Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
avatar
Leader Staff
Leader Staff
Date d'inscription : 23/08/2011
Messages : 4343
Age : 21
Localisation : Nul part et sûrement ailleurs

Informations InGame
Prénom_Nom: Jason Hawks
Voir le profil de l'utilisateur

Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 2e Partie: Question rhétorique

le Jeu 08 Juin 2017, 15:24


"C'était la dure loi de ma vie: l'application de la loi de Murphy sur une hypothétique survie de 70 ans."












Une belle nuit d'été. la simple pénombre qui s'imposait suffisait à me satisfaire. Il n'y avait rien d'autre que je voulais. Juste le calme, la tranquillité, tandis que je réfléchissais à ma vie vide et sans intérêt. J'aurais pu rejoindre le bar du coin, et me bourrer là bas, comme l'aurait fait quelqu'un de normal. Ou alors, je pouvais juste me poser dans mon canapé, à attendre la mort qui serait sûrement venu suite à un coma éthylique, ou d'une balle que j'aurais fini par me mettre dans la tête. L'idée ne me réjouissait pas vraiment, même si les bouteilles vides sur le sol me ma maison laissaient penser que, de toute manière, je ne m'en serais pas rendu compte.

Encore un mois tranquille sur Los Angeles... A mourir d'ennuie... Littéralement. Je devenais une coquille vide, que l'on aurait préalablement cassée avant de jeter les morceaux au fond d'un ravin. Si une personne me disait que j'étais au fond du gouffre, je lui aurais sûrement répondu que non. J'y étais déjà depuis longtemps, mais il y avait toujours un connard pour creuser, me disant: "Allez viens, on descend encore." Et en ce mois tranquille, quoi de mieux que de repenser à tout cela, dans un endroit que je n'avais pas fréquenté depuis fort longtemps. La pièce était lumineuse, et les meubles étincellant. Je m'étais assoupi dans le canapé, entendant un discours d'une personne sans chercher à écouter. Un parasite auditif au point de me demander si je n'avais pas quelque chose dans l'oreille. Finalement non. Juste un connard philosophe aux paroles soi disantes réconfortantes. Dehors, la nuit s'était tranquillement installée, tandis que la fenêtre entre-ouverte faisait un léger courant d'air, animant les rideaux fins et sifflant légèrement à travers toute la pièce. L'homme assis face à moi continuait de tapoter son stylo sur sa feuille préalablement accrochée à un porte document. Et tandis que je me contentais d'observer l'endroit comme une scène de crime, une question venait interpeller mon esprit:


"Qu'est ce que vous faites réellement ici ?
- Dites, vous auriez pas prit deux ou trois rides ?
- Hawks... Qu'est ce que vous faites réellement ici ?
- Non franchement, j'avoue moi même en avoir prit une ou deux. Mais vous là... A quand la retraite déjà ?
- Hawks, qu'est ce que vous faites réellement ici ?
- Le disque est rayé mon gars. Vous n'voulez pas me poser une autre question ?
- Que je vous pose quoi ? Comment va votre vie ?
- Ouais par exemple...
- Comment va votre vie ?"


Inutile de répondre à ça... Ce n'était qu'une question rhétorique.

"Mal..."

J'ai répondu, mais non pas par envie, juste par une forme de politesse couplée à ma connerie de croire que ça allait m'aider.

"Non... Sérieusement ?
- Vous êtes sûr que vous êtes psy ?"



Je commençais à ressentir l'agacement du psy, qui ne savait plus trop quoi dire ou quoi faire. Je faisais sûrement peur, et ça déprimais à peu prêt tout le monde autour de moi. Il continuait de tapoter son stylo de plus en plus fort, jusqu'à ce qu'il arrête... Il avait bien raison d'arrêter.

"Il vous reste qui dans votre vie au fait ?
- Hein ?
- Sharon ?
- Morte...
- Fitzermann ?
- Oh bah, morte.
- Hayes ?
- Ah, disparu.
- Kaulins ?
- Vous avez déjà demandé...
- Non...
- Si... Avant Hayes.
- J'avais dit Fitzermann.
- Ah, peut être... M'enfin...
- Enfin quoi ?
- Bref, vous avez personne d'autre à citer ?
- Si....
- Bah allez y..."



Un silence s'installait, ne laissant que le sifflement de l'air prendre le dessus. Il avait un nom à sortir, un nom qui m'aurait sûrement fait réagir. Il se contentait de me fixer, avant que je ne vienne me redresser, voyant le sérieux dans son regard.

"Accouchez, j'ai autre chose à faire.
- Okay, donc...
- Non attendez en fait... J'suis pas sûr de vouloir savoir."


Je savais déjà quel nom il allait sortir. Il y avait certains noms comme ça qui faisaient un effet particulier. Celui là était assez violent en son genre. Je me doutais bien que ça allait me faire réagir, mais j'essayais d'anticiper la réaction.

"Shinobu."

Et merde.

"Aucune idée.
- Ca ne vous dirait pas de tenter de la rappeler ?
- Aucune idée...
- Hawks ?
- Aucune idée..."


Mon cerveau venait littéralement de se déconnecter. Un comportement au déguisement d'AVC sans en avoir la conséquence irrémédiable de la mort qui aurait suivit. Après tout, je ne savais plus trop quoi dire. Tia était l'exemple parfait de mon comportement ridicule. A grand coup de "je t'aime Jason" et de "Ta gueule Tia", la conclusion était inévitable. C'était un peu ma manière d'agir cela dit. Eloigner les gens de moi, comme d'habitude. L'idée de pleurer sur leur tombe ou eux sur la mienne ne m'était pas très réjouissante. Cette idée restait inchangée depuis des années. D'un côté, elle risquait de mourir à plusieurs centaines de kilomètres de moi, et d'un autre côté, il fallait dire que je commençais à regretter d'avoir agit comme ça. Le paradoxe absolu pour un connard parfait. Je me relevais rapidement, rejoignant la sortie en attrapant ma veste. Avant de passer la porte, le psy ajouta:

"Continuez ainsi, et vous finirez seul.
- C'était le but de la manoeuvre.
- Le jeu en vaut il la chandelle ?
- Vous voulez une réponse fiable et sans détour ?
- Allez y."


Je passais tranquillement le seuil, la main sur la poignée, ajoutant avant de claquer la porte:

"Je vous dirais probablement qu'il en est mieux ainsi."










Chapitre I.I:

"J'ai beau chercher ce qui pourrait vous atteindre... Mais il n'y a rien."

Ca aurait pu être une phrase parmi tant d'autre si ce n'était pas l'incarnation du néant qui me l'avait sortit. Le congélateur sur patte qu'était Fitzermann avait réussi à me foutre la tête en vrac sur plusieurs années avant de littéralement faire exploser ce que les gens appellent d'ordinaire l'humanité.

La mort de Sharon, et les paroles d'une Fitzermann, couplées à une vie qui ressemblait plus à d'un dépressif vulgaire qu'à un flic digne de ce nom. Et pourtant... J'étais encore vivant, à visiter un cimetière, comptant ceux qui eux, ne l'étaient plus, et par ma faute. Je me disais bien que de toute façon, je finirais dans un de ces trous. Mais combien de personne devront y aller avant moi ? Question existentielle primordiale pour un type comme moi. Si vous me demandiez pourquoi j'étais flic, la seule réponse valable restait la même depuis tant d'années: "J'espère chopper un maximum de connard avant de finir six pieds sous terre.". Mais il était dur de constater que le fossoyeur s'occupait de plus de mes suspects que le gardien de prison. Ca irritait légèrement les tribunaux et la ville, au même titre que les familles. Et la seule punition que je recevais en échange était la dur fatalité de la vie à supporter les actes. Les échos du passés finiront bien par me rattraper, mais d'ici là, je serais probablement au fond d'un caniveau perdu entre folie et conscience. Je ne comprenais même plus la différence entre un suspect blessé et en prison, à un suspect mort. Quand on est flic, on finit par admettre qu'il y a une limite à ne pas franchir. Et moi j'étais celui qui l'avait effacer avec mon pied avant de l'insulter pour ensuite prendre la fuite du côté obscur. Mais je dois bien admettre que certaines morts finissent par redessiner cette ligne, vous y attirant comme un aimant, histoire de vous rappeler quelle genre de saloperie vous êtes.

Tout ça pour dire qu'à travers les paroles d'une femme qui a autant de sympathie qu'un lion devant un bout de viande, on finit par réaliser qu'on est pas grand chose d'autre que ce qu'elle voulait qu'on devienne... Sauf qu'elle n'avait pas anticipée que je devienne pire que prévu. Je me souviens... On c'était vue à ce cimetière... Et on c'était revue sous les néons d'un club de strip tease. Et c'est finalement là que les choses ont, une fois de plus, prit une tournure inattendue.

Chapitre I.II:

Elle attendait devant la porte, posée contre le mur, tandis que j'arrivais avec mon arme sur moi, comme le typique Shérif du far west. C'était censé être une simple surveillance de routine, couplé à quelques verres que le code de déontologie m'interdit de boire. Mais ça fait bien longtemps que j'ai arrêté le chauffage l'hiver juste pour faire un feu de cheminé avec ce foutue texte.

Kaya Fitzermann, toujours aussi froide que d'habitude, devant un club de strip tease. Une femme indifférente devant des hommes au bout de leur vie pour voir une nana danser autour d'une barre que si j'y mettais ma main il faudrait me l'amputer. Autant de monde que dans un bordel d'Europe de l'Est un soir de pleine lune, et la seule personne que je fixais était cette foutue nana. Un discours passionnant s'enchaîna avec. Mais je ne sais pas lequel de nous deux avait le visage le plus ennuyeux. Deux personnes dont l'ignorance et l'indifférence faisaient échos à travers tout le reste de la meute enragée autour. On savait tous les deux qu'on parlait dans le vent. La seule chose qui importait ici, c'était de savoir qui allait sortir vivant de ce parking. Moi me défendant pour ma survie, ou elle se défendant de la menace qu'elle s'est crée ? Je n'étais qu'une expérience psychologique aussi bien réussite que ratée, et elle savait pertinemment que lui coller une balle entre les deux yeux en public me ferait autant d'effet qu'une piqûre de moustique sous anesthésie général.

Le débat a tourné court à la sortie de nos armes respectives, passant de l'intérêt d'un documentaire animalier de Discovery Channel à trois heures du mat, à un film d'action de Michael Bay, les explosions en moins. Il a pas fallu dix minutes aux patrouilles du secteur pour se retrouver mêlées à cette folie collective, devant une Fitzermann qui ne bronchait pas d'un cil, et un moi qui avait du mal à ne pas faire exploser le dancefloor en dehors des murs. Mon doigt pressait tellement la gâchette que je me demandais si l'arme ne c'était pas enrayé et... Bon Dieu, comment j'aurais réussi à enrayer un .44 Magnum ?
Finalement, le coup partit, mais ce n'était pas de mon arme. Je vérifiais rapidement mon torse... Ce n'était pas la sienne non plus. Et lorsque j'ai relevé la tête, sa jambe venait s'effondrer sous le poids de son corps, une balle de sniper comme nouveau genou. Couchée au sol, on n'a pas mis longtemps à l'embarquer avant l'hystérie général. Les procédures ne comptaient plus vraiment, surtout quand on sait que c'était mon supérieur qui avait pressé la détente.

On y était arrivé... On venait d'arrêter l'une des plus grandes criminelles de la ville, fille d'une des plus grandes criminelles de la ville, elle même fille de la plus grande criminelle de la ville. La famille Fitzermann avait un beau palmarès, et les histoires d'arrestations n'étaient jamais simple. Et je me demandais comment celle-ci pouvait encore empirer.

Chapitre I.III:

Quand on connait l'histoire des Fitzermann, on sait que les choses ne vont jamais dans le sens dans lequel on l'aurait prédit, sachant qu'elles même ne suivent pas leur prédiction. Trois Fitzermann, deux déjà mortes, et des arrestations toujours aussi farfelue qu'incompréhensible. Je me disais bien que Kaya ne ferait pas exception, mais de là à imaginer ce qu'elle ferait...

Arrivé au poste, il n'a pas fallu longtemps à la demoiselle pour changer de stratégie, et il m'a fallu encore moins de temps pour comprendre que sa docilité n'avait rien de naturelle pour une femme comme elle. Elle avait un genou en moins, qu'on avait plus ou moins rafistolé en attendant un médecin. Pas une parole, pas un acte, juste des sous-entendus bizarre derrière un sourire qui ferait pâlir de jalousie Hollywood Chewing-gum tellement il était froid et magnifique.

"Suivez nous mademoiselle Fitzermann. "

L'agent suivait bien le protocole qu'on avait déjà de toute façon jeté à la poubelle dès le début. Mais comment lui en vouloir ? Kaya savait qu'elle pouvait nous mener en justice, et nous défoncer... Au lieu de ça, elle est descendu du véhicule... Avant de s'effondrer au sol, bavant autant qu'un porc peut saigner à l'abattoir. Il fallait bien s'y attendre... Elle venait tout juste de refaire la décoration intérieur de son système digestif avec une capsule de cyanure. A la fois prévisible et inattendue, je restais là, à observer la dernière des Fitzermann s'éteindre. C'est fou à quel point elle paraissait plus expressive morte que vivant. Un exploit que peu de personne pourrait se vanter, si au moins les morts savaient parler. Félicitations Hawks... Tu viens de tuer, certes indirectement, la dernière d'une lignée de sociopathes en ce beau mois de Novembre. L'équation était résolue. Hawks plus Fitzermann moins un mort égal un survivant. Il n'y avait rien de plus simple que la réponse: Hawks égal survivant, mais j'ai vite réalisé que j'avais oublié des constantes dans le calcul. Et c'est devant l'arriver des secours qui ne s'attendait pas à emmener un cadavre qui fondait de l'intérieur que j'ai réalisé la triste réalité des choses. L'équation était tout de suite moins chouette quand de nouvelle constantes venaient s'ajouter... Je n'avais juste pas encore idée des quelles c'étaient. Fitzermann morte, j'allais sûrement avoir d'autres problème. C'était la dure loi de ma vie: l'application de la loi de Murphy sur une hypothétique survie de 70 ans.








Chapitre II.I:

Un costume taillé sur mesure pour un événement qui était aussi discret qu'important. L'enterrement d'une Fitzermann faisait parler beaucoup de monde, mais jamais personne n'oserait dévoiler son point de vue à voix haute. Moi, je m'en moquais pas mal. Fitzermann était peut être la plus tarée des personnes que je connaissais en dehors de moi ou Shawn, mais elle restait une femme plus ou moins respectable à sa façon.

Devant ce miroir d'une salle de bain sentant bon le whisky et recouvert de boîtes d'antalgiques vides, je me regardais pour la première fois depuis longtemps dans ce miroir. J'aurais pu être élégant si je n'étais pas déjà détruit. Sous ce costume se cachait encore des vieux bandages au bras et au torse. Tout cela n'était qu'une façade. Une façon d'être présentable alors que tout le monde savait que ce n'était pas le cas. Avais-je vraiment d'autre option ? Plus je me regardais dans le miroir, plus je voyais cette espèce de bête que Fitzermann avait crée, et que la mort de Sharon avait réveillé. J'ai toujours refusé d'admettre avoir connu Fitzermann, ou d'admettre qu'elle m'avait eu par surprise. Au lieu de ça, je préférais me dire que plus mes proches étaient loin de moi, plus ils étaient en sécurité. On peut dire que ça n'a pas marché, vue l'état de Sharon. Alors qu'est ce qu'il me restait ? A part une bouteille de whisky pour oublier, et des medocs pour tenir ?

Et tout ça devant la vue de mon visage dans un miroir déjà brisée. Le miroir lui même était miroir de ma vie. Je ressortais de la salle de bain, rejoignant ce salon aux volets fermés, attrapant sur le passage cette bouteille de whisky sur la table basse, m'affalant dans le canapé, attendant qu'on vienne une fois de plus frapper à ma porte pour la route du cimetière. Une de plus... Un cadavre de plus, une tombe de plus... A quelques morts du marchand de mort. Et je buvais au goulot, recomptant les victimes, me rappelant des noms, chaque gorgée en faisant remonter une à la surface avant de la replonger un peu plus loin dans mon esprit. Et soudainement, la crise de panique, l'énervement, la bouteille venant s'éclater sur le mur d'en face, le contenu s'étalant sur le sol. En échange, ma main venait attraper le 44 Magnum posé là, toujours le même. Celui qui m'accompagnait depuis tant de temps déjà et dont j'avais fait graver la cross. Aussi brillant que mon âme était sombre, c'était devenu plus un symbole qu'un simple flingue.

Soupirant lourdement, je le reposais sur cette table basse, attrapant une nouvelle bouteille de whisky rangée dessous. Prêt à en découdre avec elle, la sonnette de la porte venait retentir dans toute la maison. Je relâchais la bouteille, venant enfiler mon arme dans son holster, la veste venant la recouvrir. Il était temps d'aller à l'un des enterrement les plus marquant de ma vie. Inutile d'éteindre la lumière de cette maison... Elle n'était pas allumée...

Chapitre II.II.:

Je sortais rapidement de la maison, tandis que Hayes m'attendait déjà devant son pick-up, les deux mains dans les poches. Une mine aussi misérable que la mienne, il voyait en moi ce qu'il a vue en lui à la mort de Mia Fitzermann. Même situation pour les mêmes circonstances. Deux âmes détruites par deux femmes différentes, mais ne pouvant s'empêcher de les suivre jusqu'au bout.

"Le sang est plus facile à verser que l'encre, mais qu'en est-il des larmes ?
- Pour une femme qui a voulu me tuer ?
- On sait tout les deux que notre logique est défaillante."


Il n'avait pas tort. Je ne savais pas vraiment ce qui me poussait à aller à cet enterrement. Je savais juste que je ressentais le besoin d'y aller. Et sans dire un mot, je montais dans le véhicule, attendant que Shawn veuille bien finir sa réflexion sur la vie. Une douce matinée d'hiver s'annonçait, et nous traversions la ville encore sous cette légère brume glaciale, sans qu'un seul mot ne sorte de nos bouches. Juste un silence respectueux, au cas où Mia et Kaya nous entendraient de leur enfers respectifs dont elles étaient probablement les reines. Le regard jeté sur l'extérieur, j'observais la ville que j'aimais autant que je détestais, toujours aussi nécrosé par une criminalité qui ne cessait de perdurer. Il nous aura fallu trop longtemps pour arriver jusqu'au cimetière. A croire qu'on arrivait en retard, il n'y avait personne pour cet enterrement. Compréhensible... Comment appliquer un rituel religieux à l'incarnation du Diable ? Ca ne manquait pas d'humour, et j'aurais pu rire si la situation ne m'était pas si inconfortable.

Nous approchions avec Shawn de la futur tombe, le cercueil déjà présenté, et le prêtre prêt à faire son sermon. L'ambiance devenait de plus en plus tendue à l'approche des lieux, les têtes présentes venant se retourner vers nous. Nous n'avions pas vraiment la côte il faut dire. Un ex-flic ayant failli tué celle qui l'a détruit, et un flic qui a indirectement tué celle qui l'a partiellement détruit. Je nous voyais mal prendre un verre avec ces individus après l'enterrement, à parler du bon vieux temps passer avec la sociopathe qui en faisait flipper plus d'un alors qu'elle était morte. Je restais légèrement à l'écart, ne perdant pas des yeux ceux qui étaient présent. Kaulins se terrait aussi dans un coin, sans prêter attention à notre présence. Les autres étaient sûrement là par respect du nom, non pas par connaissance personnelle. Paradoxalement, c'est probablement moi qui connaissais le plus Kaya de toutes les personnes présentes, à l'exception d'Ethan qui faisait plus office de fantôme que de présence réelle. Ca donnait cet impression de malaise, d'autant plus que les trois quarts de personnes ne me lâchaient pas du regard. Et c'est quand le prêtre à commencer son sermon que mon regard froid venaient rapidement en remettre quelques uns à leur place. A croire qu'à sa mort, Kaya c'était réincarné en moi. Je devais probablement avoir ce regard... Celui qui disait clairement à la personne: "Continue de me regarder et je te fais bouffer tes yeux à la petite cuillère".

Bref, tout le monde arrêtant de me regarder alors, les deux mains dans les poches, je n'attendais qu'une chose... Que ce prêtre, qui n'avait de toute évidence pas envie de faire cet enterrement, finisse par fermer sa gueule.

Chapitre II.III.:

A croire que le respect religieux était déjà un manque de respect à Fitzermann. J'avais juste envie de prendre la tête de ce prêtre et de lui faire bouffer sa bible avant l'écorce de l'arbre juste à côté. Si Dieu était paix et amour, alors j'étais l'incarnation du Diable à ce moment précis. Je ne ressentais rien, à part l'envie que ça s'arrête. J'avais envie de m'arracher les oreilles vue le débit de connerie qui sortait de la bouche du prêtre. Je détestais les enterrements, mais me dire qu'on enterrait Fitzermann de la même manière me donnait juste l'envie de tuer tout le monde sur place, avant de me coller une balle. Impossible, sachant que je n'avais que six balles et qu'on était plus que ça, mais j'aurais été prêt à relever le défi si je n'étais pas un minimum réticent à l'idée de me tuer.

Cet enterrement n'en était pas un. Comme mon costume n'était qu'une façade, l'enterrement n'était que le moyen d'affirmer la mort de Fitzermann, et en aucun cas lui rendre hommage. Un espèce de rituel hypocrite défiant encore une fois la logique de la situation. Et quand le prêtre eu fini son discours qui ne rendrait pas le paradis à Fitzermann, elle qui devait probablement rire de cette supposition, je revenais soupirer lourdement. Les gens quittaient peu à peu les lieux, et Kaulins avait à son habitude disparu en un claquement de doigts. Le prêtre, lui, avait prit les jambes à son cou. Il était probablement partit se baigner dans une piscine d'eau bénite pour oublier qu'il venait de sacrer la tombe d'une Fitzermann. Et si il pouvait s'y noyer, ça m'aurait presque rendu l'idée plus supportable. Je restais un instant devant la tombe, réfléchissant à je ne sais trop quoi, tandis que Hayes se contentait de rester dans mon ombre, venant alors s'approcher.

"Te torturer en assistant à ça, il faut encore que t'arrive à te torturer en restant."

Ce n'était pas de la torture... En fait, c'en était bien, mais c'était nécessaire. Incapable d'expliquer pourquoi, je me contentais de me retourner, revenant vers la sortie, Hayes me suivant d'un air peu enjoué.

"Hawks...
- Je sais..."


Un petit groupe n'était pas partit... Ils se contentaient juste de tenter une espèce d'ambuscade alors que concrètement, ils étaient loin d'avoir la même classe que leur déesse. Arrivé vers la sortie, un homme se dressa face à moi, sa main venant se tourner à 360° et son nez se transformant en fontaine rouge. Il tombait directement au sol, tandis que je remettais droit ma cravate, les gens derrière moi n'arrivant plus à bouger. Je m'agenouillais, observant l'homme au sol, avant de lui ajouter calmement:

"Avant d'essayer de me tuer... Essayez déjà d'être à mon niveau.
- Il viendra pour toi.
- Qui ça ?"


Hayes déposa sa main sur mon épaule, venant me chuchoter:

"Ce ne sont que des fanatiques... Si ils voulaient nous tuer, ce serait déjà fait."

Je me relevais, rejoignant rapidement la sortie, avec cette nouvelle question en tête. Qui pourrait vouloir une vengeance de la mort de Kaya ? Des idées me venaient en tête, me forçant à repenser à mon équation de début. Et ce n'était qu'une question de temps avant que les nouvelles constantes ne se présentent.








Chapitre III.I.:

Il n'aura pas fallu attendre bien longtemps que les constantes se dévoilent. Le nom de Fitzermann était comme un foutue cancer. Même si il est en rémission, on sait pertinemment qu'il reviendra. Et c'est en cette belle soirée de Janvier que les choses ont fini par prendre la tournure que cela devait prendre. Une rencontre tout à fait fortuite, ou pas du tout. Qu'est ce que j'en avais à faire, moi qui avait fini mon service et qui déambulait du côté d'Union Station. La loi de Murphy venait encore une fois s'appliquer. Quelques verres de déjà prit, quelques cachets, une fatigue de tout les jours, et une vision brouillée par la nuit et l'éclairage abusif des lampadaires. Et pourtant, il apparaissait comme le Diable au milieu de la Cité des Anges. Hallucination, coup de fatigue, ou être réel, qu'importe. Une classe à l'anglaise, et cet air glacial s'expulsant à travers son regard de marbre. Le parfait regard, vieillit convenablement avec l'âge. Si on m'avait dit qu'il était réel, j'aurais répondu que mourir aurait été plus simple que d'affronter une fois de plus une personne qui n'était pas là par hasard. Ma vision d'inspecteur ne me trompait jamais, qu'importe le nombre de verres ingurgités... Ca c'était dans la théorie. C'est rapidement quelques paroles qui venaient s'échanger avec ce vieil homme qui semblait avoir autant toutes sa tête que toutes ses capacités physique. Le genre de trompe l'oeil qui vous l'a crevé avant que vous ayez eu le temps de réaliser la situation.

Le vieillard disparaissait soudainement avant même que la discussion ne devienne assez intéressante pour que j'en comprenne toute la richesse. Pas de nom, pas de gestes significatif. Peut être même pas de réalité... Mais comment passer outre cet expression qui était plus digne de l'héritage familial que de la simple coïncidence. Un visage aussi animé que celui de ses probables victimes après un combat digne d'intérêt. Il était la constante manquante à mon calcul. Le résultat de la causalité. La vision tirée de ma réflexion... Quand on maltraite une femme, il y a toujours son père pour débarquer dans l'instant qui suit. Et c'est souvent lui qui vous fait comprendre le sens de la vie auquel vous attachez tant d'intérêt.

Il avait disparu, et j'avais compris que Monsieur Fitzermann pouvait me tomber dessus avant même que j'ai le temps de réaliser qu'il existe bel et bien... Si il venait à Los Angeles, ce n'était pas pour profiter des bikinis de Santa Maria Beach, ni des rave parties de Beverly Hills. A savoir si les choses iraient plus loin... La réponse était floue. A savoir si il y aurait des morts dans cette éventualité... .. Ce n'était une question à ne pas se poser... Une question rhétorique.

Chapitre III.II.:

Le soir même, je me retrouvais en ce qui semblait être un claquement de doigts de l'autre côté de Downtown. Un battement de cil, et voila un immeuble perdu au milieu d'autre immeubles. Les géants de verre et d'acier venaient combler le vide de mes pensées. Je venais franchir la porte de l'un d'entre eux, sans vraiment réfléchir à ce que j'allais faire. Qu'importe, je savais déjà que les conséquences étaient amoindri pour des raisons évidentes de couverture mafieuse et scandales à éviter. Je montais rapidement dans l'ascenseur, faisant comprendre au garde à l'accueil que je n'étais pas réellement d'humeur à parler de nos jobs de gardien de la ville autour d'un bon donut à en faire saliver Shinobu, qui, de toute évidence, adorait ça.. Il se contentait de mon badge de Commandant et d'un vieux papier que j'avais fait passé pour mandat. Qu'importe, il était lui aussi à moitié endormie, et vue mon regard, je ne suis pas certains qu'il comprenait bien l'enjeux de me dire non.

Direction le 30e étage. J'avais prévue le coup. Les fanatiques de Fitzermann se cachaient tellement mal qu'on se demandait réellement si ils respectaient celle qui faisait beaucoup de bruit en restant dans l'ombre. J'attrapais mon 44 Magnum, vérifiant le barillet, avant de le faire tourner, faisant passer le temps. La petite musique de l'ascenseur donnait à cette scène toute son ampleur. La tranquillité et l'innocence, face au massacre qui allait s'en suivre. Je cherchais des informations... je n'avais pas de piste. Autant les chercher chez les abrutis décérébrés qui en auraient un minimum.

La porte s'ouvrait sous le bruit de la petite sonnette de cet ascenseur luxueux, laissant place à un penthouse tout aussi chic. Une pseudo-organisation mafieuse priant la mère Fitzermann tout les soirs, en agissant comme elle sans même comprendre comment, elle, elle agissait. Ils étaient facile à déloger... Ca m'avait prit deux semaines après l'enterrement de Kaya pour en avoir toutes les subtilités. Mais je n'avais pas réellement prévue que leur interpellation se passe comme ça. L'un d'entre eux approcha, arme à la main, voyant la mienne. Et à peine il eu le temps de réagir que sa jambe venait tourner à 45° sous l'effet d'une balle de 44 Magnum tirée à moins de deux mètres.

"T'es seul bouffeur de pudding ?
- Vas te faire foutre.
- C'est pas une réponse. "


Sa jambe venait tourner à 45° supplémentaire sous l'action accidentellement et non retenue de mon pied.

"Oops... Désolé.
- Put...
- Ta gueule.
- Mais..."


Un deuxième venait sortir d'une chambre, tandis que sa joyeuse compagne se dirigeait derrière le comptoir d'un joli bar en chêne. Mes yeux se laissaient rapidement distraire par les courbes de la jeune femme fortement dévêtue, alors que mon instinct me poussait à me rejeter derrière une meuble, évitant la chevrotine qui venait exploser le dos de mon premier interrogatoire. Non seulement ce type ne savait pas tirer, mais à aucun moment il n'a prit en compte l'effet d'une chevrotine à une certaine distance. Et c'est bien là le problème numéro un de cette soirée... Les morts n'étaient pas prévu... Mais ceux là avaient la présence d'esprit d'une pucelle sous GHB. Je venais soupirer lourdement, remettant une balle dans le barillet, remerciant une fois de plus Dieu pour son humour grotesque et la loi de Murphy pour son application infaillible.

Chapitre III.III.:

"Excusez moi ! J'aimerais des informations sur le père de Kaya Fitzermann. "

Trois balles en guise de réponses... Evidemment. L'un accourait vers moi. Il faisait tellement de bruit que même un sourd devant un moteur d'avion l'aurait entendu. Il fut gracieusement accueilli d'une balle, dont la trajectoire était infaillible... Du menton jusqu'au haut du crâne, finissant dans ce magnifique plafond. Je me retournais rapidement, m'étalant sur le dos, avant de tirer deux balles dans le torse du second qui tentait une attaque en même temps que son camarade.

"NOM DE DIEU ! Mais vous êtes cons ! Je veux juste une info !
- Ferme ta gueule, et viens te..."


Il était chiant... Jusqu'à ce qu'il tombe dans les escaliers après avoir perdu son tibias. Il a eu de la chance, en sachant que c'est le torse que je visais. J'accourais vers lui, l'attrapant par le col, avant de le coller contre la baie vitrée, parant la droite qu'il cherchait à le lancer, avant d'écraser la blessure par balle d'un coup de talon pour qu'il comprenne. L'arme collée sur sa tempe et le regard noir que je lui lançais venait rapidement le ramener à la raison.

"On va faire simple. Donne le nom.
- Quel nom ?
- Le père de Kaya Fitzermann... Je veux son nom.
- Je le connais pas ! On savait même pas qu'il existait. "


Je prenais une grande respiration, regardant la bimbo qui observait la scène de derrière son comptoir, rejetant mon regard sur le pauvre type qui se présentait face à moi comme le pire criminel de l'histoire. Un nouveau coup de feu retentissait, fissurant la baie vitrée derrière l'homme. Je le rapprochais un peu plus du bord, remettant mon arme dans son holster.

"Ecoute. Je suis pas expert en biologie. Mais quand une femme a un enfant, c'est qu'il y a forcément un père. Donc oui, ce monsieur existe, et je veux son nom avant que tu tombe d'une hauteur qui te laissera largement le temps de comprendre le principe de vélocité avant que tu touche le sol.
- Je sais pas !
- LE NOM !
- J'en sais rien !
- Te fou pas de ma gueule !
- Mais j'en sais rien merde ! On connaissait même pas Fitzermann ! On travaille pas pour lui...
- Ok. Pour qui vous bossez ?
- Je...
- Je m'en branle en fait."


Il venait rapidement glisser sur le parquet, finissant au milieu de l'appartement. Je rejetais un dernier coup d'oeil vers la femme, décidément trop jeune pour tout ceux qui étaient dans cet appartement.

"Toi tu sors... Maintenant !"

Elle se précipitait vers l'escalier de secours, tandis que je m'agenouillais vers l'homme, l'attrapant à la gorge.

"Tu vas dire au reste de ta clique de ne plus jamais justifier vos actes au nom d'une personne que vous ne connaissez de toute évidence pas.
- O..
- Ta gueule, j'ai pas fini... Bien... Tu m'écoutes ? Parce que je répéterais pas. Tu vas leur dire de nettoyer tout ce bordel. Et une fois que ce sera fait, vous allez vous casser de ma ville, avant que vous creviez tous la bouche ouverte sans avoir eu le temps de dire: Droit Miranda. Si c'est pas fait dans les 48 heures, je te jure que je vous plombe un par un... Et je viserais là où ce sera le plus douloureux, histoire que tu comprenne bien, pendant que te vide de ton sang et que tu cri à l'agonie, que me faire chier nuit gravement à ta santé. "


Un monologue puissant... A croire que je venais, moi même, au nom de Fitzermann, virer une organisation concurrente de la ville. Je commençais à vriller, je le sentais... Alors je relâchais la gâchette, et je le relâchais, lui. Lui qui venait rapidement verser quelques larmes, le corps tremblant comme un séisme de niveau dix sur l'échelle de Richter. Je rejoignais lentement la sortie, enjambant les corps, ajoutant en prenant la porte:

"La prochaine fois que je te vois avec une mineure sortir de ta chambre... Je t'assure que ta descendance aura des problèmes d'existence."








Chapitre IV.I.:

L'affaire ne c'est jamais ébruitée. Dans le meilleur des scénarios, elle n'avait jamais été remarqué, et dans le pire ce n'était qu'un règlement de compte entre petites organisations. Rien de quoi agiter les médias et les inspecteurs de cette ville qui en avaient décidément de plus en plus rien à foutre que la ville s'effondre sous la criminalité. Comme si c'était devenu une vieille habitude dont on a du mal à se détacher.

72 heures après les fait, le penthouse était déjà en vente dans les agences les plus glorieuses de la ville. Et moi, je reprenais ce café dégueulasse dans ce poste de police qui sentait bon le junkie et le SDF bourré arrêté la nuit même. Je recevais de temps en temps des courriers de San Francisco, me disant juste que Tia Shinobu était Lieutenant là bas et qu'elle était encore vivante. Et je repensais de plus en plus au fait que je l'avais abandonné et rejeté volontairement comme un morceau de viande avariée... J'imagine que c'était mieux pour son bonheur et pour sa sécurité que de la voir collée à moi tout les jours de la semaine. Je l'avais bien formé, peut être même trop bien. Lieutenant à son âge, c'était déjà un poids lourd à supporter. Il était inutile d'en ajouter un autre, bien que les causes de son départ était une dispute violente. Remplacement d'un poids lourd par un poids un peu moins lourd. C'était le contrat que je m'étais donné. Et ça me convenait de moins en moins. Mais qu'étais-je pour définir, aujourd'hui, ce que je méritais. Tout ce qui me restait aujourd'hui, c'était ce connard dépressif en coéquipier. Kaulins était bien loin d'être l'homme le plus fréquentable et le plus agréable. On se détestait, et c'est ce qui faisait la force de notre travail. Toujours aussi efficace. Un duo forcé pour s'assurer chacun notre survie. Si je devais mourir sur le terrain, je suis presque sûr que c'est Kaulins qui finirait par me coller une balle à la place du tacos du coin, ou de l'afro un peu trop chaud de la gâchette, au fin fond du Southland.

Bref, la routine revenait tout doucement. Plus aucune nouvelle de personne. Pas plus de nouvelles de Hayes, qui c'était encore une fois éclipsé, à jouer les justiciers ou toutes autres conneries du genre dans la ville. Il ne restait que ça, juste... Une routine remplie de criminels à envoyer en prison, et de bars qui faisaient fortune dans le commerce de whisky. Un hiver long, deux deuil fait sans être fait, la causalité au dessus de ma tête, et la loi de Murphy en mode pause. Ca aurait pu être pire. Au moins, j'étais encore vivant pour m'en rendre compte.

Chapitre IV.II.:

"Continuez ainsi, et vous finirez seul.
- C'était le but de la manoeuvre.
- Le jeu en vaut il la chandelle ?
- Vous voulez une réponse fiable et sans détour ?
- Allez y.
- Je vous dirais qu'il en est probablement mieux ainsi."


Je me demandais en sortant pourquoi j'avais accepté de revenir voir ce psy. Je me demandais surtout pourquoi, lui, avait accepté de me voir. L'un comme l'autre, on savait que j'étais un électron libre qui se baladait dans l'Univers comme si le sens de la vie n'en avait finalement aucun. Si il y avait un panneau indiquant: "La vie, c'est par là", j'étais sûrement le genre de gars à hésiter, et à chercher un raccourcie avant de finir plus loin que le plan ne le suggérait. Une vie de merde dont les choix étaient en parfait accords avec la situation. C'était bien là, paradoxalement, toute la beauté de la chose. Ma vie n'était pas un cadeau, et je ne lui en faisait aucun en retour. C'était le moyen pour dire à Dieu: "Hey, tu me donne une vie de merde, mais je trouve que ça manque de profondeur.". Comme quoi il n'y a pas que lui qui peut faire dans le drôle d'humour. Et c'était finalement ma prochaine destination... La maison de Dieu. Bordel, si un jour on m'avait dit que j'irais dans une église, j'aurais probablement rigolé à la gueule de cette personne en lui griffonnant sa bible de dessin satanique.

J'avais déambulé toute la nuit dans la ville comme je le faisais si bien, attendant le petit matin pour rejoindre l'Eglise. Je réfléchissais à Dieu ne sait trop quoi... Je revoyais ma vie, ce que j'avais accompli et ce que j'avais détruit. Et dans le mélange des deux, je revoyais Shinobu... J'avais été stupide de la jeté, et sacrément intelligent. Au moins, elle était protégée de moi, mais plus ça allait, plus je me disais que c'était pas la bonne manière de faire. J'étais à pied, du côté d'un quartier qui n'avait pas vraiment la réputation d'être remplie de Saints. En réalité, c'était le quartier de mon enfance. Pourquoi j'étais ici avant de rejoindre l'Eglise... Un signe du destin ? Non... Rien n'est fait sans raisons, mais ma raison les ignoraient. Les deux mains dans les poches, je marchais, tirant sur une cigarette que je n'avais plus allumé depuis pas mal de temps. Jusqu'à ce que trois connards atteignant presque la quarantaine m'interpellent, m'encerclant.

"Hey mec. Qu'est ce que tu fais dehors tout seul ?
Ouais... Je..."


Le blocage... Qu'est ce que je faisais dans le quartier de mon enfance, alors que l'Eglise était pas du tout dans cette direction... Et là... A ce début de conversation, j'ai bien compris ce que j'étais venu faire...

"Tu ?"

Je venais émettre un léger rictus, riant de la situation. C'est ici que tout à commencé pour moi... Et c'était marrant dans un sens... Dieu... Quel sens de l'humour. Et finalement... J'ai répondu.

"J'vais voir une amie.
- Wooo ! Hey ! File nous l'adresse, on va allez la voir ensemble.
- J'suis pas sûr que ce soit une bonne idée les gars.
- Pourquoi ? Wo ! Genre tu nous prends pour qui là ? T'es raciste, antisémite ? T'a un problème avec nous ? C'est quoi le truc."


Le même discours... Juste 21 ans plus tard.

"C'est pas ça le problème...
- Ah ouais ? Et c'est quoi hein ? Connard !
- C'est juste que c'est ta soeur. "


Fatalement... J'ai changé depuis...

Chapitre IV.III.:

Il n'était pas vraiment content... Ses copains non plus. Il y a 21 ans, je m'étais retrouvé sur le bitume, après lui avoir cassé le nez et pris la fuite. La situation aurait pu être la même, si cette fois-ci je lui avait pas casser quelques dents en prime, attrapant son bras pour lui casser en angle droit, venant saisir la lame qu'il avait sortit. Et ses deux potes derrière tentait de se jeter sur moi. L'un venait passer par dessus mon épaule, tandis que je cassais la cheville au second d'un coup sec. Je venais lâcher un grand gémissement à la lame venant effleurer mes côtes, à la limite de la perforation, pendant qu'il pliait sous la douleur à sa cheville. A genoux, je le laissais un instant, m'occupant du second qui c'était relevé, avant de lui asséner un coup sec à l'estomac du poing gauche puis à la gorge du poing droit, avant de lui mettre un uppercut. Je me retournais, évitant l'homme à genoux qui élançait sa lame vers moi, éraflant l'abdomen. Le bras prit, je venais saisir sa lame, lui plantant sous l'aisselle, avant de le mettre K.O d'une gauche bien placé à l'arcade. Le premier dans tout ça, s'était relevé, prenant la fuite avec son bras qui n'était, de toute évidence, pas dans sa position naturelle. Je n'ai pas eu de mal à le rattraper, le faisant tomber au sol. Sur le dos, je déposais lentement mon pied sur son torse, compressant sa cage thoracique.

"C'est fou ça hein ?
- Non... Quoi ? Qu'est ce que...
- Je me disais juste que c'est fou... Il y a 21 ans, si j'avais suivit ton conseil de rester dans mon appartement de petite vie tranquille... J'aurais pas vécu toutes ces merdes...
- Quoi, t'es qui merde ?
- Dommage que t'es oublié... Ca aurait pu être drôle... Finalement, c'est dingue de se dire qu'une petite frappe de merde comme toi a détruit ma vie. "


Mon inconscient m'avait poussé à revenir ici avant d'aller à l'Eglise. La situation était comique, et me faisait doucement sourire. Elle m'aurait même fait rire si je m'étais souvenue comment on faisait. Je n'avais pas l'intention d'être ici. Mon inconscient le voulait... Et cela me satisfaisait-il ? Inutile de répondre... Ce n'est qu'une question rhétorique. Et devant ce pauvre type qui, 21 ans plus tôt, m'avait démoli sur le même rebord de trottoir, je me suis rendu compte de ma situation. J'étais encore flic, je savais que j'avais franchi la limite... Mais ce n'était pas la seule limite que j'avais franchi. C'est devant les yeux abattue et plein d'incompréhension de ce mec que j'ai compris que Fitzermann avait raison. Je ne pourrait plus faire la distinction du bien et du mal, si un gars venait aider les pauvre et un autre venait sauter ma soeur. Je relâchais alors la pression, renfilant mes deux mains dans mes poches, avant de faire demi-tour, reprenant la direction de l'Eglise en sachant pertinemment qu'un jour... Je finirais bien par ne plus savoir relâcher la pression...







Chapitre V.I:

Le soleil se levait à peine, plongeant Los Angeles dans ces teintes orangées que j'appréciais tant regarder, un café à la main au réveil, ou alors après une nuit de cuite, le fond d'une bouteille de whisky entre les mains. A défaut de la regarder depuis chez moi, j'observais la ville s'éveiller petit à petit, assis sur ce banc devant l'église fort bien entretenue de ce quartier éloigné des pires. A mi-chemin entre le champ des morts et mon lieu de vie, je repensais à ce que j'avais fait la nuit, et à ce que je faisais ici. Je repensais petit à petit à la chute dans laquelle j'étais depuis des mois, peut être des années. Je me rendais compte à quel point Fitzermann, sans jamais en faire allusion et sans jamais la voir, avait réussis à me tourner le cerveau comme si c'était un jouet pour enfant. L'église ouvrait ses portes, pour n'accueillir que les quelques âmes perdues de cette ville. Trop nombreuses à exister, pas assez à être reconnue. L'avantage, c'est que je reconnaissais avoir un problème, et que j'ai fini par franchir une porte que je n'avais quasiment jamais franchi de ma vie. J'avançais tranquillement dans ce cimetière, regardant les statues, croix, et autres joyeuseté. Les deux mains dans les poches, j'attendais je ne sais trop quoi, un signe, ou autre chose. Et quand le prêtre venait se dresser derrière moi, je continuais d'observer les vitraux dont les premiers rayons de soleil venaient traverser.

"Vous avez des jolies bibelots. J'en prendrais bien un pour chez moi.
- Je vous demande pardon ?
- Oh... Excusez moi, j'ai cru qu'on était à une brocante."


Incapable de fermer ma gueule ou de rester sérieux quelques instants. Tout était plus vieux que moi ici, et le lieu ne s'apprêtait pas vraiment à l'humour. Il fallait bien que quelqu'un redresse le niveau.

"Désolé... En réalité j'ai une question qui me trotte dans la tête depuis des mois. Vous êtes prêtre hein ?
- Exact.
- Du coup... Je peux vous parler et vous me répondre tel un sage d'un temple tibétain ?
- Euh...
- Génial. Alors voila ma question l'Ave Maria. Vous pensez que Dieu a de l'humour ?"

Chapitre V.II.:

Un silence imposant, dans une église qui ne méritait pas autre chose que ça. Je me disais qu'au moins, si tout le monde fermait sa gueule comme ça tout les dimanches, ça sauverait pas mal d'esprit borné de croire qu'un mec tout puissant se balade de nuage en nuage pour répandre sa soi-disante lumière.

"Vous semblez blessé."

Je venais rapidement jeté un coup d'oeil à mon bras, mon abdomen et mes côtes. J'avais probablement oublié quelques blessures dans le combat de la nuit, à croire que je m'étais pas si bien débrouillé que dans mes souvenirs. Effectivement, les blessures n'étaient pas que des simples éraflures, et refaisaient bien la décoration de mon corps, tandis que ma chemise blanche venait peu à peu déteindre sur le rouge. Je ne prenais pas plus attention à tout cela, ajoutant:

"Et ma réponse ?
- Et bien je... Je ne sais pas vraiment.
- Comment ça vous savez pas ? C'est pourtant simple, si il a crée l'humour votre gars, c'est bien qu'il en a un peu quand même.
- C'est une bonne théorie... J'imagine.
- Ah vous voyez. "


Qu'est ce que je racontais... Je n'étais pas forcément dans le meilleur de mes états. Il restait plus qu'à savoir si c'était les anti-douleurs ou la douleur et les blessures elles mêmes qui parlaient. J'avais au moins eu la décence de venir sobre. Je venais reprendre mon délire en main, le transformant rapidement en quelque chose de moins sympathique. Je m'asseyais sur le banc, regardant le prêtre à nouveau, d'un regard beaucoup moins amusé.

"C'est de la connerie.
- Pardon ?
- Votre religion. Vous êtes assez con pour croire à quelque chose qui a été crée dans le seul but de permettre aux rois et autres enfoirés de ce genre de garder la foule sous contrôle. Si l'Eglise était une supercherie, Jésus était qu'un putain d'escroc.
- C'est votre point de vue.
- C'est celui d'une personne qui pense sincèrement que si Dieu existe, c'est qu'un putain d'enfoiré qui déteste ce qu'il a crée.
- Alors que faites vous ici ?"


Bien vue. Et cette question ne m'avait pas spécialement effleuré l'esprit. Narguer Dieu... Oui, mais ce n'est sûrement pas ce que j'ai fais au final. La seule chose que j'ai vue, c'est ma réalité rejeté en pleine gueule par un illuminé qui croit à l'histoire du Meilleur Best Seller au monde. Je perdais pieds petit à petit. Je me relevais lourdement, la main posé à l'abdomen, avant de rejoindre la sortie sans rajouter un mot de plus. Si venir à l'Eglise était un signe d'une décadence de plus en plus marquante... Il fallait bien que je m'attende à ce que tout ce bordel, cette dépression, cette situation... Tout ça allait pas tarder à exploser... Et à prendre fin. J'étais en pleine chute, personne ne dira le contraire... Mais l'atterrissage était probablement plus proche que ce que je ne le croyais.

Chapitre V.III.:

Je ressortais de l'église... Finalement avec plus de questions qu'à mon entrée. Qu'est ce que je foutais là... C'était la question à un million de dollars. Est ce que je cherchais une quelconque rédemption ou un véritable pardon pour tout ce que j'avais déjà causé. Mon futur était incertain, seuls les échos du passé étaient trop lourd à supporter. Je reprenais un grand bol d'air frais, si il n'était pas si pollué, avant de reprendre la direction de chez moi, sans chercher à réellement y retourner.

Le soleil commençait à briller, et il fallait bien admettre que c'était beau. Le moment le plus agréable et paisible de la journée. Ce moment qui me faisait presque oublier la vie foireuse que j'ai et que je suis en train mener. Instant trop court avant le retour dans la pénombre. Mais pas aujourd'hui... Aujourd'hui, j'avais juste envie d'en profiter un peu plus longtemps, sans chercher à comprendre ce que personne ne comprends et sans chercher à résoudre l'insolvable. Juste... Un banc, des yeux qui ne pleurent plus et une respiration fatiguée pour toutes ces conneries. Le soleil me brûlait les yeux, mais qu'importe... Je me contentais juste de l'observer... Je me contentais de le voir s'élever dans le ciel comme il le faisait chaque jour en me rappelant que je faisais le trajet inverse. Une bouteille de whisky aurait été la bienvenue à ce moment de poésie, alors que je venais me poser dans ce petit parc qui sentait bon la joie de vivre des enfants déjà qui couraient dans l'herbe. Le bonheur des parents, et le sourire des gamins... Voila qui donnait de quoi réfléchir. C'est le genre de vie que j'aurais pu avoir si j'avais été un peu moins têtue à protéger les autres et surtout moi même. Le genre de vie que j'aurais pu avoir avec n'importe quelle femme que j'ai pu fréquenter dans ma jeunesse, bien qu'un seul nom me semblait apte à remplir cette mission. Evidemment, j'imaginais bien que Shinobu ne me voyait pas comme l'amour parfait, et c'était bien fait pour ma gueule.

Hawks... Tu es un raté pathétique qui crois protéger les gens alors que tu ne fais que les détruire. Quelle magnifique description. C'est ça que je devrais écrire en auto-biographie. Ce simple fait serait suffisant à lui même pour décrire ma vie. On dit qu'il n'est jamais trop tard pour espérer et pour vivre. Là je pensais bien que cette affirmation connaissait désormais une exception. Et devant la vue de ce couple qui semblait avoir tout pour lui, j'ai fini par accepter ce que j'ai toujours refusé d'admettre au final... La mort de Sharon commençait seulement à m'attrister, Kaya n'avait jamais rien fait pour mériter de mourir... Et par dessus tout... Shinobu me manquait.










Dernière édition par Azelat le Sam 28 Oct 2017, 15:14, édité 20 fois
avatar
Modérateur
Modérateur
Date d'inscription : 26/04/2014
Messages : 3272
Age : 19
Localisation : Midgar

Informations InGame
Prénom_Nom: Nate Bowers/Etan Heller
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 2e Partie: Question rhétorique

le Jeu 08 Juin 2017, 17:08
ALLEZ, j'commence ici, blc des bg précédents. Et putain t'as quoi en ce moment avec tes questions rhétorique ?
avatar
Leader Staff
Leader Staff
Date d'inscription : 13/03/2013
Messages : 5753
Age : 23
Localisation : Catalunya.

Informations InGame
Prénom_Nom: Ethan_Kaulins
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 2e Partie: Question rhétorique

le Ven 09 Juin 2017, 07:50
Stop! Drop it.

J'apprecie. T'arrête pas.
avatar
Leader Staff
Leader Staff
Date d'inscription : 23/08/2011
Messages : 4343
Age : 21
Localisation : Nul part et sûrement ailleurs

Informations InGame
Prénom_Nom: Jason Hawks
Voir le profil de l'utilisateur

Chapitre VI

le Ven 09 Juin 2017, 19:14





Chapitre VI.I.:

Bouteille de whisky, et émission abrutissante à la télévision. La soirée idéale pour un type comme moi. Les journées devenaient de plus en plus longue. On replongeait dans l'hiver. L'été a été à mourir d'ennuie, presque littéralement. Toujours en doute sur ce que je faisais, ou ce que j'étais. Ca ne m'avait pas empêché de sortir et arrêter du criminels, quand bien même il ne fallait pas carrément leur tirer dessus.

Un grade de bureaucrate, et pourtant j'étais toujours dehors en première ligne. Comme d'habitude, le bureau ne me plaisait pas, et je remplissait la paperasse comme une corvée. Remplir des papiers m'empêchait de penser à autre chose que la vie de merde dans laquelle je m'étais jeté, et ça ne faisait qu'accélérer ma chute. Etre dehors à jouer le flic de l'année au moins, ça m'évitait de penser que j'allais pas tarder à m'écraser. Trois cicatrices supplémentaires pour ces cinq derniers mois de boulot. Le mois de Novembre s'annonçait un peu plus calme, et il fallait que je calme la cadence de toute manière. 37 ans, et pas loin de la rupture. L'âge dépassait mes convictions, et me donnait plus les airs d'un quarantenaire passé et usé de fatigue, qu'au flic en forme de la mi trentaine.

Mes hypothétiques 70 ans venaient être balayés par les blessures qui avaient de plus en plus de mal à s'oublier. J'avais mal, et j'avais un peu de difficulté à me remettre en scelle. Alors quand on arrive à une telle situation, on finit par vite oublier les principes et on boit. Du moins c'est ce que je faisais. J'étais pas un alcoolique, mais il faut bien admettre que l'année a été longue, et que j'avais besoin de décompresser... De plus en plus.

Allez, deux comprimés, et une gorgée pour faire passer le tout, devant un show que je ne comprenais même pas tellement il était ridicule. Je préférais encore observer mon flingue, ce bon vieux distributeur de morts gratuit. Un long soupir, et finalement, on se relève, en se dirigeant vers la cuisine. Une boîte de conserve en guise de repas... Je n'avais pas la tête à cuisiner. Je revenais au salon, l'assiette à la main, m'arrêtant en plein milieu de la pièce. La tête se tournant vers la gauche... Vers l'entrée. Un espèce de réflexe que j'avais. Je ne sais pas trop si c'est le fait que Jones avait pénétré par effraction chez moi un peu plus d'un an auparavant, ou si ce n'était qu'un réflexe de flic... Ou juste de la paranoïa. Rien ne semblait inhabituel... Et j'avais pourtant cette sensation malsaine. Affalé dans le canapé, je tentais d'oublier par une gorgée supplémentaire...

Si les journées étaient longue, les soirées l'étaient encore plus. Et ça n'allait pas en s'arrangeant.

Chapitre VI.II.:

Bouteille de whisky à la main, j'allais dans la salle de bain. La télévision était en train de m'exploser le crâne, à moins que ce ne soit que le mélange alcool-médicaments qui faisait cet effet là. Force est de constater qu'une fois de plus, je me retrouvais dans un miroir que je ne pouvais plus supporter. En réalité, c'était mon reflet que j'avais du mal à voir. Quelle connerie... La culpabilité, la dépression, et tout ce qui va avec avait fait de moi une épave qu'un mec se serait amusé à détruire un peu plus chaque jour.

Je déposais la bouteille sur le rebord du lavabo, observant les bandages qui étaient encore présent. Je les retirais lentement, en grimaçant, la douleur me reprenant peu à peu, malgré la quantité non négligeable de médicaments avalés en moins de 24 heures. Il fallait vraiment que j'arrête ces merdes, mais j'avais du mal à m'en passer. Les plaies c'étaient plutôt bien refermé, les cicatrices ressemblaient à des cicatrices, et mon visage ressemblait à celui d'un assassin de renommé à la retraite.

La douche était agréable, l'eau chaude plus que convenable. Le seul moment de la journée que j'arrivais encore à apprécier. Peut être même le seul moment de ma vie encore convenable. Je venais nettoyer mes cheveux qui se faisaient sacrément long, moi qui m'étais arrêté de les couper depuis trop longtemps. Si je n'étais pas aussi bien gradé à la police, on m'aurait probablement averti pour cette présentation. Et une fois de plus je revenais me regarder dans le miroir, retirant la buée d'un coup de main. La barbe suivait à peu prêt le même schéma négligé que mes cheveux longs trempés. Et finalement, devant cette vue... Le miroir venait s'éclater au fin fond de la baignoir. Un cri pour expulser la rage, et un coup de poing dans le mur qui me vaudra encore quelques moments sympa de douleur. Je me rhabillais, reprenant ma bouteille de whisky, qui venait se vider rapidement d'un quart. Quelle connerie.

Je rejoignais le salon, m'arrêtant encore une fois en plein milieu... Bouteille à la main, immobile. Un coup d'oeil sur la table basse, je revenais soupirer, constatant sans vraiment de surprise que mon arme n'y était plus. Le bruit du chien qui s'abaisse, le canon chromé venait se braquer sur ma tête. Je savais bien que ce n'était pas que de la parano... Mais je ne savais plus vraiment reconnaître mon instinct à la folie grandissante. Je regardais du coin de l'oeil l'homme qui sortait de sa pénombre, la seule lumière de la télévision et de la petite lampe du salon l'éclairant.

"Droit Miranda.... Tu vois... J'ai eu le temps de le dire finalement. "

Espèce d'abruti. Je restais silencieux, constatant que l'ancien fanatique de Fitzermann avait finalement mué en quelque chose d'un peu plus potable que le criminel de bas étage qu'il était. Ce soir là, j'avais peut être finalement réussis à créer un vrai criminel. Je savais maintenant quel effet ça faisait de tenter la manipulation et de se louper lamentablement. Et comme Fitzermann sur moi, j'avais grandement envie de tuer ce jeune homme un peu trop tenace. Je reprenais une dernière fois une gorgée, toujours ce regard en coin de l'oeil, tandis qu'un sourire froid se dessinait sur mon visage. Il faut dire que cela faisait un moment que la loi de Murphy ne c'était pas appliquée... Allait-elle s'appliquer cette nuit ? Non... Ne réponds pas à ça...

Simple question rhétorique.



Dernière édition par Azelat le Ven 16 Juin 2017, 12:45, édité 3 fois
avatar
Membre 2
Membre 2
Date d'inscription : 09/12/2013
Messages : 933
Age : 22
Localisation : Chez moi --'

Informations InGame
Prénom_Nom:
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 2e Partie: Question rhétorique

le Ven 09 Juin 2017, 19:48
Parfait.
J'attend la suite, continue.


avatar
Leader Staff
Leader Staff
Date d'inscription : 23/08/2011
Messages : 4343
Age : 21
Localisation : Nul part et sûrement ailleurs

Informations InGame
Prénom_Nom: Jason Hawks
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 2e Partie: Question rhétorique

le Lun 12 Juin 2017, 17:21
Ceci signe l'apparition du deuxième chapitre. J'en suis à la rédaction du troisième chapitre... Mais de la partie suivante. Donc je vais quand même prendre mon temps avec cette partie là.

Voila.

hOI
avatar
Leader Staff
Leader Staff
Date d'inscription : 23/08/2011
Messages : 4343
Age : 21
Localisation : Nul part et sûrement ailleurs

Informations InGame
Prénom_Nom: Jason Hawks
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 2e Partie: Question rhétorique

le Mer 14 Juin 2017, 15:22
Chapitre III. WEEEEEEEEEEEEE
avatar
Leader Staff
Leader Staff
Date d'inscription : 13/03/2013
Messages : 5753
Age : 23
Localisation : Catalunya.

Informations InGame
Prénom_Nom: Ethan_Kaulins
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 2e Partie: Question rhétorique

le Mer 14 Juin 2017, 15:57
J'aimerai bien avoir le chapitre 4 dans la foulée quand même. C'est beau, comme un soleil dans une matinée d'été à l'orée des pins fleuris.
avatar
Leader Staff
Leader Staff
Date d'inscription : 23/08/2011
Messages : 4343
Age : 21
Localisation : Nul part et sûrement ailleurs

Informations InGame
Prénom_Nom: Jason Hawks
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 2e Partie: Question rhétorique

le Mer 14 Juin 2017, 15:58
Merci.

Ouais. Mais j'ai eu la flemme... Alors fuck off.
avatar
Leader Staff
Leader Staff
Date d'inscription : 23/08/2011
Messages : 4343
Age : 21
Localisation : Nul part et sûrement ailleurs

Informations InGame
Prénom_Nom: Jason Hawks
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 2e Partie: Question rhétorique

le Jeu 15 Juin 2017, 12:54
4e et 5e Chapitre.
avatar
Leader Staff
Leader Staff
Date d'inscription : 23/08/2011
Messages : 4343
Age : 21
Localisation : Nul part et sûrement ailleurs

Informations InGame
Prénom_Nom: Jason Hawks
Voir le profil de l'utilisateur

Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 2e Partie: Question rhétorique

le Ven 16 Juin 2017, 12:41
Bon je me suis fait lamentablement rekt. C'était pas prévue. Par contre je crois que j'ai trouvé un concept de présentation là....

Chapitre VI ( final de la partie ) >>ici<<, ou alors direct sur le premier message aussi, le lien y est. Bref. Vous savez vous servir d'un forum et tout.
Contenu sponsorisé

Re: Jason Hawks - [Livre II "Falling"] - 2e Partie: Question rhétorique

Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum