pensées certes, mais au moins elle était là. Elle était au final la seule chose qui me donnait l'envie de continuer, et paradoxalement la seule chose que mon esprit a trouvé pour me convaincre d'arrêter. Finalement, j'avais réussis à toucher le fond. Un Aigle sans ailes tombe lourdement en se rendant compte que son principal atout vient de s'envoler. Je venais d'atteindre la fin de la chute. Je sentais l'atterrissage... Il était violent. On en était là, sûrement. Le petit gars qui me disait qu'il fallait continuer de creuser au fond du gouffre avait finalement atteint le point de non retour, sa pelle coincée dans le sol.

Epuisé... C'était le mot adapté. Je survivais, mais je résistais de moins en moins à toutes ces galères, ces fusillades... Un monde qui m'en voulait alors que j'avais juste dans l'idée de l'aider. J'ai juste dérivé de l'objectif au fil des années.







Chapitre III.I.:

Les journées étaient longues, dépourvues d'intérêt. Je pouvais à peine bouger de ce putain de lit, complètement en phase avec l'au delà. Je devenais dingue au fil des jours. Enfin, je l'étais déjà, mais ça ne faisait qu'empirer. Impossible de sortir dans le couloir où d'avoir une quelconque concentration pour quoi que ce soit. Trop blessé pour bouger, et trop shooté pour penser. Dormir était la seule chose productive à faire, et ça me rendait encore plus malade. Je revenais soupirer à l'idée de devoir encore souffrir dans cette chambre qui diminuait grandement mes chances de survie en cas d'attaque et qui, de toute évidence, n'était pas assez grande pour moi.

Les yeux ouverts, les oreilles encore trop concentrés sur ce foutue moniteur qui faisait un bruit infernal. Un son répétitif, dont le rythme était à rendre fou le plus calme des hommes. J'aurais pu exploser cet appareil si j'avais la force de me relever. Au lieu de ça, je me contentais de fixer le tracé qu'il présentait, avec mes yeux qui avaient du mal à rester ouvert. Régulier, au même titre que le bruit insupportable qu'il émettait. Ma tête venait lourdement se retourner de l'autre côté de la pièce, attiré par un autre son tout aussi insupportable. Et je voyais cet homme, assis là, la chaise sur deux de ses pieds et l'autre chaise servant de pose pieds. Il me regardait du coin de l'oeil, mangeant sans impunité son paquet de biscuit qui, de toute évidence, me faisait plus envie que la bouillie que l'on me servait chaque jour.

"Salut...
- T'as pas autre chose à foutre Hayes ?
- Non."


Que Dieu me vienne en aide, lui qui m'avait déjà abandonné. Shawn venait reposer sa chaise sur ses quatre pieds, lui laissant un moment de répit. Il se contentait de me fixer avec son regard indifférent en piochant dans son paquet.

"On t'a déjà dit que t'étais pas facile à tuer ?
- J'ai dû apprendre ça de toi j'imagine.
- M'ouais, probablement."


Il reprenait sa posture précédente, jetant son paquet vide à la poubelle avant d'en attraper un autre. Il mangeait, bruyammant et content de le faire, tandis que j'espérais juste qu'il s'étouffe avec. Ca me gênait, et il en était bien conscient, tandis qu'il se marrait en silence, observant l'infirmière franchir la porte.

"Bonjour messieurs.
- Ouais ouais. "


L'indifférence de Hayes était presque confondable avec de l'arrogance.

"Comment allez vous aujourd'hui ?
- Ca irait mieux si je pouvais sortir.
- Pas tout de suite. Ca ne fait que deux semaines que vous êtes là. C'est déjà un miracle que vous ayez survécu..."


Elle venait me regarder avec son regard bien à elle, moi qui comprenais à peine que j'étais conscient. Un sourire de sa part en guise de réponse, elle c'était ramenée avec une poche d'un produit quelconque, tandis que Hayes s'arrêtait finalement de manger. Lui d'un côté qui fixait l'infirmière d'un regard presque inquiétant, et elle qui le fixait avec exactement le même regard, le temps venait littéralement se geler...

"Qu'est ce que vous lui injectez ?
- Ce que le médecin m'a demandé.
- Et il a donné quoi ce médecin ?
- Qu'est ce que ça peut vous faire ? Vous êtes le patient ?
- Non.
- Alors ?
- Alors casse toi.
- Pardon ?
- Non.
- Quoi non ?
- La ferme.
- Vous êtes pas bien vous hein ?
- Perspicace."


Un espèce d'instinct... Hayes avait sentie quelques chose... Et l'infirmière sentait que Shawn avait sentie quelque chose. Elle venait retirer la poche, s'approchant lentement de la porte, fermant celle-ci.

Chapitre III.II.:

J'étais pour une fois plutôt bien réveillé. Il ne fallait pas que je retombe. Chose non aisée quand on est sous médicaments assommant depuis deux semaines. Elle restait immobile, fermant la porte à clef derrière elle. Shawn venait discrètement sourire de la manière la plus Fitzermann qui soit.

L'idée de me tuer de cette façon était brillante... Au pire des cas, ça aurait été une faute professionnelle, mais la poche non indiquée et le fait qu'on ne sache pas d'où elle sort, difficile de blâmer précisément quelqu'un. Un coup classique d'une bande bien organisée qui prenait un peu trop de place dans l'hôpital. J'ignorais quel genre de produit elle voulait m'injecter, et le temps que ça aurait prit pour me tuer... Mais j'imaginais bien que ce n'était pas instantané.... Peut être même assez lent pour ne pas que l'on pense à l'hypothèse de la fausse poche. Et Hayes avait suivit le même raisonnement, ajoutant:

"Intelligent... J'aimerais bien savoir qui a monté le coup..."

Elle remettait la main dans sa poche, se préparant à une éventualité qui m'aurait de toute évidence été peu favorable. Elle avait prévue que son petit jeu ne marcherait pas. Bien joué... Elle savait bien qu'on était loin d'être le genre de types qui font confiance à la première personne venue. Et elle ne savait que trop bien en jouer.

"Un vrai travail de professionnel... Maintenant qu'on soit d'accord... Vous pouvez essayer de le tuer avec la lame que vous cachez dans votre poche, mais je vous déconseille cette option.
- Je ne fais que mon travail... Et on m'a bien largement payé pour que j'essaye d'aller jusqu'au bout.
- Alors... Qu'est ce que vous attendez ?"


Pour une fois, je laissais Shawn négocié. Il fallait bien admettre que je n'étais pas vraiment en position de force, et que ce grand métisse désabusé me faisait parfois un effet semblable à de la peur. Elle sortait la main de sa poche rapidement. J'étais incapable de bondir tandis qu'elle s'approchait de moi. La lame brandit, elle était sur le point de me la planter dans le coeur, tandis que Shawn, de l'autre côté du lit, lui attrapait le poignée, la faisant reculer d'une droite bien placé. Shawn passait de l'autre côté, faisant désormais barrage entre cette tueuse un peu jeune et mon corps déjà trop vieux. Elle se lançait sur lui, le bras bloqué. Le son de la cassure était nette, et les cris de la jeune femme à faire rameuter tout l'hôpital. Son genou venait se plier, sa tête frappant le rebord du lit, avant que l'ensemble du corps soit éjecté vers l'arrière. Déjà, la porte venait trembler, quelqu'un forçait dessus depuis le couloir.

"Alors c'est ça ? Une autre tueuse dans nos vies ?
- Je vais t'égorger vieux noir.
- C'est presque raciste dit comme ça... Et en plus je suis métisse."


Elle venait se jeter sur Hayes comme si ce n'était qu'un morceau de viande. Et comme tout animal affamée, elle n'avait pas beaucoup d'esprit sur le moment. Shawn venait bloquer la main encore disponible, se contentant de casser davantage celle qui ne l'était pas. Un coup de pied à l'estomac faisait définitivement reculer la jeune femme qui se remettait à crier, regardant désespérément sa main qui n'en était indéniablement plus une.

"Je souffre constamment... Je sais ce que c'est que de faire mal. Et lui aussi le sait..."

Elle venait de réveiller la bête... On savait déjà que Shawn avait un problème psychologique... Même si je ne l'avais encore jamais vue à l'oeuvre. Hayes venait saisir cette femme, alors que la sécurité tentait encore de défoncer la porte. La lame dans la main, il se contentait de la lui planter froidement... Non pas pour la tuer... Juste pour la faire crier. Et Dieu sait qu'elle criait... Elle criait tellement fort sous le rire glauque de Hayes, qu'on en aurait presque oublié que c'était nous les victimes.

"Shawn ! Arrête ça !
- Noooooon.
- Putain Shawn !"


Soudainement, Shawn se mit à crier aussi, revenant jeter cette femme au sol, laissant la lame plantée dans la chair. La porte venait se défoncer, et Hayes restait là, le regard vide. L'un des gardes tenta de l'interpeller, le faisant se retourner. Un face à face qui faisait peur, alors que le regard de Hayes venait passer de vide à remplie de noirceur, prêt à égorger ce pauvre gardien. Moi, au travers, je tentais de m'interposer, relevé sur mon lit.

"C'est bon... Laissez le...
- O... Okay... Et elle ?
- Appelez les flics... J'vais avoir besoin de lui parler.
- Vous êtes dans un lit d'hôpital."


J'arrachais rapidement tout ces foutues câble, tentant de me relever de ce lit. La tête que je tirais était à l'image de ma situation. Je n'étais pas en état de faire un marathon, mais assez pour tenir debout. Le principal était donc là.

"Plus pour longtemps. "







Chapitre IV.I.:

Le lendemain même je sortais. Les efforts venaient radicalement me rappeler à quel point le corps humain a ses limites. Mais il fallait bien admettre que j'étais bon pour les pousser à bout. Il y a quelques semaines je pouvais encore courir le marathon, la veille j'étais presque un légume, et ce matin là j'étais obligé de marcher avec une canne. Le genre de situation qui donne un sentiment d'impuissance et de faiblesse qui ne fait que s'accroître. Mais il fallait bien accélérer le processus. Je n'avais pas vraiment prit le temps pour les papiers de sortie de l'hôpital...

"Monsieur Hawks... Vous n'êtes qu'à deux semaines de convalescence.
- Je vais bien doc'.
- Mais.
- EH. Si vous voulez me parler... Envoyez moi un fax."


Un fax... Non mais fallait vraiment que ça aille mal... Je sortais de cet hôpital, me sentant libre comme l'air. Tel un taulard après 20 ans de prison... Je montais dans ce bon vieux pick-up, observant Shawn.

"T'as failli la buter...
- C'était pas le but.
- Tu prends pas de medocs pour tes excès ?
- Sans mes excès tu serais mort.
- C'est pas faux...
- Alors on peut y aller. "


Et en route pour le poste de police. Pershing Square venait se remplir peu à peu tandis que le soleil tapait déjà trop fort en ce temps d'hiver. Je sortais du véhicule. Evidemment, Hayes n'avait pas vraiment envie de m'accompagner. Ca se comprenait. Et aussitôt, il disparaissait dans la circulation. Pas un mot de plus... Juste des services qu'on se rendait, bien que ces derniers temps... C'est bien lui qui m'en rendait le plus. Je franchissais le seuil de la porte du poste de police, changeant le bruit des klaxons et des moteurs au bruit des téléphones du Central qui sonnaient toutes les cinq secondes. L'odeur du café était cela dit plus agréable que celle des gaz de pots d'échappement. J'avançais tranquillement... j'avais mal, et les médicaments ne me soulageaient que trop peu. Après avoir perdu mon intégrité mental, je perdais peu à peu mon intégrité physique. Cela dit, je savais que ça reviendrait, mais le temps que ça prendrait était trop long par rapport à ma situation actuelle. Je traversais l'ensemble du commissariat, me rendant en salle d'interrogatoire. Cette jeune femme avait quelques secrets à me révéler, et j'avais hâte de les entendre. J'arrivais finalement, franchissant la porte sans même chercher à comprendre ce que l'agent devant cherchait à me dire. Je venais la claquer derrière moi, et on était partit pour l'interrogatoire de la semaine.

"Bien. Comment tu t'appelle ?
- Mon nom a vraiment une importance ?
- S'il te plait... L'aspect Fitzermann... C'est pas le genre de choses à faire avec moi."


Elle restait de marbre, s'accoudant à cette table en me fixant de ses yeux bleus envoûtant, mais pas assez convaincant sur moi.

"Vous vous en êtes prit au mauvais groupe on dirait...
- C'est l'histoire de ma vie..."


Je venais m'asseoir lourdement sur la chaise, posant ma canne sur la table. Les yeux dans les yeux, je savais que la journée allait être compliquée.

Chapitre IV.II.:

"Raconte moi tout... Qui t'as engagé pour me faire la peau ?
- Vous êtes particulièrement dur à tuer...
- Encore une fois... C'est l'histoire de ma vie. Alors... Le nom...
- John Smith.
- Tu me prends pour une bille ?
- Franchement... Pourquoi je vous le dirais ?
- Combien il t'a payé ?
- Beaucoup...
- Son nom...
- Vous avez décidément fait chié le mauvais londonien...
- J'ai juste fait chié des pseudo-criminels qui ne savent pas tenir un flingue.
- Des pseudo-criminels qui avaient quelques affaires... Avec le mauvais londonien.
- Fitzermann ?
- Oh non... Mais on n'en est peut être pas loin.
- Putain je le plains...
- Qui ça ?
- Ton mari.
- J'suis pas mariée.
- Tu m'étonnes..."


Je me relevais, soupirant lourdement en me grattant l'arrière du crâne. Elle était tenace... Comme tout les putains de criminels venant du Royaume Uni il faut croire.

"Bon... Ton nom à toi, c'est quoi ?
- J'ai plus de nom...
- Je vais t'appeler Barbie.
- Si vous voulez.
- Bien Barbie. C'est quoi ton nom ?
- Je... Quoi ?
- Ouais...
- Vous savez quoi ? J'arrête de parler.
- Ouais, encore une fois, pas vraiment de surprise.
- Si vous saviez...
- Bah parle alors.
- Non."


Elle ne voulait pas dire grand chose. Et il faut bien admettre qu'elle avait raison. J'étais généralement doué pour les interrogatoires, mais c'était souvent ceux qui ne comprenaient pas d'éthique. Là... J'étais dans l'impasse de mes fonctions, et peut être un peu trop endommagé pour tenter le coup. Je reprenais ma canne, m'approchant de la porte. Je me disais peut être qu'à force de mariner dans une salle d'interrogatoire pourrie, elle finirait par cracher un nom. J'ouvrais la porte, sortant lentement. Et juste avant que je referme la porte...

"Dites moi Hawks..."

Je tournais la tête, la fixant du coin de l'oeil, voyant son regard froid... Qui me fixait comme la mort pourrait fixer sa prochaine moisson.

"Il se passe quoi si elle meurt..."

Je relâchais la poignée, me retournant vers elle. Cette fois-ci... On y était... Elle n'était pas Fitzermann... Ne bossait pas pour Fitzermann... Mais bon sang, qu'est ce que ça y ressemblait.

"Qui ?
- Elle..."


Je serrais tellement fort ma canne que je me demandais comment je pouvais encore avoir une telle poigne. Je sentais mon sang bouillir, contrairement au sien qui était figé... Mon coeur battait un peu trop vite et mes pensées venaient rapidement se brouiller. Elle venait de menacer la seule personne qu'il ne fallait pas menacer devant moi. Je savais bien que ce n'était que des paroles... Et que... Peut être bien... Jamais ces menaces ne pourraient être réelle... Mais j'étais déjà au bord de la rupture... Et cette femme venait me casser la dernière barrière.

"Tu veux savoir... Ce qu'il se passerait... Si jamais Shinobu venait à se faire crever ?... Tu veux vraiment savoir ça ?
- Oh... J'en serais ravie...
- Fort bien..."


Une grande inspiration... Ma canne tombant au sol... Et mon regard haineux venant monopolisé le néant profond dans mes yeux. Un sourire se dessinait de manière incontrôlée sur mon visage qui se crispait... Est ce que j'étais devenue ça ? Il faut bien croire que oui...

Chapitre IV.III.:

Je m'approchais d'elle, toujours le visage figée par une expression plus que malsaine. En pleine salle d'interrogatoire... Mon badge à la ceinture... Quelle importance. Elle... Elle venait vite désenchantée quand elle me voyait m'approcher d'elle. Elle revoyait Hayes en me regardant moi. Je venais lui retirer les menottes, l'attrapant avant de lui plaquer la tête contre la table.

"Tu veux voir jusqu'où j'irais pour Tia Shinobu ? J't'assure que ça va pas être beau à voir. "

Elle venait tomber en arrière, tandis que j'attrapais sa chaise. Elle tentait de se relever, avant de retomber, un coup élancé en pleine face. Je l'attrapais par le col, la plaquant contre le mur, faisant pression sur son bras cassé. Elle criait... Ca m'était bien égal.

"Et maintenant, tu veux toujours voir ?
- Qu'est...
- DIS LE !"


Un coup de boule bien placé, et une droite à l'estomac... A ce moment précis, je n'étais plus flic... Je n'étais ni plus ni moins qu'un mec qui voulait rendre justice à sa façon. Je relevais sa tête, cassant le dernier os de son bras, fixant ses yeux bleus qui devenaient rapidement vitreux et humide.

"Qui a été envoyé après Shinobu.
- Personne ! Personne !
- Le nom.
- Personne ! C'était... Ah.. Manipulation ! Manipulation mentale !
- Technique de manipulation plutôt pourrie, tu en conviendra.
- Je...
- ALORS CA T'AMUSE DE MENACER UN TYPE COMME MOI ?!
- Je...
- JE SUIS LA MENACE !"


Et c'est peut être bien pour ça qu'on me voulait mort cela dit... J'étais devenue quelque chose que plus personne ne pouvait contrôler. Pas même moi. Sa tête venait frapper le mur derrière, avant que je la relâche. Et ce qui semblait être une dure à cuire de tueuse professionnelle se transformait rapidement en une petite fille qui pleurait toutes les larmes de son corps, tandis que mes deux mains venaient nonchalamment rejoindre mes poches, sous un rire que j'exprimais sans le comprendre... Je m'étais assuré que personne ne participe à l'interrogatoire... Probablement parce qu'instinctivement, j'avais prédit ce qu'il allait se passer. Je n'étais ni plus ni moins qu'un type avec un mauvais tempérament... Loin de ce que j'étais... Et trop proche de ce que Hayes était devenue... Trop proche de ce que Fitzermann aurait voulu. Je ressortais de cette salle d'interrogatoire, observant tout les agents qui, décidément, ne comprenaient pas. Je venais conseiller celui qui attendait un peu plus loin d'attendre quelques instants de plus avant de sortir cette femme de là. Je rejoignais la sortie du poste, croisant l'avocat qui avait déjà eu vent de l'histoire.

"J'vais vous faire un procès Hawks."

Un accent bien anglo-saxon, et un air un peu trop typique de son pays. Je me retournais, le plaquant contre le mur, le fixant toujours avec ce même regard. Mon sang continuait de bouillir, et l'image de mon corps au milieu de ma maison en feu me revenait petit à petit. Rien de quoi me calmer donc, devant ce pauvre type qui ressemblait à tout sauf à l'honnête avocat.

"Faites vous plaisir, mais j'aurais votre peau. Vous, elle, et tout les putains de tarés bouffeur de pudding et buveur de thé qui me veulent mort. Vous allez souffrir, De Los Angeles jusqu'à Londres en passant par Belfast. Et je vous assure que vos putains de lois vont pas faire grand chose pour vous.
- J'vais vous faire virer.
- Faites la queue."


Je le relâchais, sortant définitivement de ce poste. Il n'y avait pas un seul agent pour se mettre au travers de mon chemin. Un grand bol d'air frais... Ma main déposé sur l'abdomen, souffrant davantage, ravalant deux comprimés. Et c'est là que j'ai redécouvert le sens de ma vie... Et si après tout ce temps... Je n'éloignais pas les gens parce que j'avais peur de leur mort ou de la mienne... Et si après tout... Je ne les éloignais pas parce que j'avais juste peur de moi même...







Chapitre V.I.:

"Pour te répondre, si tu veux crever en aillant la chance de te défendre, t'es au bon endroit. Si tu préfères être la merde qu'on ramassera une fois que ce sera fini, tu peux repartir. J'te dis juste qu'il faut que tu aies l'estomac qu'il faut et une classe incontestée pour entrer dans mon équipe."

Elle avait accepté ce contrat. Kaulins me l'avait envoyé, elle qui ne savait pas quoi faire de ces dix doigts. Shinobu n'avait pas la carrure de flic la première fois que je l'ai vue. Et c'était exactement ce qu'il me fallait. Une fille perdue, passant sa vie a voler avant de se rendre compte dans quelle genre de merde elle se foutait. Une candidate idéale. Je l'avais recommandé aussitôt, et aussitôt, j'avais commencé sa formation.

Elle était doué. Ca ne faisait pas de doute. De ces dix doigts, elle ne savait pas quoi faire, mais elle savait parfaitement faire ce qu'on lui demandait. Une formation accrue, spéciale. Pourquoi je faisais cela ? Je ne sais pas. J'imagine que je voulais quelqu'un qui soit de taille à remplacer Kaulins ou moi même une fois que nous nous serions fait crever par l'un des dix milles risques présents dans nos vies respectives. Il fallait quelqu'un pour continuer la DreamTeam qu'on formait à nous deux. Tia ne posait pas de questions, ce qui m'arrangeait pas mal. Elle obéissait, et faisait ses vingt-deux heures d'entraînement par jour. Conduite, tir, sport. Rien ne manquait, bien que je laissais quelques troues dans l'apprentissage des procédures... Tout le monde savait que les procédures bridaient notre travail... Du moins, je faisais comme ci, et ça faisait de moi l'un des meilleurs agents. Et j'avais bien l'attention qu'elle suive le même schéma.

Une tête de mule. Dieu sait qu'elle était têtue quand elle voulait. Et Dieu sait le nombre de fois qu'il a fallu qu'on se prenne la tête. Mais le jour où sa formation était terminée... La patrouille n'en était que plus exceptionnelle. Mais déjà à ce moment là, je sentais bien que je ne lui étais pas indifférent. Forcément, quand un homme passe vingt-deux heures par jour avec une femme, qui lui apprend chaque ficelle du métier et comment réagir à chaque trottoir de cette foutue ville, les liens se forment. J'étais juste assez con pour faire en sorte qu'ils ne se développent pas trop. Un espèce de contrôle que je gardais sur elle et sur moi. Et c'est sûrement cet espèce de contrôle qui, après coup, créaient la plupart de nos disputes. J'avais toujours le dernier mot, jusqu'à ne plus l'avoir. J'avais prédit une fin glorieuse, au moins pour elle. Et c'est tout ce qui comptait à mes yeux.


Chapitre V.II.:

Elle avait du potentiel. Et sur le terrain, elle était plus qu'efficace. Un agent parfait. Un inspecteur qui savait largement répondre aux attentes. Elle était, au même titre que Kaulins, assez tarée pour aller chercher les preuves où il ne fallait pas, et assez réfléchie pour ne jamais se faire chopper.

Toujours le dossier d'enquête à portée de main, dans sa voiture, à son appartement. Un dévouement à la limite de l'effrayant. Elle avait trouvé quoi faire de ses dix doigts. J'en étais fier. Elle en était heureuse. Et le gang sur lequel on enquêtait a fini par fermer. L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais fatalement, les liens se resseraient, et je commençais à en perdre le contrôle. Histoire ridicule... J'aurais dû l'aider quand elle en avait besoin... J'y ai juste vue l'opportunité de l'éloigner de moi par prétexte de la protéger.

Peu de temps avant le bouclage de l'enquête, la descente sur le quartier pour chopper quelques informations était couplé à l'arrestation imprévu de quelques gangsters un peu trop téméraire. Tout aurait pu bien se passer, si un gosse ne s'était pas jeté sur elle après s'être emmêlé les pieds. Arme en main, elle lui a accidentellement tiré dessus. Et je savais que cet image la hanterait jusqu'à la fin de sa vie. Elle venait de tuer un gosse qui n'avait rien fait par un simple accident.

"J'ai tué un gosse Hawks..."

Un traumatisme évident... Un besoin de soutien moral énorme... Et la seule réponse que son foutu formateur... Unique présence rassurante pour elle à ce moment...

"Boh... Ca arrive..."

Le genre de réponse qui fatalement signifie que j'en avais absolument rien à foutre... Même si dans le fond c'était faux, c'est ce que j'avais réussis à lui faire croire. Son regard admiratif c'était directement changé en haine, et j'avais bien compris que j'avais réussis mon coup, au détriment de ma potentielle relation avec elle. La protéger était le seul objectif viable à mes yeux... Le regret ne c'est fait sentir que bien plus tard lorsqu'elle est partit à San Francisco. Et aujourd'hui, alors que des anglais s'amuse avec moi sur son sujet, je ne me demandais même plus ce que j'allais leur faire juste pour être sûr que ça n'arrivera jamais.

Quand on dit qu'on est prêt à tout pour l'être aimé, beaucoup de personne ne sont pas sincère. Là, je pouvais difficilement être plus sincère, si ma folie ne grandissait pas d'instant en instant. Tuer des gens pour protéger une personne qui ne le saura jamais. C'est probablement ça qu'on appelle romantisme.




Dernière édition par Azelat le Sam 28 Oct 2017, 15:14, édité 12 fois
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Ven 16 Juin 2017, 22:01
On démarre.

On s'approche "tranquillement" de la fin. Enfin, je crois.
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Ven 16 Juin 2017, 22:32
"Lentement" dit-il. Envoie la sauce avec ton chapitre 1 là maintenant. Prends pas ton temps plz.
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Sam 17 Juin 2017, 13:33
AH. J'ai un problème avec le chapitre I. C'est con, faut que je recommence.

C'est dommage hein ?
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Sam 17 Juin 2017, 15:09
Bon on va tenter comme ça.
Chapitre I.
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Dim 18 Juin 2017, 11:10
Et bien c'est top tout ça. Une nouvelle passoire humaine.
Une suite stp.
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Dim 18 Juin 2017, 11:55
OK !
Chapitre II.
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Lun 19 Juin 2017, 08:56
T'arrête pas en chemin.
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Mar 20 Juin 2017, 19:04
Chapitre III.
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Jeu 22 Juin 2017, 13:30
Chapitre IV.
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Ven 23 Juin 2017, 09:01
À ce rythme je vais devoir attendre combien de temps pour une suite qui me tienne en haleine ?
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

le Ven 23 Juin 2017, 12:26
Chapitre V.

THE EEEEEND. FINI ! !!!!!

Enfin, pour cette partie quoi... ( j'ai plus de place :( )


hOI
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Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 3 Partie - Du sang et des balles

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