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[Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Lun 29 Juin 2015, 21:33



"Combien font mille moins sept?"

C'était les questions qu'il s'obstinait de me poser tandis que sa pince venait enlever le reste de l'ongle de mon auriculaire gauche. J'étais impuissante face à cet homme là, m'observant comme du bétail tandis que j'hurlais à l'agonie.

"Combien font mille moins sept?"

Je me remuais dans tous les sens, sentant le point de rupture approcher de plus en plus. Il craquait continuellement ses doigts en attendant la même réponse que j'annonçait encore et encore. Mes liens ne cédaient pas et son visage scarifié s'approchait encore un peu plus près, attendant que je cesse de me débattre... C'est alors que je vis l'ombre de sa main agripper le haut de mon crâne, me forçant à le regarder de nouveau.

"N... Neuf cent..."

Le nombre n'était pas complet... Je m'en rendis alors compte lorsque je sentis ma paumette gauche s’affaisser et surement une de mes côtes qui, vulgairement se répandit un peu plus à l'intérieur de mon abdomen. Il se redressa encore une fois, éclatant de nouveau la poche d'air coincée entre ses phalanges, réitérant un craquement audible dans toute la pièce. Le plus vulgaire dans tout ça... C'était le marbre du salon qui reflétait mes coquards. Mon sang luisait comme si aucune loi gravitationnelle n'entrait en jeu. Le canapé en soie - probablement - sur lequel il s'installait en me laissant cracher le trop plein d'hémoglobine en bouche était d'un mauve écœurant. L'écoulement était régulier. Je devais en perdre pas mal étant donné que je ne distinguait plus les formes.

"Combien font mille moins sept?"

Encore cette même phrase... Un craquement puis un temps d'attente trop long qui annonçait le retrait du dernier ongle de ma main gauche. Je ne criais plus. J'avais atteins mon point de rupture. Je n'entendait que les pas qui se rapprochaient un peu plus de moi, surement pour vérifier mon état. Et puis de nouveau comme depuis deux jours, plus rien. Le noir complet accompagné d'une surdité absolue.







Sur un air introductif.:
Par où commencer sans paraître dans le défaitisme ou l'arrogance pure et simple... Déjà mes origines. Nippo-américaine, née d'une mère Japonaise et d'un père Américain. Malgré le fait que je n'ai passé que mon enfance sur les terres nippones, j'en ai néanmoins la culture, le parlé et évidemment le cliché martial. Même mon prénom et mon nom veulent dire quelque chose.
Tia Shinobu. Ce qui veut littéralement dire; "L'éclat de la mort". On m'aurait laissé choisir, je crois que j'aurais tout donné pour devenir une pure occidentale, et a risque de vous y méprendre, les histoires de mafias ça ne se passe que dans vos têtes.

Ma mère rêvait que je sois quelqu'un d'indépendant, et mon père lui aspirait à ce que je devienne quelqu'un. Au final, j'ai jamais réellement suivit leur décision. Je n'ai pas penché non-plus du plus mauvais côté de la balance, j'ai juste eu des fréquentations qui n'étaient pas conseillées mais c'est ce qui m'a forgé. Comme je disais, je veux pas tomber dans l'arrogance alors je ne m'avancerai pas trop dans le détail. Mais je suis une voleuse. J'ai manqué à quelques reprises de me faire avoir, mais sans grands résultats de leur côtés.

A quoi bon avoir des règles si ce n'est pour les transgresser.

C'est comme ça que je vis sur le sol américain. J'ai préféré quitter mon petit confort pour apprécier l'adrénaline du danger en quelque sortes. Ce qui me motive principalement... C'est comment dire...? Vivre d'une liberté inconditionnelle. Qu'elle vienne brider celle des autres, ce n'est que leur problème. Si l'on devait revoir la chose, ce sont ceux qui ne peuvent vivre sans quelque chose qui sont réellement écœurants. Le matérialisme, je le considère comme une addiction. Moi ce que je leur fais? Un sevrage sous conditions.



P.S (hors bckg): Tia signifiant "Eclat" et Shinobu qui est le résultat de Shine (Mort/Mourir) et Bu (Section) signifie donc "Eclat de la Mort". Les japonais ont souvent cette tendance de donner des prénoms en concordance avec les noms de famille. La signification réelle se fait durant l'écriture, qui, lorsque le nom et prénom sont écrit, comportent les caractères d'écriture d'un terme particulier.
En gros, le nom et prénom s'écrivent avec les caractères de la mort, de la vie, du printemps, etc, etc.
C'était juste un débrief.

Sur une douleur ancrée.:
"Combien font mille moins sept?"

Je n'avais même pas réalisé que mon esprit était revenu. Et il me regardait continuellement avec ses yeux d'un gris perçant. Je ne sais plus ce que j'avais volé à ce moment là, mais comme je l'avais dit. La police n'arrivait pratiquement à rien de leur côté, comparé aux groupes clos de Los Angeles. Le plus embêtant, je pensais, c'était qu'ils pouvaient tout savoir de toi sur l'ordre d'un bon 3600 secondes.

"Neuf-cent quatre-ving treize... Neuf-cent quatre-ving treize..."

Je l'avais dit et répété mécaniquement. Puis le son de ses phalanges venait encore une fois claquer proche de mes tympans. Mon coquard venait de se percer, vidant le surplus de sang présent le long de ma paumette enfoncée. Je n'avais plus mal du tout. J'étais épuisée, rouée de coups depuis deux jours déjà... Ou serait-ce un peu plus... Qu'importe. Ils avaient retrouvé les bijoux sur moi, donc ils me rendaient la monnaie que j'aurais un jour escomptée. J'avais quoi... Vingts ans. Le violent devait en avoir quinze de plus.

"Combien font mille moins sept?"

Si je répondais... Je m'en prenais dans les dents... Si je ne répondais pas, c'était la même. Alors le silence revenait, mais il était rompu par le craquement de ses doigts après chaque questions. Pieds et poings liés, le proprio de la demeure devait être un maniaque des comptes rendus et de la propreté. Je m'attendais à recevoir un nouveau coup lorsque le gorille s'approchait de nouveau de moi. Au lieu de ça, il tira la chaise vers l'arrière, laissant mes traces de sang être traînées par les pieds de la chaise sur laquelle je me trouvais. Il ne disait plus rien, et je me contentais d'observer le reflet du marbre au sol, désignant le sofa mauve dégueulasse qui s'éloignait doucement mais surement de moi. Le point positif, c'était que je n'avais plus a supporter les goûts douteux du proprio en matière de décoration.

Il faisait encore nuit, on pouvait le remarquer au travers des fenêtres du couloir. Les secousses causées par les pieds tapant contre les marches d'escalier m'indiquaient que je rejoignais doucement la cave pour certainement y crever comme un rat. A la fin le pied arrière droit de la chaise avait cédé. Une fois en bas, j'entendis une porte s'ouvrir juste derrière moi, et en un élan, la chaise glissa un peu plus loin avant que l'équilibre soit rompu par le pied manquant, me retrouvant indéniablement attirée vers le bas, jusqu'à ce qu'un nouveau choc retentisse dans ma boite crânienne.

Réveil lourd.:
Le sombre de la pièce n'était pas le plus total, mais suffisant pour ne pas avoir à adapter mes yeux en les rouvrant après le choc. Le son ambiant bourdonnait lourdement dans mes oreilles, j'avais l'impression qu'un caisson de basse s'y était installé. J'étais consciente, c'était déjà ça de pris. Après quelques instants à reprendre mes esprits, je sentais le lien qui me retenait à cette chaise être légèrement plus faible, mais ce n'était pas avec mon état que je pouvais me tirer de cette impasse. Une fois les liens retirés, qu'est-ce qui me dit que mon corps pourra se permettre de bouger comme auparavant après la série de coups.
Je réfléchissais à tous les scénarios possibles même si des parties manquaient dans l'histoire, suite au mal de tête qui augmentait encore et encore depuis le réveil. Je venais me pencher un peu plus en avant de la chaise encore reversée; le sol était froid et un courant d'air passé sous la porte de la pièce, donnant directement sur ma nuque. Au fur et a mesure de l'effort donné sur les liens par mes reins, sans grande surprise et déjà bien abîmés, ils cédèrent. Se relever était fastidieux. Je souffrais le martyr au niveau des côtes, et je souhaitais me tirer de là au plus vite.

Par chance - je sais même pas si je peux appeler ça comme tel - j'arrivais à me relever à l'aide du pied cassé de la chaise, qui me servait aussi de support pour me déplacer. La porte n'était pas verrouillée. Une fois ouverte, elle laissait place au long couloir que je traversais chaque fin de journée attachée à cette même chaise dont je m'étais libérée. Je me trouvais encore à Los Angeles, et le première fenêtre se présentant à moi était l'opportunité de fuir durant une nuit couverte par les innombrables nuages.
Je ne savais seulement pas ce qui m'attendait par la suite, mais ma survie avait atteint son paroxysme.






Show time bar.:
La façade n'était pas jolie à voir. Ça ressemblait à un vieux bar délabré dans lequel on y stockait les rats ou les porcs abattus en ferme et trop malades pour les manger.
En y entrant, une bonne musique assez rock'n'roll faisait sa loi. Moi avec mes coquards et mon air bagarreuse, je n'avais aucun problème à m'y faire servir un verre. Un double whisky. Un truc pour les couillus qu'on m'avait dit. J'oubliais par la même occasion que les femmes dans ce coin n'étaient pas forcement vues autrement que pour féconder l'espèce d'un alcoolique. Mais j'm'en foutais. La flicaille grouillait les bancs, riants par moment, me dévisageant par d'autres.

J'remercierai jamais assez le médecin qui m'a pris en charge pour les coups reçus et sans lui devoir quoi que ce soit. Ça me faisait déjà une meilleure gueule. Une fois mon double whisky bien entamé, c'était l'heure d'un autre non-habitué apparemment de faire son entrée. La basse cour des poulets le dévisageaient. Ils avaient l'air de se connaître mais sans plus.
Quand à ce fait, si ce connaître est synonyme de dégainer les armes dés qu'on se voit, alors j'pouvais dire qu'ils s'adoraient. Un afro-américain qui débarque dans un bar de blancs... Et encore, je suis bien placée moi pour dire ça... Tant qu'on ne sait pas mon nom de famille, j'ai toutes les raisons d'être américaine.

L'afro semblait plus vieux que toute l'assemblée qui braquait leur arme de services. Des histories de morts à ne pas s'en mêler. J'en avais fini pour terminer mon double whisky avant de le reposer sur le bar. Discrète et muette, j'avais remis mon foulard correctement et déposé un billet de dix dollars sur le comptoir avant de filer au plus vite aux vues des flics en question qui en venaient à présent à braquer leur arme envers leur soit-disant collègues. Personne ne m'a remarqué entrer, et donc sortir serait évidemment le même spectacle.

Il ne faisait toujours pas jour, mais la nuit continuait son cycle. Alors que je marchais dans les rues, j'entendais les sirènes d'ambulances en tout genre se ruer vers le bar en question. Des morts, des blessés, le genre de règlement de comptes qui se finissent toujours mal. Une belle réunion de famille comme j'évitais d'en voir. J'aurais pu faire demi-tour, mais je préférais éviter de revoir cet afro au regard vide et monstrueux.

Eclat de la mort.:
Continuant mon trajet sans réel but précis hormis celui de trouver un endroit où je pourrais dormir, j'arrivais au centre ville qui se voyait être bondé de monde trop pressé pour s'arrêter, trop ivres pour penser ou trop con pour réfléchir. C'était un putain de terrain en or. Des portefeuilles enfoncé négligemment à l'arrière des poches, des gars qui pensent se payer les services d'une catin, et d'autres encore plus à la ramasse.
Je me voyais donc sur mon terrain de jeu, venant alors tendre les mains sur des passages risqués; volant un portefeuille de cuir, ne prenant que l'argent, et le laissant tomber à terre. Ainsi de suite durant quelques minutes, évidemment je changeais le terrain de jeu.
A la fin je me retrouvais avec le triple de la première somme amassée: cinq-cent trente-deux dollars en tout. C'était une bonne soirée en l'occurrence.

J'aime l'argent, autant que ce dernier peut m'aider. J'avais de quoi me payer une chambre pour la semaine rien qu'avec cette somme. Après quoi, je suis raisonnable et me contente seulement du strict nécessaire. Ça pouvait me payer un verre ou deux une fois la chambre de louée. Pershing Square était un terrain privilégié pour ça. Surtout qu'ils savent déjà depuis bien longtemps maintenant que je me suis enfuie. Alors c'est ce que j'ai fais, j'ai pris une chambre à l'hôtel en face du poste de police, m'y suis installée lourdement, et encore une fois en tendant l'oreille de part la fenêtre, des coups de feux, non loin d'ici.

Los Angeles était réellement bien agitée cette soirée. C'est ce que j'avais pensé à voix haute lorsque j'eu reçu une réponse à ce monologue.
Une femme se trouvait en face de moi, elle n'était pas éclairée par le halo de la lumière.

Sombre de la nuit.:

Oh..? Une voleuse hors-pair à ce que je vois, à un détail près.
- J'vous demande pardon?
- J'aimerai retrouver dans ma main mes trois cents dollars que tu m'as volée.


Le plus impressionnant est qu'elle restait de marbre tendant juste la main gauche en ma direction, paume ouverte, qui était la seule chose d'ailleurs de son corps qui se voyait être éclairé.

Quels trois cents dollars?
- Attention gamine... Je n'aime pas ça du tout.


Le ton de sa voix n'avait pas changé, mais je me trouvais de plus en plus mal à l'aise face à cette situation. Elle devait surement être l'une des personnes à qui j'ai dérobé de l'argent, mais ne présentait pas grands danger. Je pensais pouvoir réussir à la faire sortir d'ici sans grand résultats. Elle continuait de rester fixe agitant sa paume ouverte en ma direction, démontrant son impatience.

Je crois que je n'arrive pas à t'apprécier.
- C'est pas comme si c'était mon problème. J'ai pas vos trois cents dollars, vous devez -
- Je ne confonds pas. Tu es celle qui s'est emparée de mon portefeuille, le vidant de son espèce, et le jetant à terre.


Pas de doutes. Elle avait de l’œil, et ils fonctionnaient bien. Elle n'avais pas l'air d'être le genre à vouloir porter plainte. C'est donc pourquoi je me suis redressée en m'étirant puis en engageant le premier pas. Chose que je n'aurais pas du faire. Elle aussi s'est approchée en dévoilant son visage marqué de cicatrices dont une à l’œil droit. Son regard était malsain tout comme son attitude. Et avant que je n'eu le temps d'ouvrir la bouche pour parler, elle avait annoncé la couleur en se retournant pour ressortir, lançant derrière elle, une douille de 7.62mm en ma direction.

A demain gamine. T'as des choses à apprendre ici.

La douille roulait alors vers moi, la femme me laissant là, dans ma chambre. J'observait la douille, et je venais de me rendre compte que d'infimes frissons me parcouraient le corps, annonçant un lourd problème à venir.







Anarchy road.:
Le réveil fut lourd, trois, quatre coup de sonnette de la porte de l'appartement. Quand on ouvre les yeux pour la première fois en dehors d'une cave sombre qui pue la mort et le sang, on aurait préféré être réveillé par autre chose qu'un acharné à la sonnette. Je baillais lourdement tandis que mes pieds traînaient le sol en direction du hall d'entrée. Ma main se posa mécaniquement sur la poignée de la porte avant qu'une quelconque petite voix me dise de vérifier auparavant au travers de cette dernière. Je me stoppais alors net en approchant avec méfiance mon œil droit. La seule chose qui se dévoilait au travers de la porte était un homme d'une quarantaine d'années, semblant sentir l'intérêt méfiant que je lui portait. Il souriait alors d'une telle manière que j'en vins à me reculer d'elle avant qu'il n'enfonce cette dernière. Son pied droit était le coup de bélier qui le dévoilait intégralement après quoi. Il avait les mains dans les poches, un équilibre parfait et une prestance à en faire perdre l'équilibre d'autrui, dont le mien. Je venais de sursauter en arrière, titubant autant que je le pouvais tout en reculant.

Il releva alors la tête m'observant légèrement. Un soupir se laissait entendre de cet homme nonchalant. Une armoire à glace dans un bomber marron et vieillit par la terre et le sang. Un pied devant l'autre, il s'approchait de moi qui n'osait bouger. Sa main droite sorti de sa poche et attrapa doucement mon visage, ou du moins mon menton qu'il releva vers ses yeux. Il voulait que je le voit comme il me contemplait.

M'alors... C'est donc de ça dont la gamine me parlait... Hmm... Quelque chose d'aussi frêle qu'une feuille morte tombée récemment de l'arbre... Ouais... Je vois le genre de cas présent...

Je n'arrivais pas à lui répondre et ne savait pas quoi lui répondre de toute manière. Elle me l'avait dit sans que je n'y croit réellement jusqu'à ce qu'une nuit ne passe seulement. Aussi inconcevable que ça pouvait être, j'avais toujours la douille de 7.62mm sur la table basse. Il la constata d'ailleurs avant de rire rauquement d'un air étouffé. Un homme dont les cicatrices marquaient le visage, et le doigt de l'annulaire gauche manquant me dévisageait alors comme un vulgaire morceau de viande.
Il recula alors sa main, venant faire de même avec son visage avant de décaler son pied droit en retrait, comme pour lui donner un appui. Il leva alors ses deux poings fermés au niveau de sa poitrine, prenant une posture de boxeur. Un nouveau sourire était lisible sur le fond de son visage.

C'est parti!!!, m’annonçait-il alors en lançant un direct du droit. J'eu le temps d'esquiver son coup que le crochet du gauche venait de créer une rencontre avec ma mâchoire. Il ne s'arrêtait pas pour autant, continuant ses gestes que j'arrivais alors à anticiper, observant derrière lui, la sortie.

Oy, oy! Tentes pas de fuir comme ça!
C'était maintenant son genou qui entrait en contact avec mon abdomen. J'étais forcée de me plier en deux, venant me laisser rouler au sol, en avant. L'ouverture s'était faite. Je me redressais avec difficultés avant de plonger à grandes enjambées vers la porte enfoncée. Je ne comprenais pas tout, mais l'essentiel se trouvait derrière moi, à courir pour me rattraper.

Hang'Em All.:
La sortie de l'appartement se fit par la porte principale qui donnait sur l'allée inhospitalière à certaines heures de la journée. Je courais en direction des égouts alors que je vis la masse débouler sur ma route, toujours en tentant de me rattraper. Il était certainement bien plus lourd que moi, et un très bon bagarreur pour risquer de nouveau de m'y frotter. La descente s'annonçait et j'étais alors toujours en course à l'intérieur des égouts. Désormais c'était les clochards qui observaient une scène qui semblait courante et plutôt amusante à leurs yeux malsains. Une jeune femme en jogging et débardeur large, poursuivie par une masse de muscles qui semblait déterminé à la rattraper. Quel cas morbide j'avais pensé à plusieurs reprises. Une fois lancée, j'étais, je pensais, impossible à arrêter. Malheureusement, la réalité me pris de court lorsque je me sentis attiré vers le bas, les jambes bloquées.
Un plaquage dans les règles de l'art. Moi qui tentait désespérément d'avancer en m'aidant des bras et des mains une fois au sol, sa prise ne lâchait plus. Il me tenait pieds liés en me tirant lourdement vers lui, ou sous lui pour avoir le total contrôle. Une fois par dessus-moi, ses mains virent attraper les miennes pour me maîtriser, haletant.

Hng... Eh! Stop! Arrêtes de boug... Ah putain! Arrêtes donc de bouger!

Je ne l'écoutais pas. Je l'entendais seulement et j'avais peur. Les seules choses auxquelels je tenais plus que mes objets de valeurs étaient ma vie et ma dignité elle-même. Mon genou mécaniquement s'était logé entre ses parties, tenant de lui faire mal. C'est ce que j'avais appris à faire il y a quelques temps, mais il ne semblait pas avoir mal avant que son front n'entrechoque mon nez. J'étais sonnée clairement.

C'est bon?! T'es calmée?!
- Lâ... Lâchez-moi... J'vous ai rien volé j'vous le promet!
- Putain... C'qu'il faut pas faire pour elle... Calme toi j't'ai dit.


Mon nez pissait le sang à vue d’œil. Mécaniquement je continuais mes efforts qui semblaient désespérés. Je me retrouvais encore dans une situation qui me dépassait totalement. Puis, sans crier gare, il relâcha la pression exercée sur mes poignets. Mon poursuivant se redressait alors en laissant entendre un lourd soupir suivit d'un étirement et un rire de nouveau étouffé. Ce après quoi, il me tendit sa main droite ouverte, la paume vers moi, me faisant signe de me relever; ce que je fis d'ailleurs sans son aide. Il recula de quelques pas, venant replonger les mains dans ses poches du bomber en cuir sale qu'il portait. Je crachais le sang par mes narines d'une manière masculine avant de porter mon regard au sien d'un gris étonnamment clair.

J'm'appelle North.
- ... Et tu me veux quoi... North.
- Boire un verre.
- Hmf... Faut revoir ton approche avec les femmes... Connard.
- Je sais, je sais! Raaah... Mais bon! T'as pas choisis la meilleur des méthodes pour que je puisse essayer d'avoir une conversation correcte avec toi... Faut m'comprendre aussi... J'suis un peu sauvage à vu d’œil, mais j'sais être citoyen!


Je ne lui répondis rien. Son air ne m'inspirait pas réellement confiance, mais sans véhicule et avec des nasaux en moins, j'aurais pas fais long feu si j'avais voulu courir de nouveau. J'avais alors accepté à contre-cœur l'invitation de ce North en remontant a ses côté les égouts de Los Angeles. Une fois de nouveau devant mon pseudo appartement, il me fit signe de la main droite en direction de son pickup garé sur le trottoir d'en face. Je n'avais pas réellement de choix, alors nous prîmes la direction de son véhicule.

Si je m'attendais à une telle histoire, narrée par la parole d'un ex-militaire, alors j'aurais bien pu remettre en cause toutes les théories du monde et de sa création.






Oak Springbreakers.:
Le trajet n'était pas spécialement long et la musique dans l'enceinte du pickup n'était pas non plus désagréable. Je ne lui avait pas parlé du trajet tout comme il refusait de me parler aussi. Néanmoins, il m'adressait quelques regards de temps à autres afin de vérifier si l'état de mon nez n'empirait pas. Aux premiers coups d’œils, je vérifiais l'état du véhicule et quelques détails qui pourraient sembler significatifs du genre de personnes que je pouvais avoir à mes côtés. A l'arrière du véhicule se trouvait un vieux Remmington datant de pas mal d'années d'utilisations. Quelques canettes de bières vidées ou encore pleines jonchaient le plancher de la plage arrière tandis que derrière moi se trouvait le vieux bomber qu'il semblait porter à outrance. Mon regard cherchait les moindres détails alors qu'il semblait seulement être un vieux rustre, chasseur ou braconnier à ses heures perdues. C'était pas le genre de gabarit à être au service de la nation et encore moins à celui des autres. La première fois, j'avais pensé qu'il abordait la quarantaine passée, mais il était déjà à une bonne cinquantaine d'années lorsque les lampadaires éclairaient son visage marqué par de longues cicatrices. Sa barbe était néanmoins taillée et son regard pouvait varier entre le sombre psychopathe à celui d'un homme tout à fait normal. Le détail qui me marqua sur cet homme était le dogtag pendait du rétroviseur central sur lequel on pouvait y lire les inscriptions:

SHANNON
NORTH
687-12-0432
RH POSITIVE
CATHOLIC

Le temps que j'arrive à comprendre tous les détails, nous venions d'arriver dans le comté de Los Angeles, en face d'un bar miteux et surement plus ou trop peu fréquenté. L'enseigne branlait à tords et à travers. "The Well Pump" semblait plus être fade et sans vie qu'autre chose. C'est pourtant là où l'on se rendait en ce début de soirée. Il actionna le frein à main, venant remonter le verrou des portières puis me fit signe de sortir tout en le suivant. C'est ce que je fis d'ailleurs. Je n'avais pas l'intention de m'enfuir de nouveau, au risque d'y perdre certainement une jambe et un bras.

Emprise.:
L'intérieur du bar semblait tout aussi délabré que la façade. Pourtant il semblait être fréquenté par quelques motards et paysans qui devaient certainement vivre dans le comté. North s'avançait tandis que je le suivait. D'un signe de main, il salua le barman qui fit de même avant de me dévisager tout comme le reste des locaux. Encore une fois je ne fis pas réellement bonne impression, et l'incompréhension dégagée lorsque les hommes croisaient le regard de mon agresseur semblaient en dire long sur la situation qui les dépassaient tous autant qu'ils étaient.
Il s'installa en coin, sur une table plutôt entretenue avant que je ne fasse de même en m'asseyant en face de lui. J'évitais de croiser son regard au risque de me voir intimidée au plus haut point. Et alors que je tentais d'esquiver tout contact, il lança la conversation.

Timagines pas le bordel que tu as causé...

C'est clair que je n'avais aucune idée concernant la manière dans laquelle je m'étais retrouvée dans toute cette merde. Je ne répondis rien, en jouant la carte de l'intimidée alors qu'il embrayait de plus belle.

T'aurais pu voler à n'importe qui d'autre, mais il a fallu que se soit cette gamine... Putain dans quoi j'me retrouve moi encore une fois...
- ...
- Et évidemment tu ne parles pas... J'vais pas te bouffer pour autant hein qu'on soit clair la dessus.
- ... Qu'est-ce que j't'ai fais au juste?
- Les histoires ça te tentes?
- Pas vraiment.
- T'as pas vraiment le choix non plus.
- Ca m'tente bien ouais...


Je regardais alors North qui avait posé les mains sur la table en attendant la boisson qui arrivait derrière lui. Le barman s'était avancé avec deux verres d'une pression blonde sans réel goût particulier, mais pourtant agréable lorsque j'en pris une gorgée. Le blanc c'était de nouveau instauré entre nous, le temps qu'il savoure sa bière apparemment. A droite, deux hommes qu'on aurait pu comparer aux cowboys des temps modernes se querellaient pour des histoires d'argents et de femmes. C'était rustique au plus au point, sans en déplaire à certains apparemment. En pensant ça mon interlocuteur vérifiait à plusieurs reprises son smartphone après avoir envoyé ce qui semblait être un long message. Je buvais de petites gorgées, sentant la discussion devenir longue; encore fallait-il qu'il y ait une discussion. Une fois son portable rangé, après avoir évidemment reçu une réponse et aperçu un sourire sur son visage, il braqua ses yeux au fonds des miens. Le gris perçant était réellement intimidant et le visage sérieux qui le constituait annonçait diverses choses dont une situation dans laquelle je me retrouvais alors.

Violence verbale:
C'est certain qu'à ton âge on ne sait pas où l'on va ni où l'on finira. J'en ai connu des gens comme toi qui ne savaient pas quelles étaient les options qui s'étaient proposé à elles. T'es ce genre de cas. Mais tu vois, le truc, c'est que tu as eu plusieurs choix qui étaient possible. Rester sur ce que tu avais ou poursuivre dans l'avarice. Par moment, ça réussi par d'autres, ça peut foirer. La chose étant que là tu as totalement foiré. Tu aurais pu rester sur ta faim et te tirer tranquillement, suite à quoi, nous ne serions pas là à se parler toi et moi. Et l'autre conséquence, est que maintenant tu es en face de moi. En face de nous. Et même si je semble être seul ici, face à toi, la réalité est tout autre.

Cause à effet comme je me plait à le dire, ou sous un terme plus simple; la Loi de Murphy. Tout ce qui peut et doit arriver, arrivera forcément un jour ou l'autre. Tu as peut être accéléré les choses, ou peut être pas, mais tu es ici maintenant parce que tu devais l'être.

Pour en venir sur ce dont je voulais te parler, c'est que tu as volé la mauvaise personne... Mais apparemment tu avais déjà commis cette erreur avant. Serait-ce hier, ou il y a une semaine, j'en sais rien. Mais vraiment... Là t'es dans la merde... La plus totale d'ailleurs.


Il parlait vraiment bien pour quelqu'un qui semblait être une brute simple et sans notion de réflexion. Son air sérieux semblait pourtant réel. Il semblait porter de l'intérêt à ma personne et à ce que je deviendrais après avoir fait mes choix. Je ne savais pas si il voulait que je le suive ou que j'ouvre les yeux une bonne fois pour toute pour réellement accepter le fait que j'étais dans la merde, mais dans tous les cas, il semblait être sincère.

T'as déjà rencontrée ma patronne donc, j'ai pas à te faire le topo... Si?
- Ta patronne... Tu veux dire... Hier soir?
- Si tu penses que c'est elle alors...
- Une gamine?
- Ta vérité?


Je n'ai pas compris ce qu'il entendait par "ma vérité". Et je n'avais pas les moyens de comprendre sur le moment ce qu'il voulait réellement insinuer, mais je me retrouvais en face d'un dilemme qu'il m'annonça sans détour.

Si tu sors d'ici, tu risques de te prendre une balle. Ce risque sera limité si tu sors avec moi, mais pas impossible non plus. Il est alors censé de dire que si tu sors sans moi, que ce soit avant ou après, tu risques aussi de te prendre une balle. Que tu saches où je veux en venir ou non, ne me concerne pas, je t'explique le cas dans lequel tu te trouves et les finalités qui s'offrent à toi.
- ... Dans tous les cas... Je m'en prendrais une.
- Probable mais pas impossible.


La conversation était passée du concret au rationnel. Il avait réussi à me perdre dans la masse d'informations que j'avais à comprendre et à interpréter. Si je sortais avec lui, je risquais de me prendre une balle, tout comme si il partait avant ou après moi. Risquer ma peau avec lui à mes côté ou sans lui n'avait aucun sens. M'aiderait-il ou me regarderait-il me démerder... Il fallait que je fasse un choix. Ce choix me dépassait totalement.








Bottoms up.:
Le dernier cul sec de whisky était coriace avant qu'on ne sorte North et moi-même du bar délabré. J'ai compris où il désirait en venir durant notre précédente conversation. Les gars du coin avaient un sérieux problème. Trois d'entre eux nous attendaient à la sortie, armés d'on ne sait quel calibre. Ils nous dévisageaient comme une espèce en voie d'extinction. A croire que c'était réellement le cas. A comprendre les choses, ils nous prenaient pour deux autres personnes dont les noms m'échappaient. Apparemment, un trentenaire et une jeune femme couraient les rues du coin. Entraînant fusillades sur fusillades. Histoires d'argent et d'emprise. Le genre de trucs qui dépassaient ma petite existence et pourtant, je me retrouvait braquée par le canon d'un des trois gars. Mécaniquement je levais les mains en constatant que North avait toujours les siennes dans ses poches, affichant un rictus provocateur qui semblait aggraver notre situation.

Il ne bougeait pas, et ne bougerait pas. C'est ce que j'avais cru comprendre en le regardant de nouveau. Il s'était sorti une roulée lorsqu'il avait quitté le bar et elle se consumait encore. Il tirait mécaniquement dessus tandis que les trois autres sauvages devenaient de plus en plus menaçant. Des connards de notre genre, c'était pas nouveau chez eux, et pourtant ils continuaient d'aboyer sans mordre. C'était les propos de North envers le plus âgé qu'il semblait connaître de tête. Une fois que le canon de l'arme venait en contact avec le front de North, il décida de bouger. A ma grande surprise, ce n'était pas pour lever les mains. Il appuyait un peu plus son front contre l'arme que l'homme tenait en joue. Il souriait un peu plus envers ce dernier et lui annonçait par la suite:

Allez... Tire. Fais donc feu mon gars. T'as bien ça dans les couilles nan? Un peu de courage?
- Fermes ta gueule le cuiré!
- Tires...
- J't'ai dit de la fermer!


Les esprits s'échauffaient. Je sentais le point de rupture approcher de nouveau tandis que j'étais alors braqué par un second individu. North lui, semblait trop occupé à vouloir mourir sur l'instant plutôt que de penser à sa vie.

Puis un coup de feu, suivit d'un autre et d'un autre qui arrêta toutes mes idées sur les débouchées possibles et imaginables. Nous n'étions pas mort non. Mais j'avais reçu assez de sang sur le visage pour rester figée. North lui, restait encore une fois immobile en me regardant sans réellement tourner la tête. Son pouce vint essuyer une petite partie du sang qui avait atterri proche de sa lèvre inférieure.

C'est pas trop tôt... J'ai cru qu'elle tirerait pas cette conne.
- Qu... Qu'est-ce qu'il vient de se passer... E... Explique moi là...
- Hmm?
- Je comprends pas...


Il se mit à rire comme si l'évidence n'était pas encore à ma portée. Son rire était sombre. Il était habitué à l'odeur du sang.

Embarquée.:
Comment réagir la première fois que l'on voit trois personnes tomber devant soit. Le crâne de moitié explosé par un calibre à longue portée... Vomir... Peut être paniquer ou même crier... Mais rien... Rien n'était sorti de ma bouche. Je n'arrivais seulement pas à réagir sous le regard intrigué de North qui avait replongé la main droite au fond de ses poches. Elle en ressorti alors avec un zippo argenté qui servit à rallumer sa gitane en bouche avant qu'il ne reprenne cet air nonchalant qu'il avait l'habitude de prendre. Il fit un signe de tête dans une direction que je n'avais pas suivit des yeux, avant de se pencher vers moi, la main gauche sur le haut de mon crâne, me le caressant comme si j'étais un vulgaire chien. J'en vint à le regarder alors une fois que je m'étais détaché des trois cadavres. North se pencha un peu plus, et prit l'arme d'un des trois hommes avant de me la tendre ajoutant:

Elle à le flair pour dénicher des personnes comme toi.

Flair... Dénicher... J'étais réellement un animal de compagnie à ses yeux. Néanmoins, et instinctivement, j'ai prit l'arme de ses mains. Il m'annonça qu'il y avait douze balles et que si je ne savais pas m'en servir, et bien que je devais avoir de la chance. Je n'ai pas compris pourquoi d'ailleurs je devais en avoir. Jusqu'à ce que:

Et voilà la petite bande!

Les gars du bar avaient décidé de sortir tous autant armés que pouvaient l'être une division militaire. Ils tiraient la gueule constatant les trois hommes à terre. Puis ils nous regardèrent. North avait reculé sur le trottoir d'en face, derrière ce qui semblait être une murette. Je sentais la tournure des choses virer au rouge sang. Leurs armes venaient maintenant à se dresser en ma direction. Encore une fois, instinctivement, je courrais en la direction de North. Les coups de feu avaient commencé, et je m'étais mise à couvert au bon moment. Les balles fusaient alors au travers de l'allée. Quelques impacts non-loin de moi et d'autres vers North qui ripostait alors avec un calibre bien plus gros qu'il avait dissimulé au niveau de sa ceinture. Il riait tout en tirant. C'était malsain.

Je venais donc à riposter à mon tour en sachant qu'autrement je n'en sortirai pas. Les trois premières balles tirées me fit totalement perdre l'équilibre et l'audition. Il m'en restait alors neuf dans le chargeur que je comptait au fur et à mesure. Au compte de cinq balles restantes, deux autres gars étaient à terre. North savait tirer plus précisément que je ne savais le faire. Désormais mon chargeur était vide et quatre gars restaient encore debout, ou du moins à couvert tout en tirant droitement. Je n'avais rien vu venir. Jusqu'au moment ou la douleur le long du bras gauche venait de me faire comprendre que j'en avais prit une comme il fallait. Un autre homme venait de tomber, puis North rechargea. Durant le rechargement, les derniers types debout s'écroulèrent un a un.

Un autre tireur était quelque part, sans que j'arrive à distinguer où. Le blackout s'annonçait lourd; mon bras pissait le sang un peu plus qu'auparavant. Mon allié quant à lui, s'était redressé en criant les derniers mots que j'avait pu entendre:

Merci ma belle!







Root.:
Le réveil n'était pas des plus agréable, mais il suffisait à me faire sentir reposée. Lorsque j'ouvris les yeux, je me retrouvais en face d'un miroir qui reflétait la pièce dans laquelle j'étais et ce sur quoi je me reposais. Un canapé assez sombre dans une pièce large où il faisait bon vivre. Sur la droite se trouvait un bar dont le bois était entretenu et luisant. Un verre de whisky vidé qui n'avait plus que les glaçons. Une bouteille sur la droite qui était encore ouverte. Personne et pas un bruit dans la demeure. Ma main prit appuis pour me redresser du canapé, et je constatait alors mon haut retiré, et remplacé par un bandage me prenant toute la poitrine jusqu'au bras où la balle s'était logée.
J'y voyais encore vaguement. La pièce était réellement bien éclairée, et lorsque mes pieds touchèrent le sol, je fus prise d'un frisson parcourant l'intégralité de mon corps. Le carrelage était froid, réellement froid. Puis vient l'adaptation, je déambulais alors dans la demeure dans laquelle j'avais été rescapée. En sortant de la pièce, je constatait un couloir au plafond surélevé. En face de moi se trouvait la cuisine et à ma droite, une porte fermée. En se dirigeant alors vers la gauche, j'apercevais l'escalier qui se dévoilait et deux pièces de part et d'autre du hall d'entrée. Quelqu'un jouait du piano de l'autre côté de la porte et la pièce semblait être bien isolée pour ne pas l'avoir entendu quelques mètres auparavant.

J'appuyais alors sur la poignée tandis que je me vis coupée dans mon élan.

Evites de le déranger s'il te plait.

C'était un ordre directement venu des escaliers. En me tournant je vis une jeune femme qui, appuyée sur la rambarde de l'escalier, me dévisageait avec un air froid. Elle était brune aux yeux verts. Pas très grande vu son âge mais constituée normalement. Elle tirait sur sa cigarette en recrachant une fumée opaque.

Merci.

Qu'elle m'adressa tout aussi froidement que l'ordre qu'elle m'avait donné juste quelques secondes auparavant. Elle avait constatée que je l'écoutais et que je ne m'y tenterai pas à deux fois. Alors qu'on se regardait mutuellement, elle perdit de l'intérêt pour ma personne avant de reporter son regard au niveau du vitrail qui surplombait l'entrée. Le piano continuait de plus belles, jusqu'à ce qui semblait être un final pour les propres oreilles du pianiste en question, puis, plus rien. Plus aucun son ne sortait de l'instrument. Plus un bruit ne se faisait entendre dans la demeure.

Elle.:
Elle continuait de regarder au travers du vitrail présentement au dessus de la porte d'entrée. Elle ne bougeait pas, jusqu'à ce qu'elle décide de s'asseoir d'une manière nonchalante qui lui semblait propre. Tout en tirant sur sa cigarette, son regard s'était de nouveau braqué en ma direction. Elle ne bougeait plus, semblant se perdre sur moi avant d'inspirer longuement. Son air fatigué et sa taille d'adolescente laissait croire que s'en était réellement une. Elle en avait vraiment l'air. Et pourtant.

C'est bizarre... Tu ne sens pas la mort.

C'est pas une gamine lambda qui irait dire ce genre de choses. Son visage laissait place à un sourire franc mais quelque peu morbide. Elle avait l'âme d'une enfant, ou du moins en apparence. Elle semblait savoir des choses dont je n'aurais jamais songé. Puis elle se redressa. En descendant lentement les escaliers tout en me dévisageant. Ses pas semblaient souples, comme si l'habitude d'être discrète était son meilleur atout. Une fois en bas des marches, elle devait être à quelques bons centimètres en dessous de ma taille, me regardant d'en bas. Elle s'approchait encore jusqu'à arriver en face de moi. Belle. C'était le terme exact. Ses mains se dressèrent jusqu'à mon visage, me l'accompagnant vers le sien avant qu'elle ne dépose ses lèvres sur les miennes. Un simple baiser laissant place à la plus grande des incompréhensions. Elle souriait avant de relâcher son emprise sur mon visage.

Tu n'en as même pas le goût.

Ricanant, avant qu'elle ne se dirige en la direction de la cuisine. Instinctivement je la suivait. Je ne savais pas qui elle était et pourquoi toute cette mise en scène. Puis elle s'arrêta au milieux du couloir, daignant se retourner vers moi. Elle pivota la tête, laissant son regard entrer en contact avec le mien. L'acte laissa place à un monologue des plus intéressants.

N'as tu aucun but? Rien qui te motive au plus haut point? Pourquoi es-tu ici alors que tu aurais pu vivre autrement. Tu cours et cours encore jusqu'à t'en percer les poumons... Pour quelle raison... L'argent n'est-ce pas? Tu aimes l'argent. Peut être plus que ta propre vie non? Dis moi... Tu mettrais ta vie en danger pour de l'argent? Pourquoi donc fais tu passer l'intérêt personnel avant ta propre santé... Je ne te comprends pas...
Tu avais l'odeur de la mort et maintenant tu ne l'as plus? Laisse moi rire. Qui es-tu pour décider de ton aura. La cause à effet... Tu dérègles tout ce que j'ai pu concevoir... Et pourtant... Je te laisse la chance de m'être utile. Tout comme je leur ai laissé une chance. Regardes... Regardes ou nous en sommes. Regardes autour de toi ce que nous avons bâti. Quand tu auras rouvert tes yeux. Alors je t’accueillerai.


A ces mots. Elle me tourna définitivement le dos. Joignant la cuisine et me laissant là. Questionnant ma vie et son sens au plus haut point. Etait-elle aussi jeune, ou l'apparence qu'elle dégageait semblait faire en sorte de l'être...

Oy', gamine.

North était là. Après avoir ouvert la porte d'entrée. Il me regardait tout comme je le regardais lui et son sac de courses. Puis la porte où le piano sonnait, s'ouvrait alors, laissant place à un face à face démesuré entre deux hommes d'une envergure imposante.

Tiens... L'ex militaire et la p'tite nouvelle...
- Fermes ta gueule l'ex flicard.
- Mes hommages l'endeuillé.


Le Phœnix et Héraclès.:
Boh... Tu sais... En général, quand les Kaulins disparaissent d'un coup, c'est pas pour prendre des vacances au bord de la plage.
- J'ai du mal a te blairer, Kaulins, et pourtant t'as le potentiel.
- Pars vers... Le nord alors...
- J'vais te péter les deux bras.
- Ah, alors c'est moi qui irait.


J'avais au moins ça de pris. North qui parlait à Kaulins. Ils ne s'entendaient pas du tout. Bien que les deux en venaient à sourire du même air provocant, ils n'en étaient pas venu aux mains. Ils se contentaient de mutuellement se tenir tête. Puis, ils se stoppèrent avant de m'observer tous les deux. Leur regard avait changé. C'est alors que le Kaulins l'ouvrit.

Oh? Alors elle y met vraiment tout son potentiel dedans?
- Tu te souviens de l'échec avec Glenn... Les choses sont différentes maintenant.
- Ouais... Ouais... Mais... Elle semble pas un peu trop fragile?
- Y'a du progrès à faire...


Ils parlaient entre-eux de moi, comme si je n'étais pas là. Et pourtant, ils me regardaient. Le plus troublant était les yeux vairons qu'abordait l'homme qui portait le nom de Kaulins. J'avais donc décidé de prendre la parole.

Euh... Je suis là... Hein...
- Non... Sans déconner...
- Kaulins... Calme toi.
- Oy' North. C'pas ta sœur hein.
- Tout comme ce n'est pas une de tes proches.


Ils repartaient dans le débat, comme si je n'existait qu'un instant. Ils parlaient d'histoires de familles et de comptes à rendre. Encore une fois, j'étais impliquée dans une histoire qui me dépassait face à deux hommes qui semblaient se lancer des piques en guise de passe-temps. Tandis qu'un semblait être invincible, l'autre semblait toujours se refaire, s'adaptant à ses défaites.

Qui c'est... Glenn...?

Ils avaient arrêté leurs attaques, venant par la suite instaurer le silence entre eux deux, puis mécaniquement, Kaulins annonça.

L'erreur. C'est un cas désespéré. Un gars qui possède maintenant une façon de penser qui lui est propre... Ou corrompue... Une erreur. Pure et simple.

A ma question suivit de la réponse, un choc se fit entendre de la cuisine. Le genre de poing qui cogne une table tellement fort qu'il en vient à se briser avant que la table elle-même ne flanche.

Et merde.




Dernière édition par Tia Shinobu le Mar 21 Juil 2015, 12:50, édité 14 fois
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Lun 29 Juin 2015, 21:34





SE7EN.:
Les sept péchés capitaux étaient réunis dans cette pièce qu'était la cuisine. North et Kaulins s'y étaient rendu plus rapidement que je n'ai pu les suivre et je constatais la gamine le poing encore fermé sur la table. Un bien beau tableau que voilà.
La Colère, l'Orgueil et la Luxure en ce poing fermé. L'Avarice, l'Envie et la Gourmandise dans ce corps imposant d'un bon mètre quatre-vingt que représentait North alors qu'il s'allumait une nouvelle gitane entre les lèvres. Et le dernier des péchés me semblait plus discret et pourtant plus fatal dans ce silence. La Paresse de Kaulins qui ne semblait juste observer tout comme moi.
Voir cette piètre représentation ne m'enchantait pas, je les laissais donc là, avant de rejoindre la sortie de la maison, ouvrant la porte sous un ciel étoilé. Observant le jardin et l'allée qui se dévoilait face à nous. On pouvait y apercevoir tout Los Angeles, comme si cet emplacement là, dominait la ville. Au loin, le bleu de la mer s'engouffrait. Reposant. C'était le terme exact face à ce paysage. Je plongeais les mains dans mes poches, me laissant en poids mort sur mes jambes qui me soutenaient encore. C'est alors qu'une veste en cuir venait se poser par dessus mes épaules. En tournant la tête derrière moi, je constatais Kaulins, qui venait de me filer son veston, lui aussi, une clope au bec et allumée.

Sortir sans haut... Faire de l'exhibition à ton âge...
- Hein? Non... J... Je...
- Laisse tomber. Couvres toi.
- Hmf... Merci...


C'était certain. Des sept péchés réunis, la Paresse semblait la plus fatale, ou la plus douloureuse. Kaulins avait une barbe négligée et les cheveux courts en pagaille. Les traits tirés et l'allure nonchalante, il plaçait lui aussi les mains dans ses poches en tirant sans problème sur sa cigarette. Il observait tout comme moi, l'horizon qui se dévoilait à chaque fois qu'il sortait, prenant un plaisir particulier à l'observer avant qu'il n'ajoute en rompant ce silence:

Retournes d'où tu viens.

Il n'y mettait pas plus d'émotion qu'habituellement. Je ne saurais dire si c'était un ordre ou une simple recommandation. M'annonçant ça, comme si c'était une fatalité ou dangereux ici. En observant plus en détail ce qui composait l'homme qui se trouvait à côté de moi et en t-shirt, je constatais les quelques tatouages sur ses bras et un au niveau de la clavicule droite. Une longue cicatrice parcourait le bras gauche de Kaulins. Comme si il s'était déchiré ou coupé en longueur.

Pourquoi toi tu n'es pas parti?
- Hmm?
- Je veux dire... Y'a rien qui semble te retenir ici. Donc... Pourquoi toi tu n'es pas parti?
- J'ai le compte de sept vies à rendre.
- Hein?
- Je suis déjà mort.


Un phœnix renaît toujours de ses cendres.:
Aliéné. C'est la manière dont mon regard s'était figé envers cet individu. Et alors qu'il venait me regarder à son tour, je constatais le vide imposant au travers de ses pupilles ainsi que les diverses, mais discrètes, cicatrices qui ornaient son visage. Un homme marqué par les coups ou l'expérience de la vie. C'est ce que j'ai pensé une fois que je l'avais regardé de plus près. Il s'avança, extirpant sa main droite de sa poche avant d'argumenter tout en agitant sa main droite.

Pour une gamine comme toi, te perdre ici te serait fatal. T'as de quoi profiter, de quoi vivre, tu peux encore construire ta vie, et ton futur. Ici. Dans cette maison en particulier. Il n'y à rien qui t'attends. Peut être la tristesse ou la haine, mais rien en particulier qui t'apporterai du bon.
- Et tu me conseillerai quoi alors... Le vétéran.
- Hmf'...
- J'écoute la personne qui serait à même de savoir conseiller quelqu'un comme moi.
- T'aimes quoi dans la vie.


Qu'est-ce que j'aime dans la vie... Une question que je ne m'étais jamais réellement posée. Qu'est-ce qui peut me motiver réellement pour arriver à mes fins... Je vole, je cours... J'aime l'argent et le danger. Mais qu'est-ce qui donnerait un sens à tout ça.

Alors. J't'écoute... T'aimes quoi dans la vie.
- ...
- Hmm'?
- L'adrénaline...
- Eh...
- Ouais j'crois que je peux définir ça comme ça...
- T'aimes l'adrénaline...


Il venait de porter le plat de sa main sur son visage, exprimant l'incompréhension de sa part, ou une certaine moquerie. Je devais être le pire cas d'étude sociologique de sa vie. Il ne répondait rien, soupirant durant son facepalm. Je perdis patience et retournait mon regard en direction du paysage en dessous de nous. Frustrée? Je devais me sentir comme ça sur le moment.

Jason Hawks.
- J'te demande pardon?
- Vas sur Pershing Square et cherches un certain Jason Hawks. Capitaine du Los Angeles Police Department... Enfin si il a pas sombré.
- Pourquoi je voudrais aller au LAPD...
- Pourquoi t'irais le voir aussi... C'est tout ce que je te conseille.


Il voulait vraiment que je me tire. Que je parte d'ici. Ça se sentait dans sa voix.

Il saura mieux te former que nous trois réunis.

C'était sa dernière parole avant qu'il ne descende l'allée avec sa clope en bouche, brûlante encore. Il m'adressait un signe de salutations de la main, sans se retourner, ni même m'adresser un autre regard.
J'étais là. Avec un nom en tête. Mais pas celui de l'envoyeur.







Le cœur d'un père.:
Le voyant déambuler dans la solitude, arborant le sentier le plus à même de lui convenir, j'observais alors derrière moi la demeure qu'il me déconseilla. Je repensait au nom confié de sa voix; Jason Hawks. Un homme d'estime si l'antagoniste de sa propre vie le conseillait. Bizarrement, je ne voulais pas plus m'en mêler. Et pourtant il continuait de tirer sur sa clope sans se retourner, sans fléchir ou ralentir. Ça paraissait surement inconcevable aux premiers abords, mais cet homme m'intriguait. Hâtant alors le pas, pour le rejoindre. Arrivée non-loin derrière lui, je ralentissais l'allure pour le suivre sans me faire discrète. Il venait de lâcher sa cigarette et le peu de tabac qu'il en restait, plongeant alors les mains dans les poches de son jean. J'en profitais pour fermer la veste de cuir qu'il m'avait passé auparavant, réalisant qu'en dessous, je n'avais que les bandages et aucun t-shirt couvrant le trop visible. Nous marchions en direction du centre-ville, en attente d'un dialogue, ou d'un élément déclencheur jusqu'à:

J'peux te demander pourquoi tu me suis?
- Je... J'avais envie.
- Ne tisse pas des liens bêtements.
- C'était pas mon intention...


Je le laissai prendre une légère avance, restant dans son ombre alors gigantesque par les halos des lampadaires.

Ethan Kaulins.
- Tia...
- Tia comment?
- Shi... Shinobu.
- Oy'... Nippone?
- Non! Enfin de moitié.
- J'aurais jamais juré tu vois.
- Hmm...
- Je suis l'premier surpris.


C'était peut être pas la meilleure des choses à faire, de donner mon nom comme ça à un homme qui ne semble vouer d'importance envers rien. Rien du tout. Pourquoi si sombre. Pourquoi si distant et froid.

Les raisons n'incombent que moi.
- Hein?
- Tu penses trop fort gamine.


Et durant notre dialogue silencieux, diverses voitures passaient sans réel intérêt. Traversant l'allée des Nightclubs et des Bars à n'en plus pouvoirs. Les mains dans les poches, telle une fille qui aurait pu suivre son père...

Pourquoi t'es comme ça... Réellement...
- Cette histoire ne concerne que les morts.
- Pourquoi ne pas changer la donne?
- Parce que j'en ai encore le contrôle.
- Tu ne veux vraiment pas en parler... C'est ça?
- Le cœur d'un père peut parfois porter plus de malheur qu'une vie ne le saurait...
- Et c'est donc ça ton plan? Jouer les dépressifs jusqu'à la fin de ta vie?


Il s'était arrêté net. J'avais parlé trop vite. Sa main droite venait de sortir de la poche de son jean, il la regardait fermée avant d'avoir l'impression qu'il en allait de mon cas personnel. Il soupira lourdement sans se retourner, sans sembler vouloir me faire du mal pour une réflexion déplacée. Au final, il la replongeait au fond de son jean, remboîtant le pas.

Désolée...
- J'ai pas besoin de ta pitiée.

Capitaine Hawks.:
J'avais trouvé plus judicieux de le laisser aller dans sa propre direction. Je me retrouvais de nouveau seule dans une ville immense, les grattes-ciels déployés au dessus de l'esprit de l'homme. La direction vers Pershing Square était toute tracée. La grande place se dévoilait au tournant, me laissant le temps d'admirer une fontaine dont le bleu de l'eau qui en sortait, était illuminé par un bleu magnifique. En face de moi, le poste de police de Los Angeles. D'un pas hésitant, j'avais quand même pris la décision d'y entrer en constatant la folie. Les agents se pressaient au pas, armés jusqu'aux dents pour sortir et débouler sur un quartier défavorisé. L'opératrice du centre d'appel semblait débordé. Et encore, la constatation de trois morts laissés sur les trottoirs semblait n'en concerné que quelques uns.
Avançant d'une manière hésitante vers un cadet, il semblait lui aussi dépassé avant de s'arrêter net dans ses activités, m'observant longuement. Il s'avança:

Je peux vous aider?

Mécaniquement, et comme tout le monde certainement, il avait posé la question tout aussi banale qu'il semblait l'être. Ce n'était pas Jason Hawks, et je sentais que même lui ne saurait répondre correctement quant à la personne que je souhaitais trouver.

Je cherche un certain... Jason Hawks... Qui doit travailler ici normalement... 'fin je suppose.
- L'capitaine huh... Ouais, je saurais pas trop quoi vous dire concernant la manière d'essayer de l'avoir... Il est capt'ain, mais on le voit jamais dans son bureau... Toujours de sortie et sa radio pratiquement toujours dans le vide. Attendez ici... C'est ce que je peux vous conseiller...


Ouais, son air abattu et sa manie de se gratter l'arrière du crâne dés que quelque chose semblait le déranger n'apportait aucun résultat sur la situation dans laquelle je me trouvais à l'heure actuelle. Un dépressif, un cadet qui ne devrait pas l'être, et un capitaine invisible.
J'avais marché une bonne heure, et je voulais tirer sur une cigarette avant de me poser à l'air libre. J'avais l'impression d'étouffer ici. Le cadet me tendit une cigarette avant qu'il ne retourne vaquer à son travail. Quant à moi, je ne me fit pas prier pour me tirer dehors. Me posant sur un banc après avoir allumé ma clope, j'en venais à tirer lourdement sur cette dernière tout en relevant la tête vers les étoiles. C'était clair que la vue offerte par le trio et cette vue là est... Incomparable. Quelques minutes après, Ethan continuait sa course, en passant devant le Los Angeles Police Department. M'observant alors quelques secondes avant de me rejoindre sur le banc, toujours cet air nonchalant qui l'accompagnait et lui collait si bien.

T'es trop jeune pour fumer.
- Trop vieux pour me donner de bons conseils...
- M'eh... Tu diras à Jason que c'est moi qui t'envoies ici.
- Tu le connais?
- Assez bien pour que tu lui dises ça de ma part.
- Ouais... T'as le bras long...
- Nan... Dis lui qu'il saura mieux te former que moi ou les autres.
- Mais former à quoi?
- A faire face à cette ville gamine... A survivre.


Me tapotant l'épaule après avoir joué une fois de plus l’énigmatique, il se redressa, en repartant avec cet air abattu qui semblait si bien le représenter. Merde. On est à Los Angeles... Pas dans une guérilla immense... Trois voitures revenaient au même moment. Peut être était-il dedans.








Le dernier cas.:
Apparemment tout le monde en cette nuit c'était donné le mot pour venir me parler sur ce banc, précisément à l'instant ou je voulais en découdre avec les trois patrouilleuses qui rentraient alors dans le garage du poste de police. Un homme. Un bel homme, joliment bien habillé. Il portait un costard dont le prix m'aurait surement fait perdre les neurones et exhibait sa cravate attachée en bordel le long de sa chemise entrouverte. Les cheveux anormalement biens coiffées et d'un excentrique avenant, il s'installa à ma gauche, venant lui aussi se griller un cancer qu'il semblait particulièrement entretenir. Sur le coup, je me retenais de rire fortement, mais il semblerait qu'il aie été intéressé par mon sujet. Ma propre personne.

Je vous dérange peut être?
- Nan c'est bon, j'ai un bon psyché pour tenir les rencontres d'infortunes.
- M'ah, comme il me sied alors!
- C'est bien ça.
- Qu'attendez vous à cette heure tardive face à un poste de police? Un crime à avouer?


Un sourire tout aussi avenant que sa personne était apparu sur son visage. J'avais envie de le cogner avec le coin du banc histoire de. Je n'en fit rien. Il tirait un peu plus sur sa nouvelle pneumonie qui le fit tousser. A vrai dire, y'a des passages du genre. On commence une clope qu'on apprécie pas, puis on continue de tirer dessus, histoire de vraiment être certain qu'on en crèvera.

J'attends... Et vous?
- J'attends.
- Et vous attendez quoi à part la mort?
- Quelle répartie! Mes félicitations!


Il applaudissait comme un connard, je trouvais ça particulièrement irritant, et pourtant je ne bronchait pas, consumant moi aussi ma cigarette sans daigner le regarder. Après qu'il ait semblé fier de son acte, il se redressa, se portant face à moi, avant de me tendre la main. Geste auquel je répondis par un même signe de main avant qu'elles ne viennent se serrer.

Glenn Anderson, ravis de vous rencontrer...
- Lita.
- Lita! Quel joli nom!
- Joli nom.
- Z'étiez censé dire merci!
- Je suis un peu occupée là... Mais merci.


Il avait lâché ma main en comprenant que j'étais surement plus intéressée par ce qui pouvait sortir du poste de police que l'entité qui se trouvait face à moi. Lui donner un faux nom était déjà suffisant et pourtant une phrase dont l'inconnue "x" trottait dans mon esprit. Laquelle, je n'en savait rien, mais putain que ça m'angoissait. Personne ne venait à ouvrir la porte de sortie du poste, et je commençait sérieusement à taper du pied pour évacuer le stress environnant. Il devait d'ailleurs surement me parler mais je ne l'écoutais, ni l'entendais. En vérité, j'en avait rien à foutre de lui jusqu'à ce qu'un mot m'interpelle.

Cher Kaulins?
- Pardon... Vous disiez?
- Et comment se porte ce cher Kaulins?
- Je n
- Vous voyez de qui je parle ne le niez pas. Votre facies s'est tendu, le timbre de votre voix à hésité, vous vous êtes arrêtée de taper de votre talon à l'audition du nom et encore bien des détails.
- Psychopathe.
- Psychiatre.
- Ouais, c'est ce qu'il vous faudrait.


Putain de plouc. Je venais de comprendre l'inconnue "x" et le détail avoisinant la foulée des dix heures trente pm avant d'empoigner le pas à Ethan jusqu'à arriver ici.

Ah, c'donc vous l'erreur.
- Tss'.
- J'me disais bien.


Il s'était mordu la lèvre pour certainement éviter de s'emporter et son poing avec lui. Je pense qu'à cet instant je dominais la situation qui me semblait toujours très irrégulière dans une partie de ma tête.

L'erreur.:
Le temps s'écoulait et je considérais toujours autant le poste de police en attendant un homme dont je ne connaissais ni le visage, ni le réel cas. L'imagination débordante de ma tête en avait peut être trop fait. Si ça se trouve Jason Hawks, Capitaine du Los Angeles Police Department était en fait, un homme de petite taille, tassé, et totalement inconvenant au dialogue. D'un autre côté j'espérais que le Cadet fasse correctement son taff, sous peine de me retrouver avec comme principal ami, un connard infini en guise de camarade de banc.

C'est dérangeant de se voir fixé comme ça durant plus d'une bonne minute, vous en êtes conscient? Je ne sais pas pour quelle raison vous êtes venu là, engager la conversation, puis vous retrouver irrité parce que je ne sais qu'une seule chose de vous, mais vous défiez les loi de la salubrité mentale monsieur Glenn Anderson.
- La fillette doit croire en vous pour que vous ayez autant de confiance en vous.
- Je m'en tamponne le cul avec la plus grande définition de l'humilité.
- Et vulgaire pour couronner le tout.
- Je ne suis pas une de vos patiente à laquelle vous sortez un joli blabla dénué de sens et de coordination.
- Et je ne suis pas votre psychiatre auquel vous pouvez vous permettre de parler de la sorte.
- C'est pour ça que je vous conseille cordialement de fermer votre gueule.


Je m'étais surement emportée un peu plus que prévu. J'arrivais néanmoins à me surprendre de la répartie à laquelle j'annonçais les choses. Choses auxquelles, monsieur à certainement mal réagi au vu de son agacement corporel. J'avais alors terminé ma cigarette, voulant l'écraser dans le cendrier qui se trouvait à deux mètres de moi. Je devais malheureusement me lever et tourner le dos à ce connard antipathique.
Je le sentais venir, mais tellement que je ne m'en était préparé psychologiquement. Il vint à me saisir le col de la veste avant de me plaquer contre la poubelle elle-même. La pauvre, elle devait certainement être déconcertée face à l'odeur que l'eau de Cologne dégageait l'individu. Son poids contre le miens, je me sentais étouffer longuement tandis qu'il me chuchotait de doux phrasés.

Je pense que vous êtes assez intelligente pour savoir à quel genre de personne vous avez à faire face ma petite Lita. Si vous me considérez tout comme eux comme une erreur, je saurais vous rappeler le moment opportun, l'importance de cette erreur qui a vu le jour sous la gouverne de cette chère et tendre Kaya Fitzermann.
- Hmf'... Si vous le dites...
- Et je l'affirme. Ne prenez pas vos airs de jeune femme forte avec moi. Je lis en vous comme un livre ouvert prêt à brûler comme le vulgaire bois qui nous sert à se réchauffer l'hiver.
- Belle métaphore... Hmf'...
- Si vous la comprenez vous savez tout comme moi l'importance que je vous porte alors sous cette lune. Ne jouez pas la plus conne, vous n'êtes que le pion de l'échiquier à peine échangé contre une pièce plus importante.


Il me relâchait alors, remettant correctement son costard une fois que le cadet avait déboulé du poste pour certainement prendre une pause méritée ou non. Je me rhabillait tant bien que mal une fois l'emprise de ce fils de pute retirée puis il fit un signe de la main au cadet avant de retourner d'où il devait certainement débouler.
Le bleu avait la manière de poser les questions. Si j'allais bien, si je le connaissais et voulais porter plainte. En réalité, il m'agaçait plus qu'autre chose avant de me dire que je pouvais entrer et que le "Capt'ain était de retour". Super, merci.

Haut Gradé.:
Principalement, en rentrant dans le poste de police, je constatait toujours l'odeur de café environnante. C'était plutôt bon signe. Le seul problème, c'est qu'ils couraient bien trop vite pour profiter pleinement de ce que la caféine pouvait apporter dans le corps humain. Je passais outre ce détail en constatant le cadet m'ouvrir la porte pour pénétrer réellement dans le poste de police. La tournure des événements devenait réellement intéressante. Je constatait déjà ce qui pouvait m'attendre si jamais je désirais réellement entrer dans ce qu'on appelle couramment le LAPD. Sur ma droite se trouvait le tableau des portés disparus et à côté celui des agents du mois. Bizarrement, Ethan était présent aux deux, sans réel sourire aux lèvres accroché à la photo. D'autres personnes, dont l'identité et l'intérêt que je leur portait m'effleurait alors la rétine. On montait en suivant les escaliers, passant alors devant le vestiaire où j'y constatait encore celui d'une personne que je connaissais. Puis toujours un pas devant l'autre, nous longions les bureaux des petits officiers.

En face, certainement une vitre teintée, un interrogatoire musclé se jouait alors comme celles des séries télévisées. Le plus caricatural dans tout ça, l'afro-américain qui constatait le flic sans réellement se sentir impliqué. Le cadet s'assurait toujours que je le suivait, puis une question, du genre café? Oui merci. De rien. On avançait toujours sans réellement se soucier des autres flics dans le couloir ou dans l'attente d'une réponse de l'afro. Tout ce bordel pour ça, ça ne me donnait pas réellement de motivation à les rejoindre. Et pourtant le moment le moment fatidique approchait au pas. Me voyant devoir encore poser mon cul sur un banc qui était d'un blanc tellement pâle que j'avais l'impression que la tapisserie à côté se dotait d'une couleur rose fushia à en crever la gueule ouverte de dégoût. Puis le café est arrivé accompagné du cadet. Trop amer, pas sucré et rendu terriblement froid alors qu'il devait être terriblement chaud la seconde d'avant. En face de moi, l'écriteau "CPT. Jason Hawks" j'avais déjà l'impression de me taper un tête à tête torride avec ce nom. Je n'en avais réellement pas envie, mais putain que ce nom était depuis trop longtemps dans ma tête.

Et puis merde, j'ai déposé le café derrière la plante en plastique à ma gauche, venant soupirer et emboîter mon smartphone avec la main pour espérer ne jamais devoir m'en décrocher avant que le soit disant formateur n'arrive.








Jason Hawks.:
C'est donc vous mon fanclub.


Il me regardait de haut tandis que je relevais mes yeux vers l'individu que je constatait être apparemment l'homme que je recherchais. Il se tenait en face de moi, la main droite dans la poche de son veston tandis que l'autre jouait avec le cure-dents qu'il possédait en bouche. Ses lunettes étaient placées au dessus de sa chevelure courte et sa barbe lui taillait parfaitement la mâchoire. Un mec totalement nonchalant pour son envergure de Capitaine. J'acquiesçait sans répondre avant qu'il ne soupire en me voyant, tendant alors sa main droite péniblement sortie de sa poche pour me montrer l'entrée de son bureau.

Si je peux éviter le schéma habituel du mec chiant, j'vous propose directement d'entrer.
- Hu... Hun. Merci.


La paire semblait parfaitement coller entre Ethan et lui. Bizarrement, je le retrouvais inconsciemment dans ma tête. Je ne pouvais m'empêcher de penser ce que ça devait être comme relation entre eux-deux. Je m'avançais alors, pénétrant dans le bureau qui à ma grande surprise paraissait plus rangé que tout le reste du poste de police. Il me fit signe de m'installer confortablement vu que ce dernier venait de poser le talon de ses bottes sur le bureau, tenant alors à deux pieds sur la chaise de bureau qui le supportait. Il me regardait tout comme je le regardais et dans un élan:

En quoi j'peux vous aider alors?
- Euh... Ouais. J'ai reçu une recommandation pour vous voir.
- Me voir hein. J'peux voir cette recommandation?
- Elle était vocale. J'ai pas de papiers ni quoi que ce soit qui pourrait prouver ce point.
- Merde. On saute trop de procédures là.
- Si vous l'dites.
- Et donc, qui vous envoies ici, me parler à moi?


Je ne savais pas si il essayait de se rassurer qu'il était lui même ou si il était seulement imbu de sa personne. Mais bon, j'avais comme qui dirait l'habitude depuis quarante-huit heures de me trouver face à un genre de personnalité bien distincte.

Hééééé. Vous m'répondez?
- Ah! Euh oui! Ethan Kaulins!
- M'eh, il est toujours en vie ce con?
- Ou-ouais... Si on peut dire ça comme ça.
- Nan! Il a joué le rôle du dépressif?
- Il ne l'est pas?
- Si, si. Surement. Peut être. J'en sais rien moi, c'est vous qui l'avez vu. Non? Vous l'avez pas vu? Ou bien?
- Ouais... Il semblait l'être.


Il se contredisait tout seul, puis venait à reposer les mêmes questions. Je plaignais Ethan à cet instant durant lesquels il avait du les passer avec lui. Quoique, je ne le connaissais pas avant donc je ne pouvais pas réellement dire si c'était une plaie pour lui ou non, bien que quelqu'un de "normal" trouve ça lourd en général. Il n'enchérit pas plus depuis la close de ce genre de question-réponse. Constatant alors le plafond sur un air de réflexion qui semblait être digne d'un capitaine de police.

Il m'a dit que vous m'aideriez.
- A quoi? Vous avez perdu votre chat?
- Non, non.
- Merde, ça m'aurait évité de la paperasse...
- Ah.
- Vous aider dans quoi?
- Il a dit je cite: "Il saura mieux te former que nous trois réunis".
- 'tain le con.


J'ai pas réellement compris sur le coup, mais il semblait savoir où est-ce qu'Ethan voulait me mener, et où lui s'était rendu. Je l'ai senti à la manière dont Jason serra la mâchoire, semblant limite péter le cure-dent en deux. En un sens, ça ne semblait pas énorme, mais sur lui, ça rendait la scène d'un genre légèrement épique.

Firestarter.:
Donc tu veux rentrer chez les flics, c'est ça?

Apparemment ça l'était présentement annoncé comme ça. Mais je n'avais aucune idée réelle de ce que je voulais faire de mes dix doigts. Alors ouais, peut être que je voulais rentrer au sein du LAPD pour tester. Ça pouvait être marrant si jamais ça se déroulait bien.

T'as pas l'air motivée pour.
- Ah.. On se tutoie maintenant?
- Une potentielle victime au sein de mon service fait toujours plaisir.
- Ah...


On était passé du cordial au familial en moins d'une fraction de seconde, comme si sa manière de pensé avait totalement chaviré de l'autre bord en me constatant derrière son bureau, toujours les deux pieds de sa chaise en souffrance. Mais bordel, quel genre de type était celui qui se trouvait en face de moi. La pression devenait de plus en plus insoutenable durant le laps de temps où le silence avait imposé sa présence. Toute bonne voleuse qui se respecte, je sais sentir le danger, mais là, ce n'est pas un simple danger. C'est toute une vie qui s'expose face à moi, au travers de ce regard à la fois froid, et empathique. Il avait su faire part de ses mauvais côtés pour en faire du bon à sa manière. Il n'était pas arrivé là par hasard, et tout ce qu'il devait, il ne le devait qu'à lui seul.
Impressionnée. C'est ce que je ressentais à l'instant même où il insista.

Alors?
- J'aimerai savoir quelque chose avant de donner une réponse.
- C'pas comme si le monde s'effondrait mais presque. J't'écoute.
- Kaulins. Il est comme ça à cause du LAPD?
- Je peux pas te répondre sur ce point.


A vrai dire, même lui n'en savait rien ou qu'une légère moitié. Je le sentais le plus à même de me répondre et pourtant cette réponse n'était pas satisfaisante. Si je devais trouver un but en moins de trente secondes, ce serait certainement de percer à jour les origines de sa chute. Et après, finirais-je comme lui ou comme North? D'après Kaya, le monde se voit confronté à soit-même une fois que notre but est atteint. Reste à savoir si l'on s'accepte ou non. Cette politique me plaisait, mais ce qu'elle représentait me faisait peur.

Pour te répondre, si tu veux crever en aillant la chance de te défendre, t'es au bon endroit. Si tu préfères être la merde qu'on ramassera une fois que ce sera fini, tu peux repartir. J'te dis juste qu'il faut que tu aies l'estomac qu'il faut et une classe incontestée pour entrer dans mon équipe.

Ces dernières paroles m'engageaient donc dans l'affirmation. Je voulais rejoindre le service de police. Je ne sauterai pas d'étapes, et certainement que j'arriverai à mieux comprendre certains points encore flous dans mon esprit. Le seul problème, c'est qu'un but si facilement trouvé semble facilement atteignable. De quelles manières, j'en sais putain de rien, mais ça risque de me sauter à la gueule.



Dernière édition par Tia Shinobu le Mar 28 Juil 2015, 20:08, édité 5 fois
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Lun 29 Juin 2015, 21:41
J'aime bien comme d'hab.
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Lun 29 Juin 2015, 21:43
Pas mal tous ça, Continue.


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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Lun 29 Juin 2015, 22:22
J'aime bien le prénom et nom.. ça peut annoncer quelque chose de bien.. ;)

Sinon le reste du background j'adore la nuance entre le Jaune vif et le Noir! Continue ! :)
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mar 30 Juin 2015, 00:45
Pas mal, sa me rappel Tokyo Ghoul la scène de torture mdr.


"C'est quand un moustique se pose sur nos testicules qu'on comprend que la violence ne résout pas tout "
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mar 30 Juin 2015, 01:01
C'est d'ailleurs de cette scène dont j'ai tiré l'inspiration. Sans pour autant copier, je me suis dit qu'il était intéressant de commencer comme ça. J'envois la première partie demain.
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mar 30 Juin 2015, 12:10
Chapitre un entamé, je le finirai dans la foulée certainement, accompagné du chapitre 2.
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mar 30 Juin 2015, 12:38
Sympa ce début d'histoire décoré sur un thème Kill Bill. ;)


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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mer 01 Juil 2015, 12:55
Chapitre 1 terminé. Chapitre 2 ajouté et terminé.

Bisous.
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mar 14 Juil 2015, 00:50
Ajout du chapitre 3. Deux parties seulement en accord avec la musique je l'espère.
Bonne lecture.
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mar 14 Juil 2015, 11:47
Chouette ! Toi au moins tu trouve les musiques pour les chapitres xD
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mar 14 Juil 2015, 14:59
Vui, et j'attends les tiens!

Chapitre 4 d'ajouté (entier). Choix et conséquences, tout le bordel possible et imaginable.
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Jeu 16 Juil 2015, 13:50
Chapitre 5 ajouté le 15/07/15. Chapitre 6 ajouté aujourd'hui même.

Calme. Reposant. Voilà le thème.
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mar 21 Juil 2015, 12:56
La limite de caractères dans le premier post étant arrivé à la limite, il faut retourner en page 1 juste en dessous du premier post pour avoir la suite.

Bisous, et lisez avec la musique pour le CHAPITRE 7
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Jeu 23 Juil 2015, 22:23
Chapitre 8 de paru, toujours avec deux parties. A lire au niveau du second post, PAGE 1.
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Ven 24 Juil 2015, 13:37
C'est bien, c'est génial même ! Mais là il manque un truc et je suis désolé de te le dire moi même... En toute franchise, là, il manque Le chapitre 9 xD
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mar 28 Juil 2015, 00:12
Chapitre 9 ajouté! Long chapitre, longues parties, longs textes. J'aime bien ça avec une touche abusée de cynisme et d'humour noir.

Toujours à la première page, à la suite du premier post (des 6 premiers chapitres).
Bisous, la fesse.
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mar 28 Juil 2015, 14:09
C'est fort agréable à lire et fort intéressant mon p'tit !
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Re: [Tia Shinobu] - [Récit I] [Partie 1] - Contemplation dans leur malheur.

le Mar 28 Juil 2015, 20:11
CHAPITRE 10 AJOUTÉ.
(à la suite du premier post, première page)

Finalisant alors la première partie de ce récit dont je ne suis pas peu fier.
La suite du personnage arrive dans peu de temps, histoire de laisser un peu de repos à celui-ci, et de terminer ou du moins continuer la finale d'Ethan Kaulins.
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