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Tia Shinobu [Récit 2] - A l'orée d'un siècle en bois.

le Lun 21 Sep 2015, 00:42
Rappel du premier message :




A toutes les unités, on à un ROV sur Phony Drive. Hispanique probablement armé et dangereux, direction EST-SUD EST.

C'était le genre de choses auxquelles était désormais confronté Tia. Elle qui avait découvert les donuts de chez Jim' Donuts, et qui d'ailleurs, en raffolait plus que tout. Elle était désormais toujours parée à embrayer de la première en sautant la seconde jusqu'à la cinquième. Conduite dynamique et franche sur un teint provocant, le tout parsemé de carcasses laissées sur le bas côté de la route. La patrouilleuse prenait souvent cher lorsqu'elle posait les mains sur le volant. Mais elle était prête à tout désormais pour réussir dans le métier qu'elle avait entrepris.
Elle se lançait à la poursuite de cet hispanique, en prenant soin d'écouter le central. Pas de coéquipiers avec elle, un tour de passe-passe en plein blackjack et le tour était joué. Le problème, c'est qu'elle n'avait jamais tué personne. Et que "personne" était la probabilité zéro pour qu'elle s'en remette. Dans tout ça, elle avait a son bord une carrière exemplaire. Lieutenant à 24ans, ça ne court pas les rues, mais son inexpérience et ses airs enfantins face à une boite de donuts la décrédibilisait souvent.

Sur le prochain tournant en plein est, elle rencontra la berline en fuite. Une patrouilleuse venait lui coller au cul et Tia restait en retrait afin d'éviter une quelconque gène. Ca ne dura pas bien longtemps. Le conducteur de la PV de devant venait se manger un lampadaire dans les règles de l'art. Le destin les avaient poussé à se rencontrer inopinément alors que la jeune Lieutenant annonça à la radio l'accident. Elle embraya de plus belle, annonçant la quatrième passée avec aisance pour venir caresser d'un simple mouvement le pare-choc des fuyards. L'aspiration était parfaite. Leur voiture était surélevée, et ils étaient les seuls à subir le frottement du vent.
Nerveusement, elle mâchait son chewing-gum, ne tenant que d'une seule main le volant. De l'autre, comme les femmes savent le faire, elle vint vérifier la présence de son élément de sécurité. Il était chargé, et d'un geste du pouce, il était prêt à l’emploi. Pourquoi à ce moment là et pas avant, ni après. Simplement parce qu'elle voyait seulement le chauffeur de par le rétroviseur central, s'énerver lentement mais violemment.

L'attente dans ce genre de circonstances n'est pas longue. L'usure est la meilleure des solutions et Tia excelle dans son domaine que d'être quelqu'un de chiant; vivante, mais chiante. Et c'est lors d'un virage coupé trop court, sur une vitesse trop grande que les causes à effets furent appliquées. Sur le pont de Compton, la voiture venait d'entrer en contact avec l'un des piliers centraux qui maintenaient ce dernier en bon point.
Le moteur flancha, et les hommes sortirent de l'habitacle en titubant et rafalant comme pas possible. Tête baissée, portière ouverte, elle se glissa hors de sa voiture, venant alors extirper son arme de service. Sa meilleure amie après son formateur, qui renvoyait la balle dans l'autre camp, heurtant successivement la clavicule d'un des deux hommes, suivit de l’œil. D'ailleurs le calibre tiré termina sa route entre la liaison optique et le globe frontal du cerveau, mettant fin à ses jours.
La question est: que s'est-il passé dans la tête de l'autre. Rien n'y était entré, ou même sorti, et dans un élan de désespoir, lorsque son compagnon venait terminer sa chute contre le bitume. Il entama la sienne hors du pont duquel il venait de sauter. Chose à laquelle son formateur tentait en vain de courir après. Les renforts étaient là, mais les concernés venaient de décéder lâchement, ou inopinément. Et dans tout ce merdier qu'affolait le Los Angeles Police Departement, Tia se tenait là, avec son premier mort à son actif.





Tia Shinobu:
Un appartement simple aux allures féminins. Quelques fleurs déposées sur la table basse du salon font office de décoration accompagnant d'une manière hétérogène le sachet de donuts ouvert et présentement en face d'une jeune femme assise. Le canapé sur lequel elle reposait était orné de teint pâles. Un cuir blanc coupé au gris. Ses sous-vêtements noirs faisaient contraste sur l'ensemble de la pièce. Seuls les halos de lumière traversaient la pièce alors éteinte. Tia ne souriait pas, ne parlait pas. Elle n'était avec personne et seul le silence qu'offrait la pièce lui convenait. D'une main, elle prenait un morceau de son met préféré tandis que de l'autre, elle se concertait face à un dossier dont les traces de cafés semblaient définir sa complexité. Un casse-tête improbable auquel elle n'arrivait pas à réfléchir. Son téléphone s'était allumé trois minutes auparavant laissant un simple message écrit dont il était possible de lire:

En une semaine il à failli mourir plus de fois que durant toute sa vie. Les séquelles sont irréparables.

Le message était signé d'un K'. Une connaissance plus qu'une amie. Une personne qui lui avait fait rencontrer celui dont il était question dans le message, et celui dont elle éprouvait un sentiment d'attachement. Malgré tout ça, elle restait seule dans son coin après le travail. Sa radio allumée et une pièce dont le seul éclairage quotidien était les néons du centre ville. Elle n'était pas associable, loin de là. Elle ne savait juste pas comment s'y prendre. Lorsqu'on est formé à la dure, durant un mois, 20 heures par jours et 4 en guises de repos, on n'acquiert pas la conscience de lier des liens avec ses collègues. Aliénée ou juste timide, des termes différents qui viennent à se ressembler. On ne la comprend pas, et elle n'a pas pour désir d'être comprise. Elle fait son travail, et elle le fait bien. C'est ce qui importe. Le résultat. Tant que la perte ne comporte pas Jason Hawks, elle se contente d'être là, sans réellement s'y imprégner.

Une nouvelle bouchée accompagnait le geste de la main tandis qu'une page se tournait, dévoilant morts et suspects. Théories et idées. Des choses abstraites dans le commun qui pourtant sont toutes à portées de main. Elle vint à se redresser, en constatant la bretelle de son soutien-gorge qui venait à branler le vide. Une nuque droite sur de hautes épaules. Une belle femme entre-autres qui déambulait à moitié nue dans la pièce, le regard rivé sur la fiche, mâchant un morceau interminable de donut. Deux de ses doigts virent à être léchés, puis elle reposa le papier sur la pile. Elle se redressa en s'étirant en hauteur, craquant ses vertèbres et le bas de son dos. En se dirigeant vers la cuisine, elle s'arrêta quelques secondes, observant aux travers des stores les véhicules de police qui s'annonçaient dans une interminable patrouille. Un soupire puis une caresse le long de ses côtes douloureuses. Elle prenait la direction de la salle de bains, venant s'évader sous la vapeur de l'eau chaude.
Une nouvelle fois, elle n'était pas prête à faire face à son destin. Elle le refusait alors que l'image d'un gamin revenait dans sa tête. Une balle, un mort comme on dit. Belle efficacité.

C'est sous la caresse de l'eau qu'elle vint fermer les yeux, faisant le tris d'informations acquises dans son cortex cérébral. Elles défilaient à une allure folle. Tout ce mélangeait à s'en rendre fou d'incompréhension, puis plus rien. Après la pluie le beau temps. Elle rouvrit les yeux. Trois quarts d'heure sous une douche chaude, voilà qui ne plaira pas à son propriétaire. Une serviette, de nouveaux sous-vêtements plus colorés et une tenue d'agent de police en accompagnement à ses insignes de Lieutenant. La suite logique implacable qui annonçait sa nouvelle soirée comme une partie de blackjack à sens unique. Elle gérait, et elle le savait. C'est ce qu'elle répondit au message que K' avait signée.

Accident:
Tia se retrouvait désormais dans une posture désagréable. Ses côtes semblaient avoir été lourdement enfoncées, on lui bloquait la respiration sans lui permettre de se débattre. Son monde devenait une plaie pour son oreille interne. Les vomissement que ce changement produisait n'arrivaient pas à s'extirper de l’œsophage de la femme atteinte. Cette situation? C'était bien la première fois qu'elle la vivait. Son café se renversait et les particules glissaient dans l'air, comme si elles volaient. Aucune réaction de sa part, elle se contentait de flirter le danger avec ses yeux, semblant comprendre que ce n'était pas ça qui tâcherai son uniforme en premier. La bouche entrouverte, elle était impuissante quand au fait de pouvoir émettre un quelconque son. La fatalité de la chose se retrouvait bien là. Elle n'était pas maîtresse de ses faits et gestes et son visage exprimait une peur simple. Lorsqu'elle vint à bouger les yeux, le dossier d'enquête sur lequel elle avait mit la main grâce à Hawks passait dans son champ de vision. Encore une fois, elle ne pouvait rien faire, semblant comprendre qu'on lui piquait ses affaires, où toute sa vie, elle avait tenté de les comprendre pour avancer. Elle regardait toutes ces choses se volatiliser dans les airs alors qu'elle même sentait que son sang s'échappait de ses côtes. Ça aussi, ça allait se volatiliser comme toute sa vie résumée en quelques effectifs auparavant bien rangés.

Le monde renversé, son oreille interne probablement déchirée et ses côtes percées. C'était là, la cause à effet. Pressée ou bien trop énervée pour comprendre. L'homme qui lui était rentré dedans ne roulait pas, lui aussi, dans la réglementation de la ville. La carrosserie de sa patrouilleuse se déformait négligemment. Comme broyée sur le poids. C'était beau dans les yeux de Tia. La résistance des objets évaluée à l'instant prêt. Les craquelures qui se formaient, et qui s'approchaient de l'espace vital de celle qui commençait à se vider de son sang, lui firent comprendre la situation dans laquelle elle se retrouvait. Elle avait été éjectée de la route, et sa voiture venait embrasser le bitume 15 mètres plus bas, sur une voie d'autoroute. Ne laissant s'écouler que quelques millièmes de seconde, elle venait saisir durant le chamboulement de l'habitacle, le dossier sur lequel elle misait sa carrière. Il fallait quelque chose de fort, et le creux de ses mains possédait cette chose. Néanmoins, la douleur qu'impliquait une rupture des ligaments de la main lui firent lâcher ce dernier alors que le volant entrait en symbiose avec ses phalanges. De l'autre alors, elle rattrapa ce précieux bien qui se représentait entre ses doigts.

La force des choses. C'était quelque chose qui ne pouvait être évité. Et lorsque sa tempe droite entra en collision avec le tableau de bord, un festival de couleur chaudes venaient à s'extirper de la plaie béante. Grotesque. C'est ainsi que le véhicule s'écrasa alors sur la route. Tia dans les vapes, le dossier venait à être lâché de ses mains. Les véhicules sur la voie tentaient tant bien que mal d'éviter une carcasse écrasée. Et ils y arrivaient pour la plupart. La jeune Lieutenant portait sa main de libre sur la tempe, constatant dans le flou de ses yeux l'aura rouge qui se déversait par pulsions sur sa main. Elle se redressa, mais ne pouvait pas forcer. Autre part, le sang coagulait sans fin. Le battement du cœur lourd, elle s'épuisait quant au fait de remettre le dossier dans sa boite à gants. Puis d'un ultime effort, de refermer cette dernière. Son uniforme était déchiré, mais le poids exercé sur ses phalanges l'empêchait de bouger plus. Et au fond, le glas des sirènes tonnaient. Inconsciemment, elle souriait, croyant qu'un prince charmant la sortirait de là, mais les secondes s'écoulaient comme des heures, et il ne venait d'en passer que 21 depuis le début de ce récit.

Services:
En cette nouvelle soirée, Tia était de nouveau allongée sur le canapé pâle de son appartement. Sans réellement d'habits sur elle, seule la musique en fond laissait entendre une activité au sein du salon. L'avant-bras par dessus ses yeux, elle réfléchissait une fois que son bandage était changé. L'absence de certains, les événements d'un soir, les dossiers qui s'empilaient. Tout semblait prendre de la place dans son esprit qu'elle n'arrivait plus à contenir. A vue d’œil, son appartement se délabrait peu à peu. Sur la table basse, des pilules somnifères jonchaient le verre entre quatre planches. Un schweppes agrume jamais fini continuait d'évacuer le surplus de gaz. Le calme régnait face et l'atmosphère arrivait de nouveau à se détendre. Tia se redressa alors, se frottant rapidement les côtes. En se redressant elle s'étira. Ses formes simples contenaient parfaitement dans des sous-vêtements noir qu'elle portait habituellement sans jamais se soucier de la couleur. Et alors qu'elle venait de ramasser la canette dont le contenu pétillant s'amenuisait, une sonnerie vint retentir. Quelqu'un venait d'appuyer sur la sonnette de la porte d'entrée. A l'autre bout de se couloir se trouvait certainement quelqu'un qui n'avait rien d'autre de mieux à faire que de rendre visite à une femme seule à deux heures du matin.

Elle s'approcha, déverrouillant le loquet après avoir amené son arme au niveau des hanches en direction de ladite interférence. Une fois que le bout en métal avait heurté le cran, la porte vint s'ouvrir violemment. Dans un réflexe, elle recula armant son poing dans la direction de l'entrée. Un animal venait se dérober sous ses yeux. La gueule amochée et le corps boiteux, il entra sans se faire tirer dessus. Il releva les yeux dans sa direction, et un sourire était perceptible sur ses nombreux coquards et hématomes.

Salut... Hgn... Tia...
- Hmf'...
- Me regardes pas... Comme ça... On di-dirait... Kaya.


Ethan se tenait là, adossé à un mur porteur. Face à une femme qui en une année avait grandit et compris ses propres intentions. Elle le regardait avec mépris accompagné d'une absence totale d'empathie. Le con avait encore du se faire tirer dessus, ou se voir la trogne enfarinée par une perle de phalanges. Elle ne disait rien, le regardant souffrir le martyr. Puis une fois son arme calée entre les dentelles sombres de ses bas, elle referma la porte avant qu'il ne comprenne qu'il pouvait faire un peu plus que trois pas en avant pour sa propre santé. Il tâcha le canapé, respirant par saccades et observant la jeune voleuse aujourd'hui devenue flic, et adulte.
La salle de bains était une boite à pharmacie version large. Elle prenait le nécessaire pour appliquer les premiers soins.

Comment va Jason?
- ... Mieux que toi on dirait.
- Ah... Tant mieux alors! C'est un bon gars hein?
- ...
- T'es... Hmf'... T'es pas de cet avis?
- Ferme la.


Elle revenait alors avec la paire de straps, de compresses et d'alcool désinfectant. Venant l'aider à retirer ses affaires sous les néons d'une ville bien trop dangereuse, bien trop sanglante. Les ombres se mélangeaient alors qu'elle appliquait la troisième compresse. Pas un bruit à part la musique qui continuait son rythme inébranlable. Pas un souffle durant un peu trop de temps. Une plaie ouverte, une balle logée dans la jambe. Il serait aimanté au premier passage sous des détecteurs de métaux. Il riait face à son cas qui apparemment ressemblait à celui d'un autre qui s'en était tiré. En sachant ça, ça lui permettait d'avancer autant de temps qu'il le fallait. Approchant l'anémie totale, il continuait de se vider de son sang, jusqu'à ce que l'hémorragie se stoppe. Après quoi, il venait se redresser de nouveau, en constatant Tia qui n'était vêtue que de dentelle couvrant l'intimité de son corps. Un autre ricanement suivit d'un signe de main. Il reprenait sa route pour rencontrer le prochain individu qui parierai aussi sa vie contre lui. Avant de ressortir, il s'arrêta, ajoutant d'une simple question:

Tu l'aimes Hawks?
- ...
- Je ne te demande pas de répondre Tia.
- Je le déteste.
- Ah.
- J'ai envie de vivre quand je suis avec lui.
- C'est bon à savoir.


La porte se refermait une seconde fois. Laissant Tia de nouveau dans la pénombre qui démesurait son ombre. Elle soupira, observant le sang sur ses mains. Tout comme Ethan, chaque jour, chaque heure, elle mettait sa vie en jeu sur une table lorsqu'elle enfilait un uniforme et arborait le sigle LAPD.





Questions rhétoriques:
Tu veux élargir tes horizons hein...

Un bon mois s'était écoulé depuis l'accident et elle se sentait encore fragile intérieurement. Les douleurs au niveau de son flanc droit revenaient couramment et le nombre d'analgésiques avalés augmentaient drastiquement. Tia qui se tenait, jambes croisées sur un canapé haut de gamme en face d'une femme au regard froid et avide de pouvoir, acquiesçait à sa question. Elle était encore trop jeune pour réussir dans son métier et une aide extérieur était la bienvenue. Ce à quoi la femme au cœur de pierre répondait:

Quoi de mieux pour penser comme des criminels que d'en devenir un soit-même...

Tandis que l'homme de la maison pleurait les notes de ses doigts sur un piano, les deux femmes du même âge venaient à parler de tout et de rien - surtout de rien - jusqu'au moment où elles entrèrent dans le vif du sujet qu'elles avaient abordées. Si l'on veut penser comme un criminel, il faut en être un et réagir comme il pourrait le faire. Les différentes façons de tuer, de cacher un corps, de créer son alibi de toute pièce, de se trouver des témoins, une excuse, une vocation. De nombreux éléments à prendre en compte et de nombreux agissements à étudier. Le premier cas de figure qui s'offrait à Tia était celui des Fitzermann. Elle avait le sujet de test vivant, face à elle, et apparemment disposée à l'éclaircir dans ses questions; la première étant:

T'as déjà... Tué... Des enfants...?

Question tout du moins intéressante. Ethan qui, dans la même pièce continuait son introspection au delà des notes du piano, s'était arrêté, grinçant des dents mais ne tournant pas la tête dans la direction des deux demoiselles. Un sujet tabous de tous au sein d'une demeure familiale, qui pourtant, renferme bien des secrets.

Oui. Un seul.

Elle répondit comme a son habitude par une ponctuation terne et froide. Ne décollant plus son regard de Tia, elle se redressa, observant Ethan d'un bref regard. En expliquant elle vint à comprendre tout comme lui la raison de ce meurtre qui n'était pas sans justifications. Continuant d'aborder de nombreux sujets, elles s’arrêtèrent après quelques minutes avant qu'Ethan ne reprenne:

Et Jason dans l'histoire... Il est pas censé s'occuper de toi?
- Non.
- Comment ça non?
- Non...
- Mais... Explique moi!
- Jason est un connard antipathique tout comme tu l'es. Tu ne te soucie que de toi, tu ne vis que pour toi, tu ne penses qu'à toi, tu n'est qu'un aimant à problèmes et qu'il le veuille ou non, il est comme toi. Il te suit. Il te suit tellement qu'il pisse son sang par les narines comme un putain de porc qu'on aurait égorgé. Je ne veux pas d'un mentor qui mène son parcours à la mort. Je ne veux pas de collègues qui seraient prêts à crever. Je ne veux pas d'histoires morbide à raconter au futurs cadets une fois que j'aurais pris sa place en face de sa dépouille. Il crève, je le remplace. Et si je le remplace, toi aussi tu sera mort bien avant de le voir. Bien avant que Kaya se repentisse... J'ai rejoins le LAPD parce que je ne savais pas quoi faire... Et si maintenant j'aime mon travail alors qu'il me cause du tord, je sais que mes officiers sont là pour supporter le tout, ils sont une base que vous: les connards de votre genre, dénigrent au plus haut point alors que vous oubliez d'où vous venez. Ce ne sera pas vous qui arrêterez un criminel, mais nous qu'avons su savoir réfléchir une fois qu'on aura eu l'identité de celui qui vous aura plombé...


Tout en donnant ses arguments, Tia laissait couler de lourdes larmes. Ses yeux se gorgeaient de sang alors que ceux d'Ethan venait prendre un teint plus foncé. Il avait compris les sentiments de cette femme qu'il n'avait pas voulu sous son aile, et Kaya devant ce spectacle soupirait après avoir applaudis de ses deux mains. Elle se redressa encore une fois avant qu'elle ne conclue:

Je n'ai même pas besoin de te dire comment agir. Si tu as besoins d'informations je te serai utile. Si tu as besoin d'un truc en particulier tu l'auras. Tu as attisé ma curiosité Tia, et ça faisait depuis les Shannon que je n'avait pas été intéressée comme je le suis en ce moment même.

Evolution:
Il faisait mauvais ce soir là, et Tia regardait l'écoulement des gouttelettes le long de la vitre de son appartement. Dans de simples sous-vêtements, elle était là, plus humaine que jamais, un verre de whisky à la main droite. Ses longs cheveux bruns n'étaient pas reliés pour former une queue de cheval. De son autre main, elle vérifiait le bandage qui ornait le tour de son corps. Les gouttes s'écrasaient contre le rebord de la fenêtre qui donnait lieu à une vue sur le poste de police. Elle n'était pas seule en cette soirée. Une forme dominait l'ombre du fond de la pièce. La personne semblait accoudée contre le mur à attendre quelque chose de sa part. Apparemment bien habillé, l'homme en question s'ornait d'une barbe de trois jours, habillé d'une veste de costume et de jolies pompes. Il se tenait assez droitement pour un homme qui était poursuivi jours après jours. Ayant Tia de dos, il observa brièvement ses reins avant de relever un regard brillant en sa direction. Elle avait remarqué cette insistance et tourna le visage de moitié en sa direction, toujours en ayant un œil sur le dehors.

Je-
- Tu veux quoi Ethan.
- [un soupir bref] J'observe ton évolution.
- J'ai pas besoin de vous.
- Hmm... Je l'avais bien remarqué.


Il constatait non pas sans surprise qu'il avait affaire à une femme dont l'opinion ne laissait aucune place à la compassion. Un homme recherché et criminel ne devrait pas se trouver dans l'appartement d'une Lieutenant, même si elle était âgée de 24 ans et qu'elle devait son poste en partie grâce à lui. Sa froideur était même exemplaire lorsqu'elle se retourna complètement, montrant d'un index franc, la direction de la sortie. Ethan resta adossé contre le mur, observant des formes féminines du fond de sa rétine, et après quelques secondes, il soupira, venant s'approcher de Tia. Il extirpa de sa poche du costume, une simple photo qu'il vint lui tendre avant d'ajouter:

Ton officier là... Benson... C't'une bonne fliquette. Elle saura réagir face à ce qui se profile devant vous.
- Dégage.


Il cala la photo d'une nonchalance extrême entre les seins de Tia, se bloquant alors entre le tissus et la chair. En replongeant les mains dans les poches de son pantalon, il la salua précédemment d'un signe de main avant de s'arrêter puis de conclure:

D'après ce qu'il se dit... T'es déjà morte.
- Je vivrai à en perdre mes dents dans un fauteuil roulant, une fois que j'aurai un mari et des enfants.
- T'es pas de cet avis là alors...
- Ne me classe pas dans votre catégorie de sombre connards.
- Je vois.
- Tire toi maintenant, ou je te colle sous les verrous de garde à vue, les jambes et les bras en moins.


La porte se referma alors que Tia avait déjà reposé la photographie sur la table basse du salon, soupirant, elle finissait son whisky avant d'emprunter la direction de la salle de bains. Se retrouvant nue, les bandages en symbiose avec ses sous-vêtements, elle entra sous la douche qui chauffait longuement, laissant la vapeur prendre de la hauteur. Elle replongeait dans une introspection qui lui était propre. La nouvelle cicatrice qui lui ornait le flanc, le poignet toujours aussi gonflé. Tout ça s'était causé par une trop grande tranche horaire de travail. Montez' et ses conneries du samedi soir. Même si elle ne le portait pas dans son cœur, c'était une source fiable d'informations. Deux officiers de décédés à cause d'un manque de jugement et même si la garde à vue devait être effective, ça n'aurait que retardé l'inévitable. Elle lâcha un nouveau soupir avant de redresser la tête en direction du lavabo. En ouvrant la porte de sa douche, elle vint saisir son badge qu'elle regardait durant quelques instants. Son poignet se serrait contre le cuir, venant alors faire grincer les fibres. Elle le reposa à son emplacement initial, terminant sa douche. Le timbre pur-blanc de sa serviette habituelle, commençait longuement à se teinter de sang. Sa nouvelle cicatrice n'était pas totalement refermée et elle le savait.

Interludes:
Tu comptes t'enfiler combien de verres dans les dents...
- Raaah ta gueule...


Laissez moi prendre place dans ce récit. Moi qui suit celle qui constate l'évolution d'une femme flic, sans réel attachement. Je qualifierai seulement Tia comme étant une fliquette qui m'intéresse. J'ai causé d'ailleurs bien du tords dans certaines histoires, mais j'ai préféré éviter de prendre part dans celle-ci. Je ne suis qu'un élément qui observe et guide en quelque sorte cette femme. Afin de vous permettre une meilleur lisibilité si vous venez d'arriver;

Je suis Kaya Fitzermann, héréditaire directe de la famille du même nom et des crimes commis par mes parents et grands-parents, ainsi que connaissance sans amitiés hypocrites de l'héroïne de ce récit. Ce soir, je n'était à la base que de passage lorsque j'ai constaté Tia dans de simples vêtements, affalée sur un canapé qui valait plus que de simples billets verts et dans un taux d'alcoolémie plus que déplorable. Que pensez vous donc? Qu'elle est tombée bien bas cette pauvre gamine? Que ce qu'elle tente d'éviter est en train d'arriver? Je vous répondrait par un simple non. Même si elle semble froide ou au bout du rouleau, les sentiments d'une femme sont biens plus difficiles à percer que n'importe quel autre sujet. Et si ce soir, sous un timbre "jazzy", je vous parle, c'est pour que vous ayez du frais dans l'histoire, un point de vue différent du narrateur actuel.

Tia tu devrais arrêter sur l'alcool...
- Maiiiiiieuh... C'est pas ma fauuuuuteuh...


Elle s'est retrouvé dans cet état suite à un "accrochage" avec un de ses supérieurs. Elle le déteste ça va de soit, mais c'est un "amour détestable". En quelques explications imprégnées d'alcool, je vous explique:

Mais-mais-mais... C'est ce connard làààààà... Hawks! [hoquet] Ce sombre imbécileuh! Il comprends paaaaas...! J'ess-raaah... J'essaie pourtant de lui dire hein?! Mais! Mais! Mais là, il joue la carte... La carte du sensible! Et ça me gonfle-haaan... Il était tellement craquaaaant... Assis là-... J'avais envie de lui sauter dessuuuuus! Tu vois le genre Kaya?! Hein? Il m'énerve! Ce connard m'énerve! [nouveau hoquet] Mais je tiens... ouais! Je tiens à lui!

C'est à peu près ce que j'ai pu comprendre des vapeurs d'alcool qui s'extirpaient de sa bouche. Et donc, pourquoi avoir prit de l'importance dans ce récit, et donc, vous retrouver à lire ce qu'une personne comme moi écrit? C'est simple. Tia est différente de tous ceux que j'ai pu rencontrer jusqu'à ce jour. Toutes les personnes avec qui j'ai pu avoir un contact: qu'il soit proche ou éloigné, ont fini comme deux hommes. Hayes et Kaulins. Et bien que sur l'un des deux je n'ai pas été l'élément qui déclencha sa déchéance, j'ai néanmoins rencontré ce dernier.
Pour elle, c'est différent. Un air frais qui débarque dans l'effectif de police. Peu importe ce qu'elle peut voir, elle croit en la bonté du genre humain. Même! Elle possède le parcours opposé à Ethan ou l'autre. Dans la criminalité a ses débuts, elle s'est rangée du bon côté de la ville, semblant tenir coûte que coûte à faire appliquer la loi et sauver le plus de personnes possibles.

Et sous ses airs de jeune femme à la tête d'un grade qui la dépasse, elle emmagasine tout ce qu'elle peut voir et entendre. Les amitiés, elle ne les a qu'avec ses collègues, et encore, une fois de plus, elle semble incomprise. C'est pour ça que ce soir, je suis là. Chez elle. A devoir m'occuper d'une personne de sa trempe, et de toutes, je sais qu'elle est la plus dangereuse par son caractère obstiné. Elle s'est d'ailleurs calmée. Endormie tout du moins. J'en viens donc à faire ma révérence, et le reste reprendra son cours.





Confrontation:
Tia se trouvait face à une femme qui était crainte et respectée. Les choses avaient dégénérés depuis quelques temps déjà suites aux nombreux efforts pour contenir un "ami" commun face à ceux qui le poursuivaient. Bras croisés, adossée contre le bar d'un prix excessivement dérisoire pour les riches, et trop cher pour de simples personnes qui vivaient la vie tranquillement. Entre deux femmes dont le regard était aussi froid l'une envers l'autre, Ethan lui se trouvait au centre du conflit qui, une nouvelle fois avait démarré sur ce sujet.

Tia je te conseille de partir vite, très vite avant que je ne m'énerve.
- Dois-je considérer tes propos comme une menace, mademoiselle Fitzermann?
- Joue pas à la plus maline sur ce sujet.
- Je pense pas que tout t'es acquis de droit Kaya.
- Autrement quoi.
- Autrement je peux te retirer tout ce joli monde que tu t'es créée.


Le face à face se déroulait à la perfection, les deux jeunes femmes étaient à l'autre bout chacune de la pièce et pourtant l'effet produit était glacial. Tia ne supportait plus les intrusions des personnes dans la pièce, chez elle. Malgré tout ça, elle ne flanchait pas en se remémorant le passé de celle contre qui elle tenait un regard mortel. Et lorsque Kaya vint à dégainer son arme, Tia fit de même, à l'instant prêt. Ses réactions surprirent Ethan qui soupira en annonçant qu'il savait pourquoi Jason était encore en vie.

Tss... Vous m'faites pitié vous les pseudos-mafieux. Toujours à se cacher derrière le bout d'un canon... M'enfin! Si je peux pas te le faire comprendre comme ça, on va changer le registre.

A ses mots, elle vint déposer l'arme qu'elle déchargea sur le bar avant de se redresser toujours pointée par l'arme de Kaya. Une fois fait, elle leva ses poings fermés, en direction de son visage, venant adopter une posture de boxeuse sûre d'elle, et avec un sourire d'une provocation sans égard. Kaya quant à elle, soupira, faisant alors de même de son côté. Elle s'approcha avant que toutes deux ne virent à faire parler leur phalanges plutôt qu'une arme à feu. Kaya annonça ses choix en première. Une droite relativement bien placée qui fut contré par le revers d'un avant bras. Un pied glissa sur le sol, venant rencontrer le tibia de Kaya. Les coups partaient aussi bien que les punchlines renvoyées. Un tibia touché, qui s'annonça néanmoins en direction des rotules, qui pivotèrent sur la droite, coinçant le pied tendu entre les jambes de Tia. Elle s'abaissa, passant la partie droite de son corps en dessous de la jambe de Kaya avant de la bloquer. Elle se redressa, s'envoyant en arrière les deux pieds joints en direction de l'autre. Son adversaire sauta. Enfonçant son pieds dans les trapèzes de Tia, puis son talon dans une de ses cuisses. Kaya ajouta durant un laps de temps:

Treize ans d'entrainement. C'est pas pour rien la fliquette.
- Hmf', dans ta réalité ouais!


Contre le bar, Tia venait axer par la suite ses jambes à droite, appuyant sur la paume de ses mains, elle se redressa alors en une finalité de roue arrière, très propre d'ailleurs. Armant son coude qui fut paré, suivit d'un talon, puis d'une main ferme en revers dans les côtes. Elle tournait le dos à Kaya mais semblait savoir où taper. Elle s'abaissait alors, venant prendre appui de nouveau de ses mains, puis leva ses deux pieds en direction de la poitrine qui fut atteinte. Roulant alors, elle se releva aussi rapidement que Kaya avant de conclure par un plaquage qui leur fit heurter Ethan et le mur derrière lui.
Il grimaça avant de commencer à s'en mêlée. Simplement mais efficacement, il interposa un genou dans les côtes de Tia, et un crochet du droit dans le foie de Kaya.

Elles tombèrent toutes les deux, et il haussa le ton.

Vous vous calmez, ou j'vous jure que je vous tue toutes les deux. Sans retenues et avec le plaisir de mes phalanges contre vos dents. Votre politique n'est pas la même toutes les deux, mais putain de merde, arrêtez vos conneries.

Les deux sans souffle, elles regardèrent Ethan qui avait semble-t-il fait comprendre ses intentions au sein du trio. Il recroisa les bras une fois son whisky en main puis ajouta:

Lukas... Tu peux rentrer...
- T'es sûr?
- J'te le dis.


Derrière le pan de la porte du salon, une jeune femme tout aussi âgée que Kaya et Tia se dévoilait. Elle entra timidement en observant les deux dernières à même le sol, puis se présenta comme étant une envoyée de Donnelly.




Dernière édition par Ethan Kaulins le Lun 05 Sep 2016, 14:08, édité 13 fois

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Re: Tia Shinobu [Récit 2] - A l'orée d'un siècle en bois.

le Mar 06 Oct 2015, 00:06
Chapitre 3 entamé!

Changement de gueule du background, néanmoins les histoires restes les mêmes. Sauf que tout ce qui était écrit jusque là ne fait que deux chapitres au lieu de 6.



Where is my mind ?




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Re: Tia Shinobu [Récit 2] - A l'orée d'un siècle en bois.

le Mar 06 Oct 2015, 00:19
Ah l'enfoiré. Je me gardais ce son de côté pour un de mes chapitres. x) Sinon c'est bien joli tout ça !


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Re: Tia Shinobu [Récit 2] - A l'orée d'un siècle en bois.

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